QUAND LE FESTIVAL DE CANNES DONNE À VOIR UNE MORT QUE LE MONDE DOIT ENTENDRE
En émettant, lors d’interviews, le vœu que son film documentaire « Put Your Soul on Your Hand and Walk » projeté lors de la 78e édition du Festival de Cannes, interpelle et reste gravé dans les mémoires, la réalisatrice franco-iranienne, Sepideh Farsi, a bien compris à quel point certains évènements et témoignages, ne doivent à aucun prix s’effacer voire disparaitre au fil du temps. Alors que jusqu’ici plus de 200 journalistes sont morts dans l’exercice de leur métier, à Gaza, territoire bombardé sans relâche par l’armée israélienne, Fatma Hassouna, photoreporter, est l’héroïne de ce documentaire projeté au Festival de Cannes. Elle y raconte sur place cette guerre épouvantable qui a déjà fait plus de 51.000 innocentes victimes civiles. Mais, cette jeune femme palestinienne de 25 ans surnommée « l’œil de Gaza » dont les photos ont été publiées dans plusieurs médias internationaux, parmi lesquels The Guardian, a été tuée avec sa famille à Gaza, sous les bombes israéliennes, le 15 avril 2025. Sepideh Farsi, déjà réalisatrice de plusieurs films à l’instar de « Filles d’Iran« , un court métrage composé d’images de manifestations de caméras anonymes et dédié non seulement aux Iraniennes, à sa fille, mais à toutes les voix unifiées par un même combat ou encore Red Rose (2014) qui retrace le fossé entre deux générations et deux révolutions, partageait pourtant avec Fatma Hassouna, le même objectif, y compris celui d’être toutes deux présentes au Festival de Cannes. Bien avant que ce dernier n’ait lieu, l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). expliquait dans un communiqué « avoir visionné et programmé un film où la force de vie de cette jeune femme tenait de l’ordre du miracle ». Il s’agissait bien de « Put Your Soul on Your Hand and Walk ». Empêchée de se rendre à Gaza, Sepideh Farsi a pu obtenir puis réunir les témoignages de Fatma Hassouna recueillis par téléphone et visio. Et le résultat est sans appel ! Grâce à ce documentaire, le sort des Palestiniens a bien été projeté et salué à Cannes. Autrement dit, deux vœux semblent accomplis. Celui de Sepideh Farsi qui a déclaré : « J’entends parfois dire que les festivals doivent rester artistiques, apolitiques. Mais pourquoi établir une telle ligne de démarcation ? Quand il s’agit de parler d’un génocide, cette séparation me semble absurde. (…) C’est une guerre contre une population civile qui n’y est pour rien. Ce film existe pour donner un visage et une voix, aux victimes palestiniennes.« Mais aussi celui de Fatma Hassouna qui écrivait dans un post Facebook : «Si je meurs, je veux une mort bruyante. Je ne veux pas être une simple nouvelle, ou un numéro dans un groupe. Je veux une mort que le monde entendra, un impact qui restera dans le temps, et une image intemporelle qui ne peut pas être enterrée par le temps ou le lieu.»
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