Beaucoup diront qu’il ne fallait se faire aucune illusion.
Le résultat des élections législatives qui se sont déroulées dimanche au Liban, confirme le scepticisme dont faisaient preuve nombre de Libanais concernant un éventuel réel changement de politique. Alors que 3,9 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour renouveler les 128 membres du Parlement et qu’environ 250 000 Libanais de l’étranger se sont inscrits pour voter, soit plus du double du nombre de 2018, les élections législatives qui ont eu lieu dimanche, n’ont pas donné au pays les clés au d’un profond changement de politique.
La politique libanaise est souvent perçue comme une collection tournante de visages connus, avec les mêmes dirigeants qui passent d’un poste à l’autre.
Avec une inflation de 154,8 % en 2021, un taux de chômage qui a triplé en trois ans pour atteindre 29,6% en janvier 2022, les femmes pâtissant le plus de cette situation économique et sociale dégradée, le Liban affiche
une dette abyssale qui n’est pas remboursée, une monnaie nationale qui a perdu près de 95% de sa valeur et 80% de la population plongée dans la pauvreté, les Libanais restent victimes d’une classe politique accusée de corruption et d’incompétence.
En dépit du gain de plusieurs sièges des candidats indépendants aux législatives la situation demeure préoccupante.
Pourtant, L’annonce de la candidature de Verena el-Amil, 25 ans, L’une des plus jeunes participantes au scrutin aux législatives libanaises a été accueillie par des salves d’encouragements sur les réseaux sociaux.
Enfant, cette ancienne élève des sœurs ne supportait déjà pas les injustices et savait qu’elle les dénoncerait quand elle serait grande. « J’ai organisé ma première manifestation à l’école à 8 ans. Toute la classe était derrière moi. J’étais une fautrice de troubles L’université comme première arène politique
Un tournant s’opère pour la jeune femme au moment où elle intègre la faculté de droit de l’USJ à la rue Huvelin
Devenue une porte-parole emblématique de la jeune génération qui désire farouchement le renouvellement de l’establishment politique, accusé d’avoir plongé les Libanais dans la pire crise économique de leur histoire. fait partie de cette jeunesse qui a battu le pavé lors de la révolution du 17 octobre 2019 et représentait un espoir de la génération du changement. Les candidats de l’opposition ne ménagent pas leurs efforts pour briser le statu quo de la politique libanaise, dominé par les sectes, en tirant parti d’une population frustrée par les factions, les querelles et la corruption. Elle fait partie des 155 femmes qui se présentent sur les 1 043 candidatures déposées.
De nombreux citoyens ont perdu confiance dans l’establishment politique qui a présidé à la crise économique qui a englouti leur pays en difficulté depuis maintenant plusieurs années.
Le mouvement « Taleb » qui combat le confessionnalisme politique, prône la justice sociale, la laïcité, l’égalité des droits hommes/femmes, défend la cause LGBT et dénonce le système de la kafala, connaît un retentissement inouï au moment de la révolution. À l’abri des polémiques, Verena el-Amil se concentre à présent sur son objectif principal : rassembler la jeunesse et l’inciter à s’impliquer en masse pour la construction d’un nouveau Liban.
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