Alors que le premier ministre a dévoilé, vendredi dernier, un plan pour lutter contre les déserts médicaux, la colère des médecins libéraux, étudiants en médecine, internes et jeunes médecins est une nouvelle fois montée d’un cran . En cause, l’annonce d’une nouvelle «mission de solidarité territoriale individuelle» prônant une régulation d’installation de leur profession. D’où l’organisation ce lundi d’une journée de grève qui sera suivie mardi d’une journée de manifestation.
Force est de constater que le manque de ressources humaines et financières du secteur santé, est dénoncé depuis de nombreuses années.
Les témoignages de femmes médecins recueillis au fil des années, n’ont pas pris une ride. Au regard du malaise que connait l’ensemble du corps médical et touche aussi bien le secteur hospitalier que la médecine de ville, la persistance voire l’aggravation de ce dernier, a conduit Women elfe à fouiller dans ses archives épistolaires et sonores.
Comme le prouve le texte figurant ci-dessous, qui introduisait déjà bien avant les années 2000 plusieurs témoignages de femmes médecins que Women eLife avait recueillis, ce qui était à l’poque mis en évidence, n’a rien perdu de son actualité.
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« Les mouvements de grèves qui frappent actuellement ce grand corps malade, touchent en réalité tous ses organes essentiels.
Qu’il s’agisse des internes en médecine qui refusent d’allonger leurs études d’un an pour pallier les déserts médicaux, de la grève des médecins généraliste qui demandent une revalorisation des tarifs de consultation et une amélioration de leurs conditions d’exercice, la colère contre la politique d’accès aux soins, est palpable.
À tel point, qu’en dépit de la triple épidémie de Covid-19, grippe et bronchiolite dans l’Hexagone, les médecins libéraux sont, après une forte mobilisation au début du mois de décembre, de nouveau appelés à fermer leurs cabinets depuis le 26 décembre 2022 et jusqu’au 2 janvier.
Ce mouvement de contestation permet de revenir sur l’un des phénomènes qui touche aux changements notables des profils constatés, depuis déjà plusieurs années, parmi les acteurs du secteur santé.
Les dernières informations, communiquées par le Conseil national de l’Ordre des médecins, indiquent entre autres que 65 % des médecins généralistes de moins de 40 ans sont des femmes.
Au-delà des métiers d’infirmières, la féminisation des professions de santé prend de l’ampleur dans tous les domaines.
Chez les spécialistes médicaux (hors médecine générale), la proportion de femmes atteint en effet 62% et chez les spécialistes chirurgicaux 48%.
Cette féminisation des effectifs participe donc largement au rajeunissement du profil démographique de ces trois cohortes.
Toutefois, bien qu’encourageant, ce phénomène ne résout en rien les difficultés auxquelles se heurtent praticiens comme praticiennes. »
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Intervenu durant de nombreuses années dans le secteur santé, Women eLife vous invite à écouter ou réécouter deux interviews de femmes médecins. Ces dernières permettent de mieux apprécier les difficultés rencontrées, mais aussi de mesurer les progrès réalisés, notamment grâce à la télémédecine.

Elodie Deloubes est en mesure d’exprimer son ressenti sur le fonctionnement global de notre système de santé.
Cette jeune interne en médecine générale incarne cette nouvelle génération de femmes médecins qui hérite d’un mode fonctionnement qui n’a pas su s’adapter à l’évolution des besoins de la société ( vieillissement de la population, augmentation notable des maladies chroniques ) sans parler des situations de détresse qui conduisent les patients à des recours aussi justifiés que trop souvent injustifiés aux urgences hospitalières.

Women e-Life avait également voulu ouvrir la Toile Santé. Dans cet esprit, Agnès Gepner, Directrice Médicale de « MesDocteurs » nous avait fait part de son sentiment alors que le personnel ( médecins, infirmiers, aides-soignants) des services d’urgences hospitalières des établissements publics, manifestaient légitimement, depuis trop longtemps, son profond désarroi face au manque d’effectif, à la dégradation des conditions de travail et au manque de reconnaissance en termes de rémunération. L’occasion de s’arrêter sur la télémédecine et les progrès qu’elle a permis de réaliser, sans toutefois pouvoir palier les problèmes liés aux déserts médicaux.
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