UNE LOI INTÉGRALE EN BONNE VOIE DONT ON GUETTE DÉSORMAIS L’ENTRÉE EN VIGUEUR

Ce contenu est réservé aux membres. Vous devez être connectés pour le voir. Pas encore membre ? Rejoignez-nous.
Avant de pouvoir constater l’entrée en vigueur de la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants, dont l’adoption est intervenue mardi dernier à...

Avant de pouvoir constater l’entrée en vigueur de la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants, dont l’adoption est intervenue mardi dernier à l’Assemblée nationale, à l’unanimité des suffrages exprimés, par 503 voix pour et aucune contre, les députés de La France insoumise s’étant abstenus, et dans l’attente de son examen par le Sénat, les données dont on dispose pour mesurer l’ampleur du sujet en question font frémir.

Selon les statistiques émanant du ministère de l’Intérieur, en 2025, les services de police et de gendarmerie nationales ont enregistré, au titre de crimes et de délits, 473 000 victimes de violences physiques, dont 114 500 sont mineures (24 %), et 132 300 victimes de violences sexuelles, dont 76 200 sont mineures (58 %).

Un peu plus de la moitié de ces violences physiques enregistrées sont commises dans le cadre familial, conjugal ou non, que les victimes soient majeures ou mineures (respectivement 54 % et 55 % des victimes). Cette part est beaucoup plus faible pour les violences sexuelles, dont la majorité a lieu en dehors du cadre familial (75 % des victimes majeures et 70 % des victimes mineures).

Autrement dit, le nombre de victimes de violences physiques enregistrées a augmenté de 5 % en 2025, en particulier chez les mineurs (+10 %, contre +4 % pour les majeurs). Dans un contexte de libération de la parole et d’amélioration des conditions d’accueil des victimes par les services de police et de gendarmerie, celui des victimes de violences sexuelles enregistrées par les services de sécurité a augmenté de 8 %, en milieu intrafamilial comme en dehors de la famille.

La rédaction de ce magazine féminin indépendant ouvert sur le monde vous remercie pour le soutien que vous accepterez d’apporter et permettra de relever de nouveaux défis en cliquant sur l’image qui illustre cet appel au don. Vos dons permettront entre autres que de jeunes journalistes rejoignent la rédaction.

Les victimes de violences physiques commises en dehors de la sphère familiale sont le plus souvent des hommes (68 %). À l’inverse, lorsque ces violences sont commises au sein de la famille, les victimes sont majoritairement des femmes (73 %). Les victimes de violences sexuelles sont, quant à elles, très majoritairement des femmes, quel que soit le contexte de commission et l’âge des victimes (85 %).

Le caractère scandaleux de cette situation est dénoncé par de nombreuses associations et mouvements féministes qui soulignent qu’en France, un enfant toutes les trois minutes est victime d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle.

Autant de données qui, sans être exhaustives, justifient pleinement l’adoption de cette loi intégrale, dont la mise en œuvre nécessitera des moyens budgétaires à la hauteur des enjeux.

Alors que Sébastien Lecornu a promis que 1,5 milliard d’euros serait consacré au déploiement de moyens permettant de lutter plus efficacement contre ce fléau, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a estimé pour sa part qu’il s’agissait d’un point de départ.

Et c’est là que l’inscription « LOI INTÉGRALE : BUDGET INTÉGRAL », arborée lors des manifestations d’associations et de mouvements féministes, prend tout son sens.

Sans préjuger aujourd’hui de ce qu’il adviendra du budget 2027, dont l’adoption suscite des interrogations en raison des critiques émises par nombre de parlementaires, la loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes et aux enfants risque-t-elle de finir dans une armoire à projets de loi et à décrets d’application, sans pouvoir être effectivement mise en œuvre ?

Cette question, soulevée par certains parlementaires, entretient un suspense qui n’est pas fait pour rassurer, au regard du nombre de projets de loi qui, dans différents domaines, sont restés suspendus et n’ont donc jamais abouti, en dépit de louables intentions qui doivent impérativement se traduire en dotations et actions dans le cas présent.

La rédaction de ce magazine féminin indépendant ouvert sur le monde vous remercie pour le soutien que vous accepterez d’apporter et permettra de relever de nouveaux défis en cliquant sur l’image qui illustre cet appel au don. Vos dons permettront entre autres que de jeunes journalistes rejoignent la rédaction.

Retour à la bibliothèque Women e-Life :

Partager cette chronique :

Formulaire de contact

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *