L’expression « pas de deux », qui fait référence en danse à une séquence exécutée ensemble par deux interprètes, trouve tout son sens sur la scène géopolitique actuelle, sur fond de tensions au Moyen-Orient. Il convient également de saluer le rôle des pays du Golfe et du Pakistan, qui ont activement contribué à faire entendre raison aux belligérants.
Bien que la prudence reste de mise, force est de reconnaître que l’annonce par Donald Trump, sur son réseau social, d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran doit être interprétée comme un signal encourageant. Alors que le président américain n’en est pas à son premier message rassurant – il s’agit tout de même du 37e épisode d’une série à suspens –, la diplomatie semble avoir remporté une réelle victoire. Elle confirme être la seule voie capable d’éviter l’exacerbation d’un climat d’extrême tension, à l’origine de profonds désordres économiques, financiers et sociaux à l’échelle planétaire.
Le protocole d’accord qui doit mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël contre l’Iran, et qui devrait être signé vendredi en Suisse, a eu deux effets immédiats : une réaction euphorique des places boursières et une chute spectaculaire des cours du pétrole.
Cette baisse brutale des prix s’est produite malgré les avertissements selon lesquels la remise en service des infrastructures énergétiques du Golfe pourrait prendre des mois, voire des années. La réouverture des sites pétroliers et gaziers reste un processus complexe, certaines installations ayant été endommagées par des attaques de drones. Se pose également la question de savoir si les compagnies maritimes et les assureurs jugeront le détroit d’Ormuz suffisamment sûr pour la navigation.
Sachant que de nombreux points restent à résoudre pour mettre fin aux hostilités, les espoirs devront se reporter sur la nouvelle phase diplomatique de 60 jours qui suivra la signature du protocole d’accord à Genève. En l’état, le texte final annoncé dimanche par Donald Trump n’a pas encore été publié et les détails restent rares concernant plusieurs points clés, tels que l’accès au détroit d’Ormuz, le programme nucléaire iranien et l’avenir du Liban.
Aussi, avant que « le pétrole coule à flots ! » – pour reprendre l’expression du président des États-Unis –, le rôle d’un autre acteur dans ce conflit armé ne peut être négligé. En d’autres termes, le pas de deux en faveur de la paix se transforme en un délicat pas de trois. Les éléments de la partition apparