ENTRE CHAOS ET RECONSTRUCTION : CE QUE LE PASSÉ NOUS DIT DES LENDEMAINS DE GUERRE

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Alors que des hommes de pouvoir ( Donald Trump, Benjamin Netanyahou, Vladimir Poutine, Zelensky…) dont les noms brûlent l’actualité sur fond de grand  désordre mondial actuel, occupent le devant de la...

Alors que des hommes de pouvoir ( Donald Trump, Benjamin Netanyahou, Vladimir Poutine, Zelensky…) dont les noms brûlent l’actualité sur fond de grand  désordre mondial actuel, occupent le devant de la scène géopolitique, comment analyser les nouvelles menaces qui font la une en ce XXIe siècle et suscitent légitimement l’inquiétude des peuples ?

Ce vertige devant l’inconnu n’est pas nouveau. L’histoire est jalonnée de ces moments où le monde a semblé basculer, où les ego de quelques-uns ont dessiné le destin de tous. Mais derrière ce rideau de fer et de feu, une autre force a toujours été à l’œuvre pour recoudre ce que la guerre déchire.

En retraçant les graves évènements qui ont marqué les siècles précédents, Women eLife revient sur l’influence que ces derniers ont exercée depuis le XIIIe siècle avec les conquêtes mongoles qui ont ravagé l’Asie et l’Europe de l’Est, créant un bloc de pouvoir allant de la Chine à la Hongrie.

Car force est de constater que lorsqu’on cherche un siècle de paix globale, on n’en retrouve pas trace dans l’histoire de l’humanité qui s’est illustrée par une succession de cycles de tensions.

De plus lorsqu’on fait référence à la Pax Romana (IIe siècle) ou la Pax Britannica (XIXe siècle après 1815) comme des périodes de stabilité, il s’agissait de paix imposées par la force d’un empire dominant, avec de nombreuses guerres « périphériques » très sanglantes.

D’où l’intérêt de poser la question : Vivons-nous actuellement à travers les guerres en cours les prémices d’un choc majeur à l’échelle planétaire, avec quelles conséquences ?

Si ce choc majeur semble se dessiner sous nos yeux, la véritable interrogation n’est peut-être pas seulement dans l’issue des combats, mais dans la capacité de nos sociétés à transformer, une fois de plus, les décombres en fondations nouvelles. Car si les siècles passés ont été ceux de la force imposée, le XXIe siècle pourrait être celui où l’influence des femmes devient le levier indispensable d’une reconstruction durable.

—————————————————————————————–LAST NEWS du 16 mars 2026———————————————————————————-

Après avoir introduit vendredi dernier ce qui annonçait la chronique mise en ligne aujourd’hui sur Women eLife sous le titre : « Entre chaos et reconstruction : ce que le passé nous dit des lendemains de guerre », votre magazine féminin ouvert sur le monde vous invite à lire ce qui suit.

Vous ne remercierez jamais assez le hasard calendaire politique qui vaut en ce mois de mars 2026 aux élections municipales de figurer en France à la une de tous vos journaux, qu’il s’agisse de la presse nationale comme de la PQR. La primeur donnée à cet évènement peut-elle éclipser les menaces et conséquences directes qu’ont plus particulièrement les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine sur l’économie, la sociologie, la psychologie et l’avenir des peuples ?

Si l’on définit une « guerre aux conséquences mondiales » comme un conflit impliquant plusieurs continents, des puissances majeures et des répercussions systémiques sur le commerce et la géopolitique globale, force est de reconnaître qu’aucun siècle, depuis que le monde est interconnecté, n’a été totalement épargné.

Chaque siècle a connu son « incendie » global.

Au XVIIe siècle, la Guerre de Trente Ans, bien que centrée sur l’Europe, a impliqué presque toutes les puissances de l’époque et a redéfini le droit international (traités de Westphalie), avec des échos dans les colonies.

Au XVIIIe siècle, la Guerre de Sept Ans (1756-1763) qui s’est déroulée simultanément en Europe, en Amérique du Nord, en Inde et sur les océans est considérée par beaucoup d’historiens comme la véritable « Première Guerre mondiale ». 

Au XIXe siècle, les Guerres Napoléoniennes ont touché l’Europe, l’Afrique du Nord, et ont eu des conséquences directes en Amérique (indépendances latines, guerre de 1812).

Le XXe siècle n’a pas échappé au pire avec deux Guerres Mondiales (1914-1918 et 1939-1945) sans oublier la Guerre Froide qui s’en est suivie.

Quant au jeune XXIe siècle qui n’a que 26 ans, déjà marqué par la « Guerre contre le terrorisme », il se trouve vivre d’importants et graves conflits armés qui bouleversent l’économie, l’énergie et la sécurité mondiale.

Nous ne reviendrons pas ici sur certains siècles qui ont connu des chocs transcontinentaux massifs, à l’instar du XIIIe siècle marqué par les conquêtes mongoles qui ont ravagé l’Asie et l’Europe de l’Est, créant un bloc de pouvoir allant de la Chine à la Hongrie. Ni au XIVe siècle qui a connu la Peste Noire, une « guerre biologique » involontaire qui a effondré les sociétés de l’Eurasie.

Autrement dit, lorsqu’on cherche un siècle de paix globale, on observe que l’histoire humaine n’a enregistré qu’une succession de cycles de tensions intenses. 

Toutefois, il n’est pas inutile de souligner que certains conflits majeurs ont été suivis de périodes de croissance exceptionnelle.

Car les guerres forcent l’innovation technologique (moteur à réaction, antibiotiques, internet) qui est ensuite transférée dans le civil. La reconstruction d’infrastructures modernes permet de remplacer les anciennes devenues obsolètes. De quoi booster l’économie , comme ce fût le cas avec les Trente Glorieuses après la seconde grande guerre mondiale.

