La très récente visite d’État d’Emmanuel Macron en Arménie offre à Women eLife l’opportunité de s’intéresser à la condition féminine dans ce pays qui compte 2 930 915 habitants, dont l’âge médian est de 37,2 ans, 64,4 % de la population vivant en milieu urbain.
En présence du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le Président français a salué, lundi 4 mai à Erevan puis à Gyumri (deuxième ville du pays qui fut détruite à 60 % lors du séisme qui fit près de 26 000 morts le 7 décembre 1988), le choix de l’Arménie de « se tourner vers l’Europe », tout comme celui de la « paix » avec l’Azerbaïdjan, le « seul raisonnable » selon lui pour s’affranchir de la Russie.
Alors que les femmes arméniennes représentent 53,7 % de la population (données statistiques 2024) et occupent une place centrale dans la société, leur chemin vers l’égalité reste semé d’embûches. Malgré des progrès notables accomplis grâce aux politiques publiques et au travail acharné d’ONG et d’organisations locales mises en place ces dernières années, les défis persistent : stéréotypes culturels, inégalités économiques et sociales, et réalités souvent invisibilisées des femmes les plus marginalisées.
C’est du moins ce qui ressort des témoignages de Lara Aharonian, militante féministe et directrice du Women’s Resource Center of Armenia, de Talar Teijirian, chirurgienne arméno-américaine engagée dans des initiatives de formation médicale, ainsi que d’Hripsimé Mirzoyan et Arevik Yeghiazaryan, directrices de l’ONG Winnet Vanadzor – Women and Youth Development.
Depuis l’adoption de lois contre les violences domestiques en 2017, l’Arménie a certes connu des avancées notables en matière d’égalité des genres, grâce à une combinaison d’initiatives législatives et de l’action déterminée des organisations de la société civile. Toutefois, si les progrès législatifs et associatifs constituent des étapes importantes, ils demeurent encore fragiles pour parvenir à une égalité effective.
Il est à ce titre souligné que l’autonomisation économique des femmes apparaît comme un levier essentiel pour réduire les inégalités et stimuler le développement local. Pourtant, malgré des avancées notables, les défis restent considérables, notamment dans les régions rurales où l’accès aux ressources, à la formation et aux financements est souvent limité.
Et c’est là que l’organisation Winnet Vanadzor joue un rôle moteur en proposant des programmes de formation, des financements et un accompagnement personnalisé pour les femmes entrepreneures. Car les projets, souvent modestes au départ, ont souvent un impact profond sur la dynamique économique et sociale des villages.
Le succès de ces initiatives ne repose en réalité pas sur le simple soutien financier, mais sur la dynamique de confiance et de coopération qu’elles génèrent au sein des villages. Les programmes ciblés et l’engagement continu des organisations démontrent que l’autonomisation économique des femmes est bien plus qu’une question de revenus : c’est un moteur essentiel du changement social.
D’où l’intérêt de porter son regard sur les défis que Talar Teijirian, chirurgienne arméno-américaine, choisit de relever en constatant la forte résistance à voir des femmes prendre des rôles de leadership dans la chirurgie.
Avec une détermination sans faille, elle a lancé le programme International Surgery Meeting to Armenia, qui vise à offrir aux jeunes femmes chirurgiennes arméniennes des opportunités de formation et de réseautage international. Ce programme permet non seulement le développement des compétences techniques, mais aussi la création de liens précieux avec des spécialistes étrangers.
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Que retenir de cet exemple, qui n’en est qu’un parmi tant d’autres en mesure de renforcer l’espoir en un véritable changement bénéfique pour toutes et tous ?
Tout d’abord que les jeunes générations incarnent une force de changement incontournable. Grâce aux réseaux sociaux et à une sensibilisation croissante aux questions d’égalité, une nouvelle vague de militantes et de militants émerge, prête à défier les stéréotypes et à réclamer légitimement le respect en termes de droits.
En marge des fake news et deep news dont ils sont également les véhicules, les plateformes numériques sont néanmoins devenues des espaces d’expression où les jeunes dénoncent les injustices et sensibilisent leurs pairs.
En Arménie comme partout ailleurs où ces réseaux sociaux fonctionnent, nombre de messages laissent percevoir des idées, projets et actions en mesure de convaincre les plus irréductibles qu’un nouveau modèle de développement durable se dessine et ne demande qu’à se concrétiser.
Et c’est bien la pertinence et le caractère exemplaire de certains de ces derniers qui peuvent contribuer à une prise de conscience d’enjeux à partager entre générations sans modération en Arménie comme partout ailleurs dans le monde.
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