MARIE PERRIN CONFIRME EN MATIÈRE DE TERRES RARES LA THÉORIE DE LAVOISIER

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Si Antoine Lavoisier, père de la chimie moderne au XVIIIe siècle, a renversé la théorie phlogistique et établi la loi de conservation de la matière avec sa célèbre formule :...

Au moment où Donald Trump, président des États-Unis, sabre dans de nombreuses dépenses jugées selon lui inutiles, et impose des droits de douanes tous azimuts, provoquant des remous en matière d’échanges commerciaux au niveau mondial, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, et Emmanuel  Macron, président français, cherchent à attirer les chercheurs et scientifiques américains.

Alors que l’Europe compte débloquer 500 millions d’euros pour attirer des chercheurs américains, l’État français, bien mal en point sur le plan finances publiques, annonce par la voix de son président, mettre 100 millions d’euros sur la table pour les accueillir sur son sol.

Cette initiative a de quoi surprendre, les perles de la recherche made in America ayant en dépit de légitimes critiques à l’égard de l’administration Trump, quelques raisons de douter du réel intérêt de se lancer dans cette aventure . Et ce pour deux raisons essentielles : les conditions d’exercice des travaux de recherche et les rémunérations.

L’initiative, plus particulièrement française, conduit à se poser une question simple.

Pourquoi ne pas mettre plutôt  les 100 millions d’euros dans la recherche made in France, qui a le mérite d’exister, mais aussi d’avoir apporté la démonstration de ses capacités en termes d’innovations dans de multiples domaines ?

Si Antoine Lavoisier, père de la chimie moderne au XVIIIe siècle, a renversé la théorie phlogistique et établi la loi de conservation de la matière avec sa célèbre formule :  » Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », il n’est pas impossible que cette dernière ait inspiré Marie Perrin dans ses travaux de recherche. Cette chimiste de 28 ans, est la seule Française à figurer parmi les dix meilleurs jeunes innovateurs européens du « Young Inventors Prize » au milieu des quelques 450 candidats du monde entier qui ont participé à l’épreuve de sélection.

En cause, l’ingénieux processus qu’elle a mis au point pour recycler les terres rares, denrées indispensables dans la course aux innovations tous azimuts.

L’axe de ses recherches visant au recyclage des terres rares porte un nom : L’europium. Ce matériau assez unique, se retrouve dans toutes les applications de fluorescences, les téléphones, les écrans d’ordinateurs mais aussi dans tout ce qui est lampe. »

Sachant qu’à l’état naturel, l’europium est souvent très peu concentré, on comprend tout l’intérêt de le recycler. 

Mais pour mieux saisir ce qui l’a conduit à s’intéresser à l’europium, il n’est pas inutile de revenir sur son cheminement.

En réalité, tout a commencé pour elle avec la récupération des néons cassés en déchetterie. »  Marie Perrin explique que le processus de recyclage qu’elle a mis au point fonctionne en trois étapes : « La première, c’est de récupérer la poudre luminescente blanche qui fait qu’une ampoule brille quand on l’allume donc il faut la séparer du verre. » Ensuite, cette poudre est dissoute dans un acide afin d’obtenir une solution riche en terres rares. La troisième étape consiste à ajouter au mélange un autre composé, appelé extractant, des petites molécules qui ont une affinité forte avec l’europium.

Pour simplifier l’explication du processus suivi, elle n’hésite par à faire une comparaison culinaire qui ne manque pas de sel lorsqu’elle explique : « En fait, c’est un peu comme si on préparait une pâte à pizza et qu’ensuite on nous demandait de récupérer le grain de sel. Il faut quelque chose d’extrêmement sélectif de ce grain de sel et c’est ce qu’on a réussi à obtenir avec cet extractant »

Mais croire que les recherches en recyclage de terres rares de cette chimiste, qui vient de créer une start-up, représentent son seul champ d’investigation, serait une erreur.

Marie Perrin combine en réalité plusieurs disciplines scientifiques : la chimie organique (synthèse des inhibiteurs), la biochimie (étude des interactions inhibiteurs-ASF1) et la biologie structurale (analyses des complexes formés par spectroscopie RMN et cristallographie aux rayons X). Elle est convaincue que combiner un maximum d’aspects scientifiques l’aidera à mettre au point des médicaments innovants à l’origine de nouvelles thérapies pour les patients.

Son exemple démontre à l’envie que chercheurs et chercheuses existent en France. Sans nier l’intérêt majeur de coopérations au niveau international, force est de constater que la recherche française, dispose d’un fort potentiel et a donc toutes raisons d’être encouragée et soutenue.

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