L’imprévisibilité propre au personnage de Donald Trump, a atteint dans la nuit de samedi à dimanche dernier son paroxysme. Alors que le président des États-Unis de retour du G7 avait envoyé un leurre en laissant entendre qu’il lui faudrait deux semaines de réflexion pour prendre une décision, le bombardement de trois sites nucléaires clés en Iran par des B-2 de l’armée américaine, a mis fin à un suspens savamment entretenu. Car, à bien y regarder, le volte-face du président des États-Unis était déjà perceptible. Tout d’abord, lorsqu’il avait été conduit à réagir vertement aux propos tenus par Emmanuel Macron, reprochant au président français de n’avoir « rien compris » à ses intentions, ce dernier ayant cru bon de déclarer que ce départ anticipé du G7 de Donald Trump, lundi 16 juin, s’expliquait en raison d’un projet de de cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. Par ailleurs, Donald Trump qui s’était vu rappeler, par un journaliste, dès son retour aux États-Unis, ce qu’avait affirmé Tulsi Gabbard, directrice nationale du renseignement américain, devant le Congrès en mars, à savoir que l’Iran ne fabriquait pas d’arme nucléaire, avait également eu droit à une volée de bois vert de la part du président, visiblement agacé que cette question lui soit soit posée : «Je me fiche de ce qu’elle a dit. Je pense qu’ils étaient très proches d’en avoir une.» D’autant que la directrice du DNI avait également précisé que les agences d’espionnage américaines ne croyaient pas que le guide de l’Iran, l’ayatollah Ali Khamenei, ait ordonné le redémarrage d’un programme d’armement nucléaire que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) avait jugé terminé en 2003.Bien que l’Iran nie avoir développé des armes nucléaires et affirme que son programme d’enrichissement de l’uranium ne sert qu’à des fins pacifiques, force est de constater qu’en rejetant le jugement de Tulsi Gabbard, Donald Trump s’est fait le défenseur de la justification donnée par le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou. Le passage à l’action via les frappes sur les sites nucléaires iraniens ont jeté un froid dans de nombreux pays en Europe et au Moyen-Orient, mais aussi parmi les politiques, tant démocrates , mais aussi républicains bien que certains soutiennent clairement aux États-Unis, l’opération menée dit-on avec succès. Benyamin Netanyahou n’a pas manqué de remercier le président des États-Unis d’avoir, selon lui, éradiqué la menace d’empêcher le pays de se doter de l’arme nucléaire, un objectif que la République islamique a toujours nié poursuivre. De quoi générer un profond malaise mondial concernant notamment la légitimité de l’action militaire américaine menée en Iran au regard du droit international. D’où une série de questions ! Les négociations sur le nucléaire iranien brutalement interrompues, pourront elles reprendre et dans quelles conditions ? Le risque de rupture des relations diplomatiques entre États-Unis et Iran, mais aussi les tentatives de rapprochement des pays européens avec l’Iran, laissent-ils place à un espoir de dialogue en faveur de la paix ? Le régime iranien qui est confronté à des multiples difficultés économiques, financières, et sociales, sur fond de sanctions, risque t’il d’ entreprendre diverses actions militaires critiques lourdes de conséquences pour tout le monde, s’agissant entre autres du détroit d’Ormuz ? En un mot, sur quelle base un réel dialogue avec l’Iran peut être renoué ? La multiplication des conflits armés à travers le monde rend cette fin de premier quart du XXIe siècle pleine d’incertitudes sur le devenir de peuples qui se trouvent victimes d’actes de guerre particulièrement meurtriers, et sont contre leur gré soumis aux décisions de dirigeants qui apparaissent aveuglés en raison des pouvoirs dont ils disposent. Il apparaît donc indispensable que les moyens soient donnés à la société civile de changer de paradigme, et de mettre fin aux crimes contre l’humanité, en privilégiant par une forte mobilisation la défense de justes causes seules en mesure d’assurer paix et avenir.