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Alors que lycéens et étudiants manifestent depuis plusieurs semaine en France, Neha Bora, manifestante de la génération Z, qui est devenue l’un des visages les plus visibles d’un mouvement de protestation en Inde, retient l’attention à juste titre.

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Cette doctorante de 29 ans est l’un des visages les plus reconnaissables du mouvement de protestation des jeunes qui constitue le défi le plus sérieux lancé au gouvernement du Premier ministre Narendra Modi depuis des années.
Actuellement présidente nationale de l’association de gauche « All India Students’ , son parcours qui l’a conduite à s’investir dans le théâtre ne l’a que plus tard amené à participer aux manifestations étudiantes contre une loi sur la citoyenneté en 2019 et 2020 avant qu’elle ne confirme être une militante déterminée à se faire entendre sur bien d’autres sujets.
Elle fait d’ailleurs partie des nombreuses militantes éminentes qui ont été arrêtées le week-end dernier alors que les autorités réprimaient sans ménagements les tentatives des manifestants menés par le mouvement de jeunesse « Cafard » pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une fraude électorale massive visant à aider le parti de Modi.
Les trois dirigeants du parti Cockroach Janta (CJP), une formation portée par la jeunesse, on été placés en détention samedi — tout comme des milliers d’autres personnes — alors que les autorités prenaient des mesures extrêmes pour empêcher les jeunes de descendre manifester dans la rue.
Toutefois, dimanche matin, un magistrat a ordonné la libération des trois dirigeants du CJP — Abhijit Dipke, Saurav Das et Ashutosh Ranka — à la condition qu’ils ne « troublent pas l’ordre public » pendant un an.
Le rapprochement avec la situation que connait la France se comprend davantage lorsqu’on sait que Neha Bora s’est bâtie une audience à travers des discours en hindi et en anglais, invoquant souvent les droits constitutionnels et liant les griefs des étudiants à des questions plus larges d’inégalité et de responsabilité du gouvernement, qu’il s’agisse des scandales liés aux examens scolaires, au chômage et aux actions violentes de la police.

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Bora a déclaré qu’en voyant des étudiants de sa propre génération conduire leurs camarades de classe hors des amphithéâtres et dans la rue, les idées qui l’avaient frappées dans des livres, des films et des documentaires en action politique, ont alors trouvé toute leur signification.
Elle a également attiré l’attention lors des manifestations de juillet contre des fuites présumées de copies d’examen, lorsqu’elle s’est jointe à d’autres militants pour exiger la démission du ministre de l’Éducation. Ses discours à Jantar Mantar, critiquant la réponse du gouvernement et de la police aux manifestants, ont été largement diffusés en ligne.
Il n’empêche que les garçons et filles qui ont tenté de participer à la manifestation de samedi ont été brutalement empêchés par un dispositif de sécurité répressif. Plus de 25 000 policiers ont érigé des barrages routiers, tandis que l’accès à Internet et les transports en commun étaient interrompus. Plus de 7 000 personnes ont été placées en garde à vue, nombre d’entre elles avant même d’avoir atteint le lieu de rassemblement au centre de la capitale.
Lors des manifestations dans la capitale exigeant la démission du commissaire en chef aux élections, Gyanesh Kumar, qui lui ont valu d’être arrêtée puis libérée, Neha Bora a déclaré que l’idéologie à elle seule ne dicte pas la mobilisation actuelle, décrivant l’espoir exprimé par la jeunesse indienne comme une force plus puissante.
« La peur est contagieuse, bien sûr. Mais l’espoir est également contagieux », a-t-elle souligné.
De quoi tirer enseignement du mouvement lycéen et étudiant qui agite actuellement la jeunesse française. Un mouvement qui met en évidence outre les lacunes du système éducatif, mais aussi les légitimes inquiétudes que génèrent les tensions et incertitudes actuelles dans un monde qui apparaît déboussolé et dont les politiques ne semblent plus être en mesure d’inspirer confiance à une jeunesse en quête de perspectives d’avenir.
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