CHRISTA PIKE : UNE PEINE DE MORT AVORTÉE AUX ÉTATS-UNIS QUI POSE QUESTION

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Cette première chronique de la semaine peut surprendre, voire choquer. Elle s’explique néanmoins pour plusieurs raisons sur lesquelles Women eLife choisit de s’arrêter. En cause : la tentative avortée d’exécution de Christa...

Cette première chronique de la semaine peut surprendre, voire choquer. Elle s’explique néanmoins pour plusieurs raisons sur lesquelles Women eLife choisit de s’arrêter. En cause : la tentative avortée d’exécution de Christa Pike, qui a incité d’éminents avocats, médecins et membres de communautés religieuses à réclamer un moratoire sur la peine de mort aux États-Unis.

On retiendra tout d’abord que le Death Penalty Information Center précise que la dernière exécution d’une femme dans le Tennessee remonte à 1820. Autrement dit, Christa Pike aurait été la première femme exécutée dans cet État depuis plus de 200 ans.

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Alors que le gouverneur du Tennessee a rejeté la demande de clémence et déclaré qu’il n’interviendrait pas pour empêcher son exécution, une requête de 226 pages soutenait que ses actes, commis alors qu’elle avait 18 ans, devaient être replacés dans le contexte de sévices sexuels graves et répétés ainsi que de négligence subis depuis la petite enfance, le tout aggravé par la défaillance des adultes et des institutions censés la protéger.

Toutefois, après avoir survécu à l’administration des doses d’injection létale, cette femme a dû être transportée d’urgence à l’hôpital et reste hospitalisée, inconsciente et sous assistance respiratoire à la suite de son exécution avortée. Les avocats ont précisé que, jeudi en fin de journée, le personnel hospitalier intervenait pour sauver la vie de Mme Pike en s’efforçant d’éliminer de son organisme le pentobarbital qui lui avait été administré.

Conscient de la gravité de cette situation, le gouverneur de l’État, Bill Lee, a ordonné une enquête indépendante sur l’exécution ratée de Pike et a suspendu les exécutions dans le Tennessee. Le chef de l’administration pénitentiaire du Tennessee a par ailleurs démissionné à la suite de cette défaillance.

Il n’est pas question de remettre en question et encore moins d’excuser l’acte criminel auquel Christa Pike, aujourd’hui âgée de 50 ans, n’a jamais nié avoir pris part en 1995. Condamnée à mort en 1996, à l’âge de 20 ans, pour le meurtre de Colleen Slemmer, 19 ans, dans un centre de formation professionnelle à Knoxville (Tennessee), aux côtés de son petit ami de l’époque Tadaryl Shipp — qui a pour sa part échappé à la peine de mort —, on est en droit de s’interroger sur une justice aux « deux poids, deux mesures ».

Diagnostiquée durant son incarcération comme souffrant de troubles bipolaires et de stress post-traumatique, Christa avait déclaré dans une précédente demande de grâce : « Il m’a fallu de nombreuses années pour réaliser la gravité de ce que j’avais fait. Et encore plus de temps pour accepter le nombre de vies que j’ai bouleversées. J’ai ôté la vie à l’enfant, à la sœur et à l’amie de quelqu’un. L’idée d’avoir été capable de commettre un tel crime me donne aujourd’hui la nausée. » Une prise de conscience tardive qui n’excuse en rien son passage à l’acte criminel, mais qui éclaire la complexité de son parcours.

Ce tumulte intérieur, cette longue attente face à l’inéluctable, une journaliste l’a perçu avec acuité. Ayant rencontré Christa Pike vingt ans plus tôt, elle confiait avoir passé toute la journée précédente à penser à cette femme, s’interrogeant sur le chaos mental qui devait l’habiter à l’idée d’aller mourir. À son réveil, apprenant qu’elle était vivante mais hospitalisée après l’échec de son exécution, le destin de Christa Pike continue de troubler les consciences aux États-Unis.

Face à la peine encourue, il est capital de retenir que son application reste suspendue à des dysfonctionnements qui peuvent parfois ne pas faire honneur à la justice.

LAST NEWS du 7 octobre 2026-

Nous avons appris hier que Christa Pike a finalement survécu à la tentative d’exécution du Tennessee le 30 septembre après avoir reçu deux doses de pentobarbital en raison de l’intervention des personnels hospitaliers qui l’ont pris en charge. Il est également précisé que cette femme est consciente et parle, mais restera hospitalisée pour de graves brûlures et des ampoules aux bras.

NB: En France, la peine de mort, qui faisait appel à la guillotine – code pénal de 1791 –, a été officiellement et définitivement abolie par la loi du 9 octobre 1981, portée par le garde des Sceaux Robert Badinter.

Aux États-Unis, 23 États ont aboli la peine de mort, 27 l’ont toujours dans leur législation, et 23 continuent d’y procéder à des exécutions. Dans les quatre autres États, la loi autorise toujours la peine capitale, mais les exécutions font l’objet d’un moratoire décidé par le gouverneur.

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