Lorsqu’on suit l’actualité nationale et internationale et que l’on constate la multiplication d’événements tragiques, une question s’impose : quel sujet aborder pour offrir une respiration sans sombrer dans le catastrophisme ?
La réponse se trouve en partie dans cette chronique.
À la veille d’une rentrée qui s’annonce mouvementée sur les plans politique, économique, social et environnemental, Women eLife a choisi de mettre en lumière l’héritage d’une artiste d’exception. Au-delà de sa disparition, c’est l’immense philanthropie de Dolly Parton qui aura marqué son parcours et continue d’inspirer.
En mai 2026, Dolly Parton avait annulé sa série de concerts à Las Vegas pour des raisons de santé.
Loin de se réduire à son indéniable personnalité avec sa perruque blonde et ses strass qu’elle a toujours su arborer comme un bouclier glamour, Dolly Parton, dont on a appris mardi le décès à l’âge de 80 ans, a su incarner l’une des figures les plus influentes de la culture américaine.
Génie de la composition, elle est à l’origine de classiques intemporels — de Jolene à I Will Always Love You — écrits le même jour. Avec 25 titres classés numéro 1 des charts country américains et 47 albums dans le top 10, elle a également conquis le public pop avec l’incontournable 9 to 5 en 1980, tout en menant une carrière d’actrice saluée par deux nominations aux Golden Globes.
Née dans la pauvreté d’une cabane du Tennessee, quatrième d’une fratrie de douze enfants, elle a immortalisé ses origines modestes dans la chanson Coat of Many Colors, hommage au manteau en patchwork confectionné par sa mère.
Mais derrière l’artiste aux multiples succès, une entrepreneuse avertie et une philanthrope hors norme s’est distinguée. Cofondatrice de la société de production Sandollar (à l’origine de la série Buffy contre les vampires ou du film Le Père de la mariée), elle a aussi transformé le parc Silver Dollar City en un empire nommé Dollywood, véritable moteur économique régional.
C’est cet engagement social et sociétal que Women eLife, magazine féminin ouvert sur le monde, choisit de mettre en lumière :
Tout d’abord avec la création, en 1988, de la Fondation Dollywood qui a dans un premier temps financé des bourses scolaires dans son comté natal de Sevier. Puis en 1995, elle lance l’Imagination Library, qui offre chaque mois un livre à chaque enfant jusqu’à ses 5 ans. D’abord déployé aux États-Unis puis étendu à d’autres pays anglophones (Canada, Royaume-Uni, Australie, Irlande), ce programme distribue aujourd’hui des dizaines de millions de livres par an.
Ensuite, favorable à la préservation du pygargue à tête blanche dès 2003, elle a financé un hôpital local en 2006 et coordonné les secours après les incendies des Great Smoky Mountains en 2016. Lors de la pandémie de 2020, son don d’un million de dollars au centre médical de l’université Vanderbilt a directement contribué au développement du vaccin Moderna.
On retiendra également son soutien affirmé au mouvement Black Lives Matter et aux droits des personnes transgenres, lorsqu’elle s’est opposée aux lois discriminatoires sur l’accès aux toilettes en Caroline du Nord. Son engagement artistique lui a d’ailleurs valu une nomination aux Oscars pour Travelin’ Thru, bande originale du film Transamerica.
Aujourd’hui, force est de constater que Dolly Parton, par ailleurs féministe déterminée, a réussi l’exploit d’incarner une Amérique unie, capable de rassembler au-delà des fractures politiques et sociales par la seule force de sa musique et de sa générosité.
Les médias ne manqueront pas de se faire l’écho de nombre des succès de l’une des plus grandes auteures-compositrices-interprètes de la musique country, dont vous n’aviez peut-être pas toujours retenu le nom et la notoriété.
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