Alors que les conflits meurtriers s’étendent dans la plupart des régions du globe, celui qui oppose Inde-Pakistan, est venu s’ajouter à une déjà longue liste.
Il n’en fallait pas plus pour que Donald Trump qui semble à sa façon, chercher à éteindre le feu de tout bois, annonce dès samedi dernier un « cessez-le-feu » immédiat et total avant qu’Islamabad ne confirme.
Le rapprochement de ces deux nations, toutes deux puissances nucléaires, n’a néanmoins rien d’évident. D’où l’inquiétude générée par le risque de confrontation aux multiples conséquences. Issues d’une même histoire qui a été marquée par des explosions de haine entre majorité hindoue et minorité musulmane, les récentes tensions liées à l’attentat qui a tué 26 touristes au Cachemire indien, n’ont fait qu’attiser une ambiance délétère.
Pour mieux comprendre, il faut tout d’abord s’en référer à l’Histoire, et remonter à février 1947, lorsque Londres a dépêché à Delhi Louis Mountbatten (46 ans), cousin de la future reine Elizabeth II, en qualité de vice-roi des Indes (ou gouverneur général) qui a su dénouer le conflit. L’Inde indépendante est ainsi née officiellement dans la nuit du 14 au 15 août 1947, à minuit. Sa naissance fût annoncée à Delhi par le chef du gouvernement, Jawaharlal Nehru. Quelques heures plus tôt, à Karachi, le rival de ce dernier, Ali Jinnah, proclamait la création du Pakistan.
Cette double naissance est l’aboutissement de longues et douloureuses tractations entre le colonisateur britannique résigné à quitter les Indes dès 1930 et les Indiens mais plus encore entre les Indiens eux-mêmes. Le Congrès national indien, qui regroupe les élites hindoues, réclamait dès le début du XXe siècle l’autonomie, voire l’indépendance. Quant à la Ligue musulmane, toute aussi désireuse de voir partir les Anglais, elle exigeait pour sa part la création d’un État proprement musulman, le Pakistan.
En dehors des aspects, politiques, économiques, sociaux, culturels et religieux, dans ces deux pays, naître et vivre en tant que femme reste un défi quotidien.
En Inde, les lois protègent les femmes. Toutefois, les traditions restent lourdes et ne peuvent cacher les violences sexuelles, mariages précoces, féminicides pour cause de dot…auxquelles ces dernières ont à faire face. Malgré cela, les femmes indiennes se battent. Elles parviennent à occuper des postes en politique, brillent au cinéma, dans le sport et la science. Des figures comme Indira Gandhi, Deepika Padukone, ou la boxeuse Mary Kom incarnent cet élan d’émancipation.
Au Pakistan, le combat est tout autre.
Dans ce pays où la charia imprègne encore le droit, les violences sont omniprésentes. Crimes d’honneur, mariages forcés et inégalités économiques laissent peu de place aux rêves.
Pourtant, des femmes comme Malala Yousafzai, prix Nobel de la paix en 2014, ou la journaliste Asma Shirazi qui a remporté de nombreux prix et a été la première femme journaliste de guerre du Pakistan en 2006, avant de devenir également membre de la Coalition pour les femmes dans le journalisme, osent défier l’ordre établi et prendre la parole.
Pour comprendre ce qui distingue les femmes de ces deux pays, une première information reflète la réalité que ces dernières sont amenées à vivre. En Inde,
70 % des femmes sont alphabétisées, contre 47 % au Pakistan. Bien que la participation économique des femmes reste dans ces deux pays sous les la barre des 25 %, ces statistiques, ne permettent aucune déduction hâtive. Car en Inde où des femmes parviennent à obtenir des postes à responsabilité comme le montrait notre dernière chronique portant sur le tourisme féminin. Mais dans ce pays comme au Pakistan des vies, des luttes, des résistances témoignent des difficultés rencontrées par le gent féminine.
Et en dépit de nombre de blocages et d’interdits, les Indiennes et Pakistanaises avancent.
Elles se lèvent, elles parlent, elles dénoncent, et peu à peu, elles parviennent à imposer leur présence dans l’espace public, dans la politique et les médias.
Finalement, qu’elles soient indiennes ou pakistanaises, ces femmes poursuivent une même aspiration : celle d’être libres, égales et reconnues.
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