Qu’une femme venue de Macédoine du Nord accède à la direction stratégique de l’OTAN, en qualité de secrétaire générale déléguée, n’a rien d’anodin et ne doit pas échapper à votre curiosité. Car, Radmila Shekerinska, 53 ans, n’est pas une novice en matière de gouvernance et de défense. Ancienne vice-première ministre et deux fois ministre de la Défense de son pays, elle a conduit avec succès l’intégration militaire de la Macédoine du Nord dans l’Alliance, devenue son 30e membre en 2020.
Réformatrice convaincue, elle a piloté la transformation des forces armées de son pays et contribué à leur engagement dans les opérations de l’OTAN au Kosovo, en Afghanistan et en Iraq. Elle s’est également illustrée comme ardente défenseur des questions de genre dans les forces armées et au sein des institutions internationales.
Le 19 juin dernier, c’est au Salon international de l’aéronautique et de l’espace du Bourget que Radmila Shekerinska a livré un message clair aux représentants des industries de défense des pays alliés. À l’approche du sommet de l’OTAN à La Haye, elle a rappelé les priorités : investir massivement, moderniser les capacités de défense, et accélérer l’intégration des technologies de pointe.
Dans ses échanges, elle a insisté sur l’importance de renforcer la coopération industrielle entre les deux rives de l’Atlantique pour garantir à l’Alliance les moyens de faire face aux nouvelles menaces, qu’elles viennent du Moyen-Orient ou d’Europe de l’Est.
Le sommet de La Haye s’annonce crucial. Alors que Donald Trump continue de réclamer aux Européens qu’ils assurent leur propre sécurité et que l’ombre du conflit en Ukraine plane sur le continent, les Alliés devraient annoncer une hausse historique de leurs investissements en matière de défense. L’objectif : atteindre 5% du PIB, dont 3,5% pour les dépenses militaires strictes.
À cela s’ajoute l’incertitude provoquée par l’initiative américaine d’envoyer des bombardiers B-2 frapper les installations nucléaires iraniennes et par l’annonce encore incertaine d’un cessez-le-feu entre Israël et l’Iran. Autant de défis pour une OTAN qui cherche à maintenir son unité et à préserver la stabilité régionale à ses portes, mais aussi bien au-delà.
Dans ce contexte géopolitique tendu, la question reste entière : Radmila Shekerinska saura-t-elle peser de tout son poids pour défendre les équilibres européens et apaiser les tensions transatlantiques ? Forte de son expérience politique, de sa capacité à bâtir le consensus et de son engagement pour la place des femmes dans les forces armées, elle pourrait bien s’affirmer comme une pièce maîtresse dans le jeu diplomatique des mois à venir.
Il reste désormais à souhaiter que les sentiers de la guerre, laissent place aux sentiers de la paix !
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