Contrairement à ce que les enquêtes laissaient penser, Daniel Noboa, 37 ans, président conservateur de l’Équateur depuis le 23 novembre 2023, considéré comme favori, n’a pas remporté les élections présidentielles, avec 44,3% des voix face aux 43,8% de Luisa González, dimanche dernier.
C’est donc à l’issue du second tour des élections présidentielles prévu le 13 avril que les plus de 13,7 millions d’ Équatoriens et Equatoriennes appelés à voter, seront amenés à choisir entre l’actuel président et son adversaire, la candidate avocate de gauche Luisa González, pour un mandat de quatre ans à la tête du pays.
En cause, l’incapacité de Daniel Noboa d’endiguer la montée de la violence dans ce pays d’Amérique du Sud liée au trafic de cocaïne produite dans les pays voisins, la Colombie et le Pérou, malgré le déploiement des militaires, mais aussi la hausse du chômage et de la pauvreté. Héritier d’une fortune bâtie sur le commerce de la banane. Il a fondé une société d’organisation d’événements à 18 ans, puis a rejoint la société Noboa de son père, où il a occupé des postes de direction dans les domaines du transport maritime, de la logistique et du commerce.
Sa carrière politique a commencé en 2021, lorsqu’il a remporté un siège à l’Assemblée nationale et a présidé sa commission de développement économique. L’occasion de rappeler que l’économie exportatrice de l’Équateur repose principalement sur quatre éléments : la culture de la banane (1er exportateur mondial), le pétrole, le cacao et le tourisme. Mais l’Équateur a une dette publique de plus de 5 000 millions de dollars, et vit une crise de sécurité sans précédent, les cartels de la drogue mexicains s’étant infiltrés au sein des institutions.
En dépit d’une très légère baisse des homicides observée l’année dernière, force est de reconnaître que trop d’électeurs sont devenus des victimes de la criminalité que leurs pertes personnelles et collectives ont été un facteur déterminant pour décider si un troisième président en quatre ans pouvait redresser l’Équateur ou si Noboa méritait plus de temps au pouvoir. De plus, nombreux sont les Équatoriens à dénoncer la corruption du gouvernement.
Mais, que sait-on du parcours de son adversaire, autrement dit Luisa González parviendra t’elle à convaincre l’électorat et deviendra t’elle la première présidente de l’histoire de l’Équateur ?
Âgée de 47 ans, cette femme a occupé divers postes gouvernementaux pendant la présidence de Correa, qui a dirigé l’Équateur de 2007 à 2017 avec des politiques socialement conservatrices et dépensières et est devenu de plus en plus autoritaire au cours de ses dernières années en tant que président. Ce dernier a d’ailleurs été condamné à une peine de prison par contumace en 2020 dans le cadre d’un scandale de corruption.
Luisa González a été législatrice de 2021 à mai 2023, date à laquelle Lasso a dissous l’Assemblée nationale. Toutefois, elle est restée inconnue de la plupart des électeurs jusqu’à ce que le parti de Correa la choisisse comme candidate à la présidence pour les élections anticipées.
Quoi qu’il en soit, les électeurs victimes de la vague de criminalité liée au trafic de cocaïne détermineront sans nul doute l’issue du second tour de l’élection présidentielle, le 13 avril prochain.
Les Équatoriens confirmeront la victoire de l’un de ces deux candidats qui se disputent un mandat complet de quatre ans, et promettent tous deux aux électeurs de réduire l’activité criminelle généralisée qui a bouleversé leur vie, Luisa Gonzalès inscrivant également parmi ses priorités des actions sur le plan économique et social.
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