CAROL GUZY PHOTOGRAPHE AMÉRICAINE REMPORTE LE PRIX WORLD PRESS PHOTO 2026

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À l’issue de l’édition 2026 du Prix World Press Photo, Women eLife ne peut que reprendre la célèbre formule de Paris Match : « Le poids des mots, le choc des photos ». Force...

À l’issue de l’édition 2026 du Prix World Press Photo, Women eLife ne peut que reprendre la célèbre formule de Paris Match : « Le poids des mots, le choc des photos ». Force est de constater que celle-ci reste, aujourd’hui plus que jamais, d’une vérité flagrante.

Alors que notre rédaction faisait état hier de la disparition d’Amal Khalil, journaliste du quotidien Al-Akhbar tuée par l’armée israélienne près de la ville d’al-Tayri, la photographe Zeinab Faraj — qui l’accompagnait et a miraculeusement survécu — reste hospitalisée pour ses graves blessures.

Si le contexte diffère radicalement de celui des États-Unis, la violence qui frappe les témoins et les populations reste le dénominateur commun de ces drames.

Ainsi, la photo « Séparés par l’ICE » de l’Américaine Carol Guzy, publiée dans le Miami Herald et primée ce même jour, témoigne d’une autre forme de violence, presque insidieuse.

En immortalisant une famille de migrants séparée par les agents de l’ICE, Guzy ne capture pas un moment de douleur isolé. Elle apporte la preuve irréfutable de la dureté d’une politique gouvernementale appliquée systématiquement à des individus ayant pourtant respecté les règles de l’immigration.

Le jury international, présidé par Kira Pollack (ex-rédactrice chez TIME et Vanity Fair), l’a souligné avec justesse sur son site web : « La présence de la caméra dans ce couloir n’est pas fortuite, elle est essentielle. »

Bien d’autres clichés parmi les 3 747 photos soumises par des photographes de 141 pays méritaient d’être salués. On pense notamment à l’image de Saber Nuraldin montrant des Palestiniens tentant de récupérer de la farine sur un camion humanitaire, ou encore au travail de Victor J. Blue, qui a immortalisé la dignité des femmes mayas Achi devant un tribunal, suite à la condamnation pour crimes contre l’humanité de leurs anciens bourreaux.

Certes, nous regrettons que tant de ces images documentent des tragédies que nous voudrions voir disparaître. De Gaza à l’Ukraine, du Soudan aux crises climatiques et aux troubles sociaux, cette édition 2026 est un miroir sombre du monde. Mais fallait-il passer ces réalités sous silence ? Absolument pas !

Le travail de ces photographes s’inscrit dans une mémoire vive nécessaire. Pour découvrir plus de 300 photographies primées avant leur tournée internationale, rendez-vous à la Nieuwe Kerk d’Amsterdam dès la fin avril.

Avec toute notre admiration pour le travail de Carol Guzy et celui de l’ensemble des photographes engagés dont la présence et l’action en toutes circonstances sur divers terrains à la surface du globe demeurent indispensables.

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