Les informations contenues dans le baromètre : ENTREPRENEURIAT ET INÉGALITÉS DE GENRE, paru aujourd’hui qui s’inscrit dans le cadre du concours « Créatrices d’avenir », ne sont pas sans intérêt.
À l’issue de l’enquête menée du 1er juin au 6 octobre 2025 par Initiative Ile-de-France, Women eLife constate que pour nombre de créatrices et repreneures d’entreprises, engagées ou ayant été engagées dans une candidature au concours, voire soutenues dans leur projet par les associations locales du réseau Initiative Ile-de-France, des difficultés au plein épanouissement sans stress persistent.
C’est du moins ce que confirment certaines données, 56% déclarant avoir été confrontées à des discriminations comme des commentaires sexistes ou paternalistes, à des avances déplacées lors de rendez-vous professionnels, ou à des situations de harcèlement sexuel.
Outre un sexisme persistant, les femmes entrepreneures demeurent confrontées à d’autres défis spécifiques en 2025, qu’il s’agisse du sentiment de solitude, un facteur de fragilité largement partagé, du syndrome de l’imposteur 37%, ou encore de la complexe conciliation avec la maternité.
Toutefois, bien que ces réalités pèsent sur leur parcours et influencent leurs choix, il est rassurant de constater que ces femmes ne freinent en rien leur détermination entrepreneuriale.
Leur persévérance et détermination dans leur projet, témoignent cependant de la nécessité de mieux les accompagner pour transformer les obstacles auxquels elles sont amenées à faire face en leviers.
Pour mieux comprendre et sans tendre à l’exhaustivité, examinons quelques-uns des syndromes qui se manifestent dans les parcours de ces femmes entrepreneures.
L’étude révèle notamment que la solitude fait partie intégrante de l’expérience entrepreneuriale, avec des moments particulièrement marqués. 39% des dirigeantes déclarent la ressentir davantage lors de périodes de stress (forte activité, signature de contrats ou de partenariats), tandis que 30% évoquent les prises de décisions importantes comme instants de vulnérabilité.
Fait marquant, 7% confient ressentir la solitude même dans leurs réussites, faute de pouvoir les partager, et 18% vivent avec ce sentiment quotidiennement ! La solitude n’est cependant pas une fatalité. Pour lutter contre l’isolement, 53% déclarent appartenir déjà à un réseau ou une communauté d’entrepreneurs, tandis que 37% aimeraient pouvoir rejoindre un collectif. Interrogées sur les soutiens qui leur permettraient de mieux vivre cette réalité, les dirigeantes plébiscitent en premier lieu le parrainage et le mentorat (31%), suivis des événements de networking ciblés (29%) et de l’accompagnement par un coach ou un psychologue (22%). Enfin, les groupes de parole ou de soutien sont cités par 14% des femmes ayant répondu au questionnaire.
Autre facteur non négligeable mis en avant: le syndrome de l’imposteur. Ce dernier génère dévalorisation, sentiment de ne pas être à la hauteur, manque de confiance en soi, illégitimité malgré des succès et accomplissement, autant de frein qui se traduisent en chiffres . 93% des dirigeantes déclarent avoir déjà douté de leurs compétences même lorsqu’elles réussissent dont 66% « souvent ». Seules 7% affirment n’en souffrir jamais.
Les impacts sont loin d’être anecdotiques. Le syndrome de l’imposteur conduit à sous-estimer la valeur de son offre ou produit (56%), à ne pas oser solliciter suffisamment de clients, de partenaires ou de financements (45%), ou encore à éviter de prendre la parole en public ou à se mettre en avant (46%). Certaines avouent même avoir hésité à lancer leur projet entrepreneurial (31%) par peur de ne pas être à la hauteur.
En ces temps de baisse de la natalité, la compatibilité de la maternité avec l’entrepreneuriat, est perçue par 37% comme un frein ou un risque, bien que 46% considèrent que cela dépend du milieu ou des interlocuteurs. Toutefois, un consensus fort se dégage autour de mesures clés capables de remédier au problème. Car 91% jugent nécessaire de renforcer les actions pour mieux concilier maternité et entrepreneuriat.
Sachant que 64% des femmes entrepreneures interrogées ont des enfants, ces dernières confirment à travers leur propre expérience la nécessité de faciliter l’accès à des dispositifs de garde d’enfants. Elles encouragent le développement de réseaux de soutien et de mentorat, voire la mise en place d’ aides financières adaptées aux mères entrepreneures.
D’autres précisions en rapport avec les résultats de l’étude en question, mériteraient sans nul doute d’être abordées aujourd’hui. Toutefois, lors de chroniques à venir, l’occasion sera donnée de revenir sur des obstacles, mais aussi surtout des réussites dont peut se vanter l’entrepreneuriat féminin qui n’a aucune raison de douter de son rôle et de ses pouvoirs. Parole d’homme !
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