À en croire l’historien Walter Scheidel auteur de Une histoire des inégalités, les guerres totales sont l’un des rares mécanismes capables de niveler les richesses. L’effort de guerre imposant souvent une fiscalité forte sur les plus riches et une meilleure redistribution pour maintenir la cohésion sociale.

Après avoir frôlé l’abîme, les sociétés développent souvent un désir de coopération, comme en témoigne la création de l’ONU, de la Sécurité Sociale en France en 1945.

Mais la guerre ne règle pas les problèmes de fond. Le traité de Versailles en 1919 n’a d’ailleurs pas « nettoyé » les tensions européennes, mais créé un sentiment de revanche qui a mené à 1939.

Bien que l’économie reparte post conflit, le coût humain et psychologique est immense. Et on retrouve là ce qui taraude bien des esprits.

Car les périodes de prospérité post-guerre sont souvent financées par une dette massive. Et le bien-être immédiat cache souvent un fardeau pour les générations suivantes.

Bien que la guerre traumatise, elle construit des institutions pour que « plus jamais ça » n’arrive. Or les générations qui n’ont pas connu la guerre arrivent au pouvoir et voient les institutions de paix comme des contraintes et font ressurgir les clivages.

C’est ce qu’on appelle parfois le « Cycle de Peter Turchin » sur les instabilités sociales : la paix finit par générer des inégalités et de l’arrogance chez les élites, ce qui recrée les conditions d’un nouveau conflit.

Mais il est un autre phénomène que ne peut omettre de souligner Women eLife, magazine féminin ouvert sur le monde. L’histoire montre que si la guerre est une tragédie, elle agit souvent comme un accélérateur brutal de l’émancipation féminine, forçant la société à briser des plafonds de verre par pure nécessité logistique.

Ainsi, avant 1914, la place de la femme était confinée à la sphère privée ou à des emplois subalternes jusqu’à ce que la « Grande Guerre » balaye tout.

Avec les hommes au front, les femmes sont devenues les « Munitionnettes » dans les usines d’armement et ont découvert l’autonomie financière et technique en conduisant des tramways, en gèrant des exploitations agricoles et en devenant infirmières de guerre.

En 1918, on demande aux femmes de « rentrer au foyer » pour laisser la place aux vétérans. Cependant, le « nettoyage » des mentalités est fait : le mouvement des Suffragettes gagne en puissance et le droit de vote est accordé dans de nombreux pays (Royaume-Uni 1918, Allemagne 1918, USA 1920). La France, plus conservatrice, attendra 1944.

Avec la Seconde guerre mondiale un changement de paradigme total s’est produit.

Aux États-Unis et en Europe, la femme devient le pilier de l’économie de guerre. Elle n’est plus seulement une « remplaçante », elle est une composante essentielle de la victoire. Ce à quoi nous assistons en Ukraine, confirme cette tendance.

Les femmes s’engagent politiquement et militairement. Ce rôle actif détruit l’argument sexiste selon lequel les femmes ne « paient pas l’impôt du sang » et ne méritent donc pas de décider du sort de la nation.

Et après que retenir des périodes de reconstruction ? Les Trente Glorieuses ont vu l’émergence de la société de consommation. L’apparition des appareils électroménagers ont libéré du temps domestique, permettant aux femmes de rester sur le marché du travail de façon permanente.

Après 1945, la rigidité morale, le machisme et la domination du patriarcat des siècles passés se sont effrités. Épuisées par la discipline de fer de la guerre, les sociétés ont renforcé la liberté individuelle. Cette tendance a directement conduit aux révolutions sociales des années 60 (pilule contraceptive, droit au divorce, autonomie bancaire).

Toutefois, la prudence s’impose lorsqu’on observe que l’éloignement de la menace de guerre fait renaître les clivages conservateurs. Des droits acquis que l’on pensait indéboulonnables (comme le droit à l’IVG dans certains pays), sont remis en question, oubliant que ces droits ont été conquis dans la douleur des grandes crises mondiales.

Bien que la guerre « nettoie » les structures sociales archaïques en rendant les femmes indispensables et que la prospérité qui suit permette de consolider ces acquis, le devoir de vigilance reste de mise. Car une fois que le souvenir du conflit s’efface et que le confort s’installe, la société a tendance à redevenir complaisante, laissant parfois la porte ouverte à un retour des vieux préjugés.

Au regard de ce qui précède, une question mérite d’être posée : l’émancipation et la reconnaissance des droits des femmes  à l’égalité peut -elle progresser par la paix et l’innovation, ou faut-il attendre le prochain « choc » mondial pour faire bouger les lignes ?

Après le chaos, les femmes sont souvent celles qui réparent le tissu social local (écoles, soins, économie de proximité) pendant que les structures étatiques peinent à faire valoir des droits.

De plus, un autre facteur non des moindres doit être pris en considération en ce XXIe siècle. Les guerres actuelles sont aussi numériques et économiques. Les femmes, aujourd’hui plus diplômées et présentes dans tous les secteurs d’activité, peuvent-elles influencer la « reconstruction » avant même que le conflit ne s’arrête ?

La différence moderne notable de ce à quoi nous assistons aujourd’hui dans plusieurs régions du globe et revêt un caractère menaçant avéré, réside simplement dans la vitesse à laquelle un conflit local peut s’étendre à l’échelle mondiale. En cause la globalisation de nos échanges commerciaux qui génère une dépendance économique mutuelle à laquelle il apparaît impossible d’échapper.

De quoi affirmer que la « reconstruction » ne doit pas être un simple retour à l’ordre ancien, mais constituer une opportunité de consolider des équilibres et droits dont l’évidente fragilité saute aux yeux.

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