AU MAROC L’AMÉLIORATION DES DROITS DES FEMMES SUSPENDUE À LA RÉFORME DU CODE CIVIL

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La réforme du Code de la famille - Moudawana - annoncée par le roi Mohammed VI qui tend à innover, trouve également sur son chemin de bonnes raisons de se...

Promulguée en 1958, légèrement amendée en 1993 avant l’inscription de l’égalité des sexes dans la Constitution de 2011, puis révisée cette fois davantage en profondeur en 2004,  la réforme du Code de la famille – Moudawana – annoncée par le roi Mohammed VI en juillet 2022, a permis en 2024, de notables avancées. Sa validation par le Conseil des Oulémas, haut conseil religieux statuant sur la conformité des mesures adoptées avec l’islam,  répond à certains dysfonctionnements relatifs notamment au mariage des mineurs, ou encore la polygamie, qui a été fortement réduite. À ces dispositions, il convient d’ajouter la simplification du divorce grâce à des procédures de médiation et des délais judiciaires raccourcis pour éviter les longues batailles devant les tribunaux. Les femmes bénéficieraient d’une meilleure protection, notamment par la reconnaissance du travail ménager et la garantie de la garde des enfants après divorce, y compris en cas de remariage. Autre avancée majeure : la garde et la tutelle des enfants deviendraient partagées, et les règles autour de la pension alimentaire seraient clarifiées afin d’accélérer les décisions de justice

Toutefois, les débats sur la filiation et l’héritage révèlent la difficulté de concilier attentes sociales et normes religieuses. Or, l’héritage reste un point particulièrement sensible. Les militantes féministes dénoncent notamment la règle du Taâsib (agnation), qui favorise les hommes au détriment des femmes.

Quoi qu’il en soit, l’évolution de la société marocaine encore tiraillée entre modernité et tradition impose une refonte du modèle de développement économique et social. Surtout lorsqu’une note du Haut-Commissariat au plan (HCP), révèle que près de six Marocains sur dix considèrent que l’égalité entre les sexes n’est pas pleinement atteinte. Quant aux femmes, elles sont 63,3 % à juger qu’elles ne bénéficient pas des mêmes droits que les hommes.

Saida El Idrissi, activiste des droits des femmes précise à cet égard : « L’héritage n’est pas seulement une question économique, c’est une reconnaissance sociale des femmes. Le modèle actuel les place encore dans une position secondaire »

Si plusieurs partis de gauche se montrent enclins à soutenir une réforme en profondeur, le Parti de la justice et du développement (PJD), de tendance islamiste, qui prône la défense des « valeurs traditionnelles » et perd du terrain sur la scène politique, s’oppose farouchement aux changements proposés.

Cette opposition qui illustre un choc entre deux visions du Maroc : celle d’un pays résolument tourné vers la modernité, et celle d’une frange de la société qui craint de perdre ses racines culturelles et religieuses,

La réforme du Code de la famille – Moudawana – annoncée par le roi Mohammed VI qui tend à innover, trouve également sur son chemin de bonnes raisons de se réjouir. Et cette fois, c’est avec le classement 2024 Forbes (Middle East & North Africa – MENA), qui a choisi quatre femmes marocaines parmi cent autres entrepreneures dans son classement annuel des « Businesswomen » (Femmes d’affaires) les plus puissantes.

Il s’agit, de Miriem Bensalah Chaqroun, Salwa Idrissi Akhannouch, Nezha Hayat et Lamia Tazi.

Miriem Bensalah Chaqroun, a rejoint le groupe Holmarcom en 1989 et a pris ses fonctions actuelles aux Eaux Minérales d’Oulmès en 2010. Avec plus de 37 ans d’expérience, elle supervise aujourd’hui plus de 6 400 personnes réparties dans les deux sociétés », écrit le magazine américain, qui note au passage qu’en 2022, « le groupe Holmarcom a acquis une participation de 78,7 % dans la banque Crédit du Maroc ». Cette femme a été nommée membre de l’Alliance mondiale des investisseurs pour le développement durable par le secrétaire général des Nations unies, António Guterres. Elle est également membre du conseil d’administration du groupe mondial Renault et membre du conseil d’administration de l’université Al Akhawayn.

Salwa Idrissi Akhannouch a, pour sa part, fondé Aksal Holding en 2004.  Depuis, la société s’est associée à un certain nombre de marques de luxe internationales, telles que Givenchy et Bottega Veneta. Elle emploie plus de 3 000 personnes. La société prévoit d’ouvrir un centre-ville vert et intelligent à Marrakech d’ici la fin de 2024, avec un investissement de 235 millions de dollars et l’ambition de créer 5 000 emplois.

Nezha Hayat, a été la première femme à siéger au conseil d’administration de la banque marocaine Sogelease (Groupe Société Générale Maroc) en 2007. En juillet 2022, elle a été réélue présidente du comité Afrique et Moyen-Orient de l’Organisation internationale des régulateurs des marchés financiers pour le mandat 2022-2024.

Lamia Tazi, a pris ses fonctions actuelles en 2019, chez  Sothema qui dispose de 35 laboratoires multinationaux et d’une capacité de production végétale de 60 millions d’unités par an.

En juin 2023, la société a signé un accord avec le Baylor College of Medicine des États-Unis, le français Dassault Systems, le suisse ReGenLab et les ministères marocains de la santé et de l’industrie pour mettre en œuvre la première plateforme en Afrique et au Moyen-Orient pour le développement galénique et les essais cliniques. En octobre 2023, la société a ouvert un bureau de représentation scientifique en Arabie saoudite.

Il n’y donc pas de doutes, ces femmes marocaines ont leurs propres codes. Des codes qui témoignent de leurs capacités d’entreprendre et d’éteindre tout sexisme. De quoi encourager la jeune génération marocaine qui aspire à la modernité économique, sociale et environnementale.

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