FACE À LA GUERRE DES UKRAINIENNES GÉNÉRATION Y TÉMOIGNENT

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Les témoignages de six Ukrainiennes âgées de 29 à 40 ans recueillis pour le The Guardian, par Charlotte Higgins correspondante à Kyiv et Julia Kachetova photographe, sont saisissants. Ils apportent...

Les témoignages de six Ukrainiennes âgées de 29 à 40 ans recueillis pour le The Guardian, par Charlotte Higgins correspondante à Kyiv et Julia Kachetova photographe, sont saisissants. Ils apportent la claire démonstration de leur courage et résilience.

Ces femmes ont la trentaine. Elles sont nées dans une Ukraine indépendante. Elles ont ensuite grandi dans un contexte de turbulences économiques  avant d’être plongées dans la révolution et la guerre. 

Contrairement aux hommes du même âge, généralement interdits de quitter le pays, les femmes de la génération Y peuvent choisir de rester ou de partir d’Ukraine, ou encore de s’engager ou non dans l’armée. 

Comme le précise Iryna Gorlach, 35 ans, une Ukrainienne experte en coopération internationale : «  Nous prenons la tête de nos communautés, nous nous engageons en politique, nous dirigeons des ONG, nous militons et nous portons la voix de l’Ukraine sur la scène internationale, car les femmes de la génération Y, diplômées, maîtrisent l’anglais  » . Au vu des attaques meurtrières qui ont lieu et qu’elles doivent subir en permanence, elle estime que le plus grand défi auquel les femmes de la génération Y en Ukraine sont confrontées concerne leur santé mentale et émotionnelle.   

Mariia Shuvalova est née en 1993, deux ans après l’indépendance de l’Ukraine. Alors que son mari est absent en raison de son engagement dans l’armée ukrainienne, elle explique que si rien ne justifie sa participation aux combats, lui comme beaucoup d’autres le font parce que c’est nécessaire. Ses vingt ans ont été marqués par la décennie de guerre qui a débuté en 2014 et s’est brutalement intensifiée en février 2022 avec l’invasion à grande échelle menée par la Russie. Elle rappelle que la génération de ses parents a lutté, pour subvenir à ses besoins et se frayer un chemin dans un monde post-soviétique déroutant. Gérer le stress, prendre des risques… tout cela commence selon elle dès l’enfance ou l’adolescence. Et d’affirmer qu’en réalité plusieurs générations ont été très bien préparées à la crise.

Pour Olena Skyrta, 32 ans, cofondatrice il y a dix ans d’une organisation promouvant les sciences en Ukraine, une partie du travail de sa jeune équipe, majoritairement féminine, consiste à aider les femmes, en particulier celles déplacées à l’intérieur ou à l’extérieur du pays, à se former et à trouver un emploi de programmeuse.  

Et quand ses amis qui ne sont pas en Ukraine lui demandent : “Comment faites-vous pour tenir le coup ?”, sa réponse se résume en une profonde conviction :  » il faut subvenir à ses besoins et à ceux qu’on aime, on a le sens des responsabilités »

Sasha Dovzhyk, 37 ans, a vécu dix ans à Londres, mais son sens du devoir civique envers son pays l’a conduit à regagner l’Ukraine en 2023. Elle dirige à Lviv une ONG appelée Index (Institut de documentation et d’échange) qui soutient des chercheurs, écrivains et artistes ukrainiens et internationaux dans leur travail de documentation de la guerre depuis l’intérieur du pays. L’institut est entièrement composé de jeunes femmes, ce qui reflète en partie l’air du temps.

Maria Nazarova, 29 ans, a récemment quitté l’armée, où elle était infirmière de combat pendant deux ans et demi, pour avoir son premier enfant. Après avoir vu tant de familles de ses camarades masculins se briser parce que leurs femmes et leurs enfants sont à l’étranger et qu’ils ne se voient pas., elle déclare ne pas vouloir ça pour sa famille. Bien que la vie n’ait rien d’idéale compte tenu des risques encourus, elle affirme vouloir vivre cette vie imparfaite là où elle se trouve en Ukraine.

Anna Demydenko, 40 ans, ancienne infirmière de combat après l’invasion à grande échelle, a pour sa part pris une décision radicalement différente concernant sa famille après qu’un missile a atterri près de l’école de sa fille à l’automne 2022. Réalisant qu’elle ne pouvait pas protéger sa fille tout en estimant devoir rester en Ukraine , elle a décidé de l’envoyer vivre à l’étranger.  Aujourd’hui âgée de 10 ans, cette dernière vit aux Pays-Bas avec l’une de ses grands-mères.

Le message inscrit sur le ruban du porte-clés d’Anna Demydenko illustre ce sentiment partagé par les Ukrainiens et Ukrainiennes : « J’aime ce pays et je veux y vivre. » 

Pour en savoir plus Women eLife vous conseille vivement la lecture de l’article intitulé paru dans The Guardian :« Wives, mothers, fighters, activists: the millennial women keeping Ukraine going « 

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