Les préoccupantes réalités que met aujourd’hui en évidence l’enquête réalisée par le Défenseur des droits en partenariat avec l’Organisation internationale du travail (OIT), confirment que la discrimination a largement augmenté chez les 18-24 ans en recherche d’emploi ces dernières années. Dans l’une de ses récentes chroniques consacrée à la situation des seniors, Women eLife dressait un état des lieux du marché du travail pour ces derniers. Cette analyse conduisait à faire état des difficultés auxquelles se heurtent notamment les femmes désireuses de se maintenir en activité professionnelle. Tout en reconnaissant les difficultés rencontrées, Patrick Gorgeon, rédacteur en chef de Women eLife soulignait dans sa chronique en podcast que les conditions d’emploi des seniors et plus particulièrement des femmes dépendaient de trois facteurs : l’adaptation des métiers, l’accès à la formation, mais aussi la lutte contre les discriminations liées à l’âge et au genre. Il précisait également en conclusion : » Sans contester le rôle que peuvent jouer hommes et femmes seniors dans de multiples domaines en raison de capacités et compétences, la formation et l’emploi des jeunes, doit s’inscrire au rang de priorité absolue. » Or, les résultats de l’étude citée ci-dessus montrent qu’en matière de recherche d’emploi comme de déroulement de carrière, les 18-24 ans ont deux fois plus de risque de se trouver confrontés à la discrimination que les 45-54 ans. Claire Hédon, Défenseure des droits, souligne que l’étude «met en lumière une jeunesse surexposée aux discriminations dans leur parcours d’emploi, bien plus qu’en 2016 lors de la première vague de cette enquête» . Sa mise en garde rejoint le point de vue exprimé dans la chronique consacrée à l’emploi des seniors lorsqu’elle affirme : «Une jeunesse abîmée compromet la capacité d’une société à préserver sa cohésion sur le temps long». De plus, force est de constater une fois de plus que le déroulement de carrière de la gent féminine reste pour sa part marqué par un «plafond de verre qui freine l’accès des femmes aux postes à responsabilité», avec pour effets induits des «évolutions salariales moins rapides, de plus rares opportunités de promotion», entre autres. Alors qu’en 2024, une personne sur cinq (21%) déclare avoir subi une discrimination au cours de sa carrière, le «premier motif est le sexe» pour 41% d’entre elles. Autrement dit, comparée à la situation des hommes jeunes : « Être une femme multiplie par deux le risque de déclarer une discrimination » , un phénomène que met en évidence l’enquête, le risque de discrimination étant 1,6 fois plus élevé en 2016. Contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, les diplômes ne prémunissent pas de ces biais de genre. Pire encore, l’enquête montre clairement que les femmes diplômées d’un master et/ou d’un doctorat sont plus discriminées que les hommes à niveau égal. C’est là que les initiatives prises par de nombreuses associations de femmes visant à défendre leurs droits à l’égalité, à une même reconnaissance de leurs diplôme et compétences et à une dynamique entrepreneuriale dans nombre de secteurs d’activité jouent un rôle crucial. Sur la base de rassemblements permettant le partage d’informations et d’expériences, ces initiatives revêtent une grande importance. Surtout lorsqu’on constate ce que rapporte l’enquête menée auprès des jeunes femmes à savoir que le nombre de recours demeure faible, souvent par crainte des représailles, de renoncement ou par méconnaissance des voies de recours. En dehors du sexe et de l’âge, deux autres facteurs de discrimination préoccupants mentionnés dans le cadre de l’étude de l’OIT se doivent d’être dénoncés : l’origine et le handicap. De quoi justifier une prochaine chronique axée sur le recueil de témoignages de femmes correspondant à ces profils dont Women eLife, magazine féminin indépendant ouvert sur monde, compte se faire prochainement l’écho.