Ce qu’une femme de 26 ans, déférée mercredi au parquet de Bobigny pour des faits de soustraction par un parent à ses obligations légales, concernant son enfant, a été amenée à dénoncer s’avère pour le moins grave et extrêmement préoccupant.
Alors que la plaignante a révélé avoir fait l’objet de deux viols durant la nuit du 28 au 29 octobre par deux fonctionnaires du dépôt du tribunal de Bobigny , la concomitance de la proposition de loi intégrant la notion de non-consentement dans la définition pénale du viol et des agressions sexuelles en France, entérinée dans le même temps par le Parlement et confirmée par un ultime vote du Sénat, interpelle.
Car pour leur défense que prétendent les deux fonctionnaires soupçonnés de viols ? Qu’il y a eu consentement de la part de la jeune femme. Un argument qui quoi qu’il en soit ne justifie en rien les actes commis; d’une part, compte tenu du contexte dans lequel se seraient déroulées les scènes, et d’autre part en raison des responsabilités et devoirs qui incombent à des policiers en service.
Aussi, bien que le procureur déclare que les deux fonctionnaires soupçonnés de viols sur une femme ont été suspendus et placés en garde à vue tandis que l’IGPN, la police des polices, a été saisie de l’enquête« les investigations étant en cours », cette affaire a de quoi suscite un profond malaise.
Que les agents soupçonnés de viols dans cette affaire se réfugient derrière l’argument qui veut que « Constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti. » relève pour le moins d’une instrumentalisation du droit, voire d’une inversion accusatoire particulièrement cynique.
Si l’enquête en cours « conclut que des faits criminels ont été commis, et que l’honneur des policiers a été sali, il va de soi que des sanctions seront prises », a déclaré M. Nuñez, assurant que sa « fermeté sera totale ».
Mais la véritable question qu’on est en droit de se poser est la suivante : « la proposition de loi des députées Marie-Charlotte Garin (Ecologiste, Rhône) et Véronique Riotton (Renaissance, Haute-Savoie) qui a été définitivement adoptée mercredi par un ultime vote du Sénat ne serait-elle pas en l’état caduque ?
Surtout lorsqu’on apprend que dans un autre département de région parisienne, la Seine-et-Marne, un policier devrait être jugé au premier semestre 2026 pour viols sur une femme au sein même d’un commissariat. Comme le rapporte le quotidien » Le Monde », la plaignante est une femme de nationalité angolaise, sans papiers, qui avait dénoncé avoir été violée, à deux reprises, par un gardien de la paix en 2023, au commissariat de Pontault-Combault. Cette dernière affaire avait été révélée par le journal Libération dans une série intitulée #MeToo Police. Selon le quotidien, la femme qui accuse le policier de viols était allée porter plainte pour violences conjugales.
Women eLife déteste devoir aborder des sujets de cette nature. Toutefois, force est de regarder les réalités en face, et de constater qu’en cette journée d’Halloween, les horreurs ont un droit de cité.
NB: Les deux policiers accusés de viol ont été mis en examen et placés en détention provisoire, samedi 1er novembre, a annoncé la procureure de Paris, Laure Beccuau, dans un communiqué. Ils sont poursuivis pour viols et agressions sexuelles par personnes abusant de l’autorité conférée par leurs fonctions.
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