AU JAPON SANAE TAKAICHI EN PASSE DE DEVENIR LA PREMIÈRE FEMME PREMIER MINISTRE

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Women eLife qui livre sur sa page d'accueil un message d'accueil podcast en plusieurs langues dont le japonais, se devait de puiser dans la politique étrangère pour trouver source d'inspiration. En cause,...

Women eLife qui livre sur sa page d’accueil un message d’accueil podcast en plusieurs langues dont le japonais, se devait de puiser dans la politique étrangère pour trouver source d’inspiration. En cause, la très probable prochaine nomination de la première femme Premier ministre qui rythme l’actualité politique du Japon. Un évènement qui, sans comparaison possible, évite d’épiloguer sur la spectaculaire et brusque démission de Sébastien Lecornu, Premier ministre français, lundi 6 octobre 2025.

De quoi retenir l’un des fameux proverbes japonais :  » Regarde toujours dans la direction du soleil levant et tu ne verras jamais l’ombre derrière toi »

Âgée de 64 ans, Sanae Takaichi a tout d’abord été élue, samedi dernier, à la tête du Parti libéral-démocrate (PLD) au pouvoir au Japon.  Ancienne ministre, animatrice de télévision et batteuse de heavy metal passionnée, elle est l’une des personnalités les plus connues de la politique japonaise fermement ancrée à droite, mais aussi une figure assez controversée. 

Si Takaichi est confirmée mi-octobre au poste de Premier ministre, ce sera tout d’abord une première dans l’histoire du pays. L’un de ses principaux défis portera sur l’unification de son parti qu’elle préside après quelques années tumultueuses, marquées par des scandales et des conflits internes. Le mois dernier, le Premier ministre Shigeru Ishiba, dont le mandat a duré un peu plus d’un an, a annoncé sa démission après une série de défaites électorales qui ont vu la coalition gouvernementale du Parti libéral-démocrate (PLD) perdre sa majorité dans les deux chambres du Parlement. 

Quoi qu’il en soit, Sanae Takaichi sera très vraisemblablement confirmée par le Parlement, mais pas automatiquement comme ses prédécesseurs, car le parti au pouvoir est désormais dans une position bien plus faible, ayant perdu sa majorité dans les deux chambres. Autrement dit, il lui faudra obtenir quelques voix d’un autre parti et former une coalition qui lui permette de mener à bien la politique qu’elle compte conduire.

Une fois à la tête du gouvernement japonais, bien d’autres défis devront être relevés, notamment en raison d’une économie morose, des ménages confrontés à une inflation incessante, d’une stagnation des salaires. De plus, force est de constater une baisse de la population active, non compensée par l’immigration et une hausse de la part des travailleurs précaires, phénomène auquel s’ajoute le faible potentiel de croissance et la faible productivité des PME.

De plus, le Japon est confronté à un certain nombre de réalités qui méritent d’être rappelées en quelques chiffres.

La dette publique du Japon atteint près de 9000 milliards de dollars américains, soit plus du double de la taille de l’économie.

La balance commerciale du Japon affiche un déficit de 800 millions de dollars en juillet 2025, selon les données gouvernementales. Un résultat qui a contredit les attentes d’un excédent de 196,2 milliards de yens et s’est inversé par rapport à l’excédent de 152,1 milliards de yens observé le mois précédent.

Les exportations du pays ont pour leur part diminué de 2,6% en glissement annuel en juillet, contre une baisse attendue de 2,1%. Les exportations ont quant à elles diminué pour le troisième mois consécutif, reflétant l’impact soutenu des tarifs américains sur des secteurs clés, notamment l’automobile et l’acier.

Admirative depuis longtemps de la politique menée par Margaret Thatcher, première femme Premier ministre britannique, l’ambitieuse Dame de fer japonaise n’aura pas la tache facile.

De plus, le Japon demeure un pays qui compte peu de femmes politiques et dirigeantes d’entreprise, et qui affiche régulièrement de mauvais résultats dans les comparaisons mondiales en matière d’écarts entre les sexes. Et en raison de son peu d’inclination en faveur de l’autonomisation des femmes, beaucoup d’électrices ne la voient pas comme une fervente partisane du progrès. Le professeur Kingston souligne à cet égard que comme Thatcher, Takaichi est une conservatrice convaincue qui s’oppose depuis longtemps à la législation permettant aux femmes de conserver leur nom de jeune fille après le mariage, la jugeant contraire à la tradition. Elle est également opposée au mariage homosexuel. 

Très ferme sur la sécurité, elle vise à réviser la constitution pacifiste du Japon. 

Takaichi devra également faire face à un environnement sécuritaire instable en Asie de l’Est, avec la montée d’une alliance anti-occidentale regroupant la Chine, la Russie et la Corée du Nord, et le redécoupage des liens économiques avec les États-Unis sous la direction de Donald Trump, qui devrait se rendre au Japon vers la fin du mois. 

En cette période particulièrement troublée qui annonce de grands bouleversements en matière de politique menée à l’échelle de nombreuses nations comme sur le plan géopolitique, Women eLife restera fidèle à sa devise :  » Regarder les réalités en face et donner de la voix »

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