Women eLife aborde aujourd’hui un double sujet d’une gravité absolue. Si ces drames sont fort heureusement l’exception pour le plus grand nombre, il est du devoir d’un magazine féminin indépendant ouvert sur le monde de les dénoncer et de condamner leur existence. Les chiffres relatifs aux monstruosités qui ont lieu, révèlent une sinistre réalité, qui non seulement persiste, mais s’aggrave, exigeant une mobilisation de tous et toutes, et le déploiement de solutions immédiates.
Le constat glaçant des violences conjugales
Le dernier rapport de la Mission interministérielle pour la protection des femmes (Miprof) dresse un état des lieux consternant. La situation des violences conjugales ne cesse de croître, au-delà des cas que les enquêtes ne parviennent pas à éclaircir.
- En 2024, 107 femmes ont été victimes de féminicides conjugaux.
- 270 ont échappé de peu à la mort lors de tentatives de féminicides.
- 906 femmes ont subi un harcèlement de leur conjoint ou ex-conjoint ayant conduit au suicide ou à une tentative de suicide.
Ces réalités macabres donnent tout son sens à la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre, qui doit être plus que jamais un appel puissant et unanime : STOP à la violence !
L’enfance en danger : un chiffre noir insoutenable
Les maltraitances et les infanticides sont des faits divers réguliers qui témoignent de comportements insupportables et d’actes criminels que nous ne pouvons plus passer sous silence.
La CNCDH (Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme) estime qu’en France, un enfant meurt tous les 4 à 5 jours des suites de violences intrafamiliales (coups, négligences graves, syndrome du bébé secoué, homicides parentaux…).
En 2024, au minimum 75 infanticides ont été documentés. Ce chiffre est, de l’aveu même des experts, bien en deçà de la réalité en raison d’un grave déficit de recensement national, un manque de visibilité dénoncé par la CNCDH.
La progression de la mortalité infantile en lien avec la violence est un signal d’alarme majeur pour nos politiques de santé publique, le suivi périnatal et l’accompagnement des familles fragiles. La non-détection ou le manque de prise en charge des victimes est un échec collectif qui révèle un manque criant de moyens dans les structures d’accueil et de prévention.
S’inspirer des initiatives internationales : l’exemple de Kate Middleton
Face à cette urgence nationale, Women eLife souhaite se faire l’écho d’initiatives concrètes menées à l’étranger.
Reconnue pour son engagement envers la petite enfance, Kate Middleton, la princesse de Galles, a organisé un sommet de haut niveau le 18 novembre. Son objectif consiste à encourager les entreprises à intégrer les besoins des parents et des personnes s’occupant d’enfants de moins de cinq ans. Son message est clair : l’investissement dans la petite enfance est un bénéfice direct pour les familles et la société tout entière.
Le Groupe de travail des entreprises pour la petite enfance de la Fondation royale vise à soutenir plus d’un million de bébés et de jeunes enfants d’ici 2026 grâce à trois axes majeurs qui pourraient inspirer la France :
- Le Centre for Early Childhood : Sensibiliser à l’importance cruciale des 0-5 ans, développer la recherche, outiller les professionnels et soutenir les familles vulnérables.
- Le soutien au projet ADBB (Alarm Distress Baby Scale) : Un outil permettant de détecter la détresse du nourrisson avant qu’elle ne dégénère en risque majeur. Une action dont de nombreux experts français regrettent cruellement l’absence dans l’Hexagone.
- La lutte contre la précarité parentale via les Baby Banks : Ces structures d’aide concrètes aux familles en difficulté permettent d’alléger les tensions financières et psychologiques, des facteurs qui contribuent souvent aux situations de rupture et de maltraitance.
Au regard de ce qui est décrit, il est temps que la France adopte une approche préventive plus audacieuse, alignée sur les meilleures pratiques internationales, pour enrayer ces drames qui brisent les fondements des rapports humains de proximité et envoient une sinistre image de notre société. D’autant que le lien entre harcèlements et violences à l’égard d’enfants, va le plus souvent de pair avec ces mêmes pratiques au sein de couples.
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