SUR FOND DE TRÊVE LE DOUBLE SENTIMENT DES PALESTINIENS : LIBERTÉ ET DOULEUR 

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Bien que l’investiture de Donald Trump réélu à la présidence des États-Unis pour un nouveau mandat de quatre ans fasse aujourd’hui la une de tous médias, Women eLife tend à privilégier...

Bien que l’investiture de Donald Trump réélu à la présidence des États-Unis pour un nouveau mandat de quatre ans fasse aujourd’hui la une de tous médias – la cérémonie officielle devant être retransmise à 18H30, heure de Paris –  son retour à la Maison Blanche va sans nul doute entrainer par la suite une focalisation sur les décisions de portée nationale et internationale qu’il va prendre dans de multiples domaines.

 C’est la raison pour laquelle, après avoir salué, dimanche dernier, la libération des trois premières otages israéliennes qui ont été détenues pendant 471 jours, Women eLife tend à privilégier les espoirs de paix déclenchés par l’accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. 

Car cette guerre a jusqu’ici provoqué à Gaza un massacre de civils palestiniens, avec plus de 43.000 morts et un nombre incalculable de blessés souvent graves, parmi lesquels figure une majorité d’innocentes victimes, qu’il s’agisse d’hommes, de femmes et surtout d’enfants.

Si le tout dernier dénouement de ce sinistre conflit armé permet d’esquisser un espoir de sortie de crise pour une population meurtrie, plongée au milieu de destructions massives et un état de misère indigne, affirmer aujourd’hui que le problème est désormais résolut, et que tout ira mieux demain, serait ignorer le contexte géopolitique au Proche et Moyen-Orient.

D’où l’intérêt de revenir sur les témoignages de Palestiniennes détenues dans des prisons en Israël qui ont pu regagner leur pays et parfois, dans certains cas, retrouver leurs proches. Ces derniers illustrent clairement le double sentiment qu’ils expriment entre liberté et douleur.

Les prisonniers, hommes et femmes, dont la plupart ont été libérés ce lundi, aux premières heures, de la prison d’Ofer à Ramallah en Cisjordanie occupée, ont été accueillis par des milliers de personnes en liesse, agitant les drapeaux de la Palestine et du Hamas.

Des mères, des pères, des frères et sœurs et des amis ont attendu des heures dans le froid pour embrasser leurs proches dans le cadre de l’accord.

Tel est le cas de Shatha Jarabaa, 24 ans, qui a été arrêtée pour avoir publié sur les réseaux sociaux une publication critiquant la « brutalité » de la campagne israélienne à Gaza. « Je suis très heureuse ! Dieu merci, je suis dehors. Ils m’ont très mal traitée en prison. C’était horrible », a-t-elle déclaré au Guardian. Elle a été accueillie par son père, Nawaf Jarabaa, 63 ans, qui reconnaissait plus tôt : « Je suis heureux, mais pas trop heureux… Ma fille a été arrêtée simplement pour avoir exprimé ses idées… Ce qui me dérange le plus, c’est que les gens pensent que les Israéliens ne se comportent de cette façon envers nous que depuis le 7 octobre, mais la vérité est que cela a toujours été comme ça. »

Alors qu’un convoi de la Croix-Rouge est arrivé, entouré d’une foule de Palestiniens, le jour où le cessez-le-feu à Gaza a été ratifié conduit une Palestinienne emprisonnée à déclarer : « Je n’arrive pas à croire que j’ai survécu » :

Son impatience a également été tempérée, deux autres enfants n’ayant pas été inclus dans l’accord.

Un autre prisonnier libéré était Ahmad Khsha, 18 ans, qui avait été arrêté en janvier 2024 à Jénine précise : « Ils m’ont arrêté parce que mon frère est mort lors d’une fusillade à Jénine.  » Ils ont fait une descente dans nos cellules samedi avant de nous libérer et nous ont jeté des gaz lacrymogènes. Ils nous ont torturés dans la cellule, tous les jours. Ils ont également torturé et maltraité les femmes. »

Osama Shadeh, qui attendait de retrouver sa fille de 17 ans, Aseel, a déclaré : « Il est difficile de décrire l’émotion que nous ressentons en ce moment. »

Khawlaha Mahfouz, 53 ans, dont la fille Ayat, 33 ans, d’Hébron, a été arrêtée en juin 2024 pour une tentative d’attaque au couteau, a également exprimé des sentiments mitigés. « Je suis heureuse, [mais] en même temps, mon cœur est triste et je ne me sens pas prête à célébrer avec tout ce qui se passe à Gaza. »

Un « double sentiment », c’est ainsi que la détenue libérée la plus célèbre, Khalida Jarrar, 62 ans, l’a décrit. Jarrar est un membre dirigeant du Front populaire de libération de la Palestine, une faction laïque de gauche qui a participé à des attaques contre Israël dans les années 1970, mais qui a ensuite réduit ses activités militantes. Depuis son arrestation fin 2023, elle est détenue en détention administrative indéfiniment renouvelable – une pratique largement critiquée qu’Israël utilise contre les Palestiniens.

« Nous vivons dans un double sentiment. D’un côté, ce sentiment de liberté, pour lequel nous remercions tout le monde, et de l’autre, cette douleur, d’avoir perdu tant de martyrs palestiniens », a-t-elle déclaré à l’Associated Press.

Women eLife a une pensée particulière pour les enfants et adolescents qui ont été sacrifiés sur l’autel de la déraison à Gaza lors d’offensives armées d’une rare violence aveugle qui resteront gravées dans les corps et les esprits des survivants palestiniens comme israéliens.

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