LE GÉANT DE LA FAST FASHION SE LANCE DANS UNE COURSE À L’ÉCHALOTE

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Alors que le magazine Elle fait miroiter aux femmes les quatre jupes tendances à adopter d’urgence dès septembre, nul doute qu’un des géants de la fast fashion aura vite fait de s’inspirer...

Alors que le magazine Elle fait miroiter aux femmes les quatre jupes tendances à adopter d’urgence dès septembre, nul doute qu’un des géants de la fast fashion aura vite fait de s’inspirer de ces modèles pour les placer en tête de sa plateforme de vente en ligne.

Mais pour le moment, Shein cherche surtout à remplir son bas de laine en annonçant son introduction en bourse à Hong Kong. On peut donc bien parler d’une course à l’échalote, une compétition féroce où tous les moyens sont bons pour s’imposer sur le marché.

L’entreprise, fondée en Chine et dont le siège est à Singapour, annoncera le prix définitif de son introduction en bourse le 31 août et ses actions commenceront à être cotées le 1ᵉʳ septembre. Environ 80 % des fonds levés lors de cette opération seraient destinés à améliorer sa technologie, renforcer sa marque et consolider sa présence mondiale.

Mais en réalité, bien des problèmes sont venus contrarier cette ascension, conduisant Shein à revoir sa valorisation à la baisse.

Car vendre des robes à 5 dollars et des jeans à 10 dollars dans quelque 160 pays relève de défis qui se heurtent de plein fouet aux réalités économiques, commerciales et environnementales. D’autant que certains produits commercialisés par l’enseigne ont déjà fait l’objet de scandales, et que nombre de critiques dénoncent la piètre qualité de vêtements qui s’attirent les foudres des consommateurs comme des acteurs d’un marché en perte de vitesse.

Aussi les ambitions boursières du géant de la fast fashion ont-elles dû être revues à la baisse dans la série discount. La valorisation retenue se situe à un niveau inférieur d’environ 70 % à son pic atteint sur le marché privé il y a quatre ans, le ralentissement des perspectives de croissance pesant sur la demande des investisseurs.

Ce recul marqué intervient alors que les droits de douane, une concurrence accrue et la hausse des coûts assombrissent les perspectives de Shein. De plus, les analystes estiment que les vents contraires soufflant sur ses principaux marchés, les États-Unis et l’Europe, pèseront lourdement sur cette levée de fonds. L’entreprise attribue elle-même cette situation aux nouvelles taxes européennes à l’importation, à la pression sur les prix et à un affaiblissement de la demande au Moyen-Orient.

Selon Winston Ma, professeur adjoint à la faculté de droit de l’université de New York (NYU) et ancien responsable pour l’Amérique du Nord du fonds souverain chinois CIC : « Les investisseurs boursiers ne paient plus pour l’hyper-croissance. Ils misent désormais sur une plateforme transfrontalière mature qui doit défendre ses marges bénéficiaires face aux droits de douane, à la hausse des coûts de conformité et à la surveillance réglementaire. »

Force est de constater que la fast fashion a désormais du plomb dans l’aile.

Mais cette remise en question d’un modèle qui a eu ses heures de gloire a peut-être une morale : revaloriser les concepteurs et fabricants de produits de qualité dont les prix plus élevés se justifient. Face aux effets délétères de ce modèle, seuls les consommateurs pourront avoir le dernier mot en refusant d’endosser le grand désordre dont ils portent, à coups de clics, une part de responsabilité.

Pour les jupes tendances et autres articles à adopter dès la rentrée, c’est à vous qu’il appartiendra de faire le bon choix, Mesdames.

INFO DERNIÈRE MINUTE -28/08/2026

Car tout cela, c’était sans compter l’arrêté fixant en France, dès le 1er septembre, le montant des pénalités financières pour les produits des entreprises de mode ultra-éphémère comme Shein, fruit d’une décision de l’exécutif qui a été publiée le 27 août au Journal officiel .

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