Plusieurs raisons expliquent qu’en ce 12 février 2025, Journée internationale des enfants soldats, dédiée aux milliers de garçons et de filles de moins de dix-huit ans, et parfois dès six ans, enrôlés de force dans les groupes armés, Women eLife dénonce le triste sort qui leur est réservé, dans de nombreux pays.
Tout d’abord, la parution en 2021, aux Éditions Maïa, du livre intitulé : » Enfants-soldats : du Virtuel au Réel » écrit par Patrick Gorgeon, rédacteur en chef de Women eLife, un magazine féminin ouvert sur le monde, le sujet abordé demeurant d’une actualité brûlante, au regard du l’utilisation d’enfants dans les conflits armés qui se répandent en Afrique, au Moyen-Orient, mais aussi en Europe sur fond de guerre en Ukraine.

Ensuite, parce que l’ouvrage romancé, consacré à ce fléau dont l’action se situait en partie à Alep, en Syrie, mettait dans son sous-titre en évidence la possible influence néfaste que peuvent avoir sur le jeune public les technologies high-tech qui ont trouvé lors du Sommet consacré ces deux derniers jours à l’intelligence artificielle (IA), organisé à Paris, un nouveau cheval de bataille.
Mais un autre élément, mis en évidence à travers diverses enquêtes réalisées par des ONG sur les terrains de guerre, justifie que Women eLife s’empare de la Journée internationale des enfants soldats pour dénoncer un phénomène préoccupant.
En dehors du rôle joué par des femmes dans de nombreux conflits armés qui combattent aux avant-postes, on estime que 40% sont des filles âgées de moins de 18 ans. Comme le souligne l’UNICEF, dans les contextes armés répertoriés sur le continent africain pour lesquels des données sont disponibles, les jeunes filles recrutées par les forces et groupes en présence ont été directement impliquées dans les combats dans 37% des cas (combats, commandements, maniement d’armes, etc.).
L’UNICEF exhorte tous les acteurs armés à mettre un terme immédiat au recrutement d’enfants et à libérer sans attendre tout ceux encore enrôlés de force et combattant en leur sein. Elle rappelle qu’en cas de guerre et de conflit, les parties prenantes ont l’obligation de respecter le droit international humanitaire et d’accorder aux enfants la protection spéciale dont ils font l’objet.
En 2009, Radhika Coomaraswamy, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés à l’ONU, avait tenu à dénoncer l’augmentation du recrutement des filles comme enfants soldats dans les forces armées. Elle avait à l’époque précisé que cette situation inacceptable avait été particulièrement vraie pendant les guerres en Sierra Leone et au Liberia où certaines avaient été enlevées et devaient remplir le double rôle d’esclave sexuelle et d’enfant soldat.
Or, depuis cette période, les choses sont allées de mal en pis. Aussi est-il important au vu des conflits actuels, de souligner le caractère crucial que revêt la réhabilitation et réintégration des enfants touchés par la guerre, une tâche importante à laquelle sont confrontés les gouvernements, les institutions de l’ONU et les ONG travaillant dans ce domaine. Les programmes axés sur la réintégration des enfants victimes des exactions doivent prendre comme point de départ les programmes axés sur la collectivité qui travaillent avec les enfants tout en incluant le développement de la famille et la collectivité. Les études montrent que les enfants qui ont été forcés à commettre des crimes horribles et ceux qui ont été victimes de violence sexuelle nécessitent une attention particulière. Les filles et les garçons ont des besoins différents. Traiter les enfants comme des personnes importantes tout en développant la collectivité de manière globale est le seul moyen fiable de progresser.
Il n’est pas certain que Donald Trump et Elon Musk qui ont récemment pris la décision de fermer l’USAID, aient compris ce message humaniste à l’heure où les enfants de Gaza sont plongés dans un inextricable chaos dont ils ne peuvent comprendre, à l’instar de nombreux adultes palestiniens innocents, ce qui la justifie pleinement.
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