Bien que toutes deux portent le même prénom et le même nom, il ne faut pas se méprendre. Les rôles de ces deux jeunes femmes que 10 815 km séparent sont incomparables, à un détail près qui ne pouvait échapper à la sagacité de Women eLife.
La première, âgée de 39 ans, vient d’être élue présidente du Costa Rica. Elle a pu fêter sa victoire entourée de ses partisans à San José, promettant aux Costaricains une nouvelle ère politique. Quant à l’autre Laura Fernandez, elle n’a que 24 ans et fait partie des nombreux artistes qui ont fui la Russie suite à l’invasion de l’Ukraine.
En quoi cette homonymie justifie-t-elle qu’on s’y attarde ?
Pour une raison très simple : le contraste des destins. La Laura Fernandez née à Esparza est devenue la deuxième femme à prendre la présidence de son pays. Connue pour son style oratoire théâtral et son goût pour la danse qu’elle met en avant lors de ses meetings, là se situe leur seul point commun. Car la seconde Laura est une ballerine étoile, d’origine ukrainienne et espagnole, qui a fui son poste de première soliste au théâtre Stanislavski de Moscou pour rejoindre le Ballet d’État de Géorgie.
Women eLife a choisi ce pas de deux pour éclairer l’actualité du Costa Rica, ce petit État de 51 100 km² situé sur l’isthme centraméricain. Pour cette chronique, nous resterons aujourd’hui sur le profil de la nouvelle présidente.
Mariée et mère de famille, cette catholique conservatrice défend avec conviction les valeurs familiales, s’assurant ainsi le soutien des groupes évangéliques. Fervente partisane de Rodrigo Chaves, dont elle fut la directrice de cabinet, elle hérite d’un pays en proie à une insécurité croissante. Longtemps considéré comme un modèle de démocratie libérale et de tourisme écologique, le Costa Rica voit aujourd’hui son aura « verte » s’assombrir sous l’ombre du narcotrafic.
Le taux d’homicides atteint désormais 16,7 pour 100 000 habitants. Face à cette dérive, Laura Fernandez ne cache pas son admiration pour le président salvadorien Nayib Bukele. Elle annonce un changement « profond et irréversible » et souhaite bâtir une « Troisième République », quitte à instaurer l’état d’urgence et à construire une prison de haute sécurité sur le modèle de la méga-prison salvadorienne CECOT.
Pour conclure, Women eLife revient vers l’autre Laura Fernandez, celle qui œuvre dans un tout autre univers. Tandis que la présidente durcit le ton à San José, la danseuse s’apprête à interpréter, le mois prochain au Sydney Theatre, des extraits du Corsaire et de La Bayadère. Un pas de deux artistique, loin des bruits de bottes et des joutes politiques, avec son partenaire Victor Caixeta, lui aussi exilé de Russie. Deux manières, diamétralement opposées, d’habiter le monde.
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