Un jour, un chef d’État, non des moindres, annonce donner 48 heures à un pays belligérant pour débloquer le détroit d’Hormuz. Panique à bord !
Et le lendemain déclare finalement reporter de 5 jours son ultimatum en vue de frappes massives, en faisant état de très intéressantes et constructives discussions avec des autorités du pays visé par des bombardements intensifs, dont l’identité reste encore pour le moins mystérieuse.
Oui, c’est bien le coup de l’ardoise magique !
On pourrait en rire si le conflit armé engagé par Israël et les États-Unis au Moyen-Orient, aux préoccupantes répercussions économiques mondiales, ne s’engageait pas aujourd’hui dans sa quatrième semaine.
Les traders et boursicoteurs prêts à céder aux engagements d’un président toujours aussi imprévisible et souvent pris en défaut n’ont pas tardé à réagir.
Il n’aura fallu qu’un tweet signé Donald Trump s’annonçant prêt à reporter une intervention armée, pour que les places boursières reviennent dans le vert et les cours du pétrole baisse.
Mais pour combien de temps et à qui profite le crime de guerre ?
Surtout, comment est-il possible que les places financières et investisseurs se montrent aussi crédules en un laps de temps record ?
À moins qu’ils ne soient devenus de simples spectateurs d’une addiction au spectacle, acceptant la règle du jeu de l’ardoise magique parce que la réflexion profonde est devenue un coût émotionnel trop lourd à porter. C’est bien l’effet ardoise magique !
Mais peut-être n’avez-vous connu cet outil scolaire qui d’un coup de raclette sur écran gris permettait à l’époque de l’après seconde guerre mondiale de tout effacer ce qui s’y trouvait inscrit et donc de recommencer à zéro.
Toutefois, bien que cet instrument fort utile ne soit aujourd’hui plus d’usage dans l’univers scolaire, force est de constater qu’il a visiblement trouvé à se muer dans une version XXIe siècle appelée Tweet.
Pourtant, si le tweet efface virtuellement la tension sur les écrans du monde, les bombes, elles, ne s’effacent pas d’un coup de raclette : l’indécence de ce décalage entre le clic et le sang n’en finit pas de s’étaler.
Ah si seulement, il était possible pour tout un chacun de remédier en un clic à toute menace voire agression. Tweet again !
Il y a des jours où Women eLife ne peut s’empêcher de transgresser sa ligne éditoriale, tant certains phénomènes d’une actualité rugissante sautent aux yeux et sont source d’inspiration.
Ardoise magique ou tweet vous pouvez effacer ou supprimer la déclaration de Donald Trump qui faisait part de «très bonnes» négociations avec l’Iran.
Patrick Gorgeon
Rédacteur en chef
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