« TYPHOON » UNE UNITÉ DE FEMMES UKRAINIENNES MAÎTRISANT LE MANIEMENT DE DRONES

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Cette chronique est tirée d’un reportage effectué par trois journalistes Siobhán O'Grady, Kostiantyn Khudov et Oksana Parafeniuk, paru le 28 novembre, dans le Washington Post. Réalisé en Ukraine, ce dernier présente...

Cette chronique est tirée d’un reportage effectué par trois journalistes Siobhán O’Grady, Kostiantyn Khudov et Oksana Parafeniuk, paru le 28 novembre, dans le Washington Post.

Réalisé en Ukraine, ce dernier présente tout d’abord pour intérêt de faire écho à l’une des dernières informations publiée la veille sur Women eLife sous le titre : «  Engagement féminin pour la sécurité  et la défense  du pays » . Il y était question de l’annonce par Emmanuel Macron, de la nécessaire mobilisation de la jeunesse française face aux risques actuels, impliquant la mise en place d’un service militaire volontaire.

Cette décision avait conduit  votre magazine féminin ouvert sur le monde à mettre en lumière la place et le rôle des femmes déjà engagées dans les différents corps  de l’armée française. L’occasion de mettre également l’accent sur l’influence d’une nouvelle forme de guerre, désormais davantage basée sur le recours aux nouvelles technologies, davantage susceptibles d’attirer les filles et femmes. 

Et comme vous allez le constater à la lecture de ce qui suit, de jeunes Ukrainiennes se sont engagées aux côtés d’hommes pour soutenir les actions menées sur le terrain pour défendre leur pays contre les offensives russes, et ont par le maniement de drones, fait de ces nouvelles armes dont l’utilisation s’avère désormais incontournable leur spécialité.

Ce qui s’est produit près de quatre ans après le début de l’invasion russe, illustre un véritable changement de paradigme en termes de recrutements. Auparavant, les femmes étaient officiellement interdites de combat. Elles s’engageaient plutôt comme infirmières, cuisinières ou occupaient des emplois administratifs. Et bien que certaines femmes aient combattu en première ligne malgré ces restrictions, ces dernières ne bénéficiaient pas des mêmes avantages que les soldats masculins. Or, force est de constater que les femmes occupent de plus en plus des rôles de combat autrefois réservés aux hommes.  Face aux difficultés de recrutement l’armée ukrainienne a dû se transformer. Au début de cette année, plus de 70 000 femmes se sont engagées dans l’armée ukrainienne, soit une augmentation de 20 % depuis 2022. Actuellement, environ 5 500 d’entre elles servent dans des rôles de combat. 

Aujourd’hui, l’équipe de Daria qui commande l’équipe chargée des drones avec quatre femmes sous ses ordres, est la première de la Garde nationale ukrainienne à opérer entièrement sans hommes. Elle conduit son propre véhicule, transporte son propre équipement, fabrique ses propres explosifs et lance des drones armés le long du front sud-est. Si lors de la première invasion de l’Ukraine par la Russie en 2014, un tel dispositif aurait été impossible, tel n’est plus le cas depuis quelques temps. 

Les réformes ont débuté en 2016, mais c’est en 2022, année où la Russie a lancé son invasion à grande échelle, que l’Ukraine a levé les restrictions qui empêchaient les femmes d’occuper les mêmes postes d’officiers que les hommes. Le 24 février 2022, jour où les troupes russes ont envahi les frontières ukrainiennes, Daria, alors âgée de 35 ans, s’est présentée à un bureau de recrutement à Kyiv. Diplômée d’un stage de tireuse d’élite volontaire, et maîtrisant les fusils d’assaut pour avoir suivi une formation aux premiers secours et aux tactiques de combat, sa demande d’incorporation ne reçu pas au départ un accueil favorable. 

Toutefois, après avoir assisté avec horreur à la prise de sa ville natale, dans la région de Kherson, au sud du pays, par la Russie, Daria a néanmoins pris la décision de quitter son ancien emploi dans le marketing de produits pour bébés.  C’est alors qu’elle a rejoint la garde nationale, s’est entraînée au pilotage de drones d’attaque et a été déployée sur certains des champs de bataille les plus difficiles de la guerre, notamment à Avdiivka, où elle était la seule femme parmi les 30 soldats hommes de son unité. 

L’homme commandant précédemment l’unité spéciale de drones de la Garde nationale, appelée Typhoon, constata que toutes les jeunes femmes talentueuses de son unité ne s’épanouissaient pas pleinement.  Il proposa alors à Daria, déjà commandante d’une autre équipe de drones de commander un nouveau groupe, cette fois composé exclusivement de femmes. Dans un premier temps, elle refusa. Mais après mure réflexion, elle estima qu’il pouvait s’agir d’ une expérience intéressante, susceptible de lui permettre ainsi qu’à d’autres femmes de se concentrer enfin sur leur mission, et non sur leur genre. Et c’est ainsi que fût créé un groupe Typhoon, composé exclusivement de femmes maîtrisant parfaitement le maniement de drones.

L’histoire de Daria et de l’unité Typhoon n’est pas seulement un fait d’armes ukrainien, c’est un symbole puissant et universel. Elle démontre que la nouvelle ère de la guerre, basée sur l’intelligence et la technologie des drones, est aussi celle qui brise les dernières barrières de genre.

Ces femmes ne demandent pas de passe-droits. Elles exigent d’être jugées sur leurs compétences et leur efficacité : une philosophie qu’elles incarnent en devenant la première unité 100% féminine de la Garde nationale. En maîtrisant le ciel, les femmes de Typhoon ne défendent pas seulement l’Ukraine, elles redéfinissent l’héroïsme et prouvent au monde que l’égalité se conquiert aussi en première ligne. Leur message est clair : dans l’engagement pour la sécurité et la défense, il n’y a pas de genre qui compte.

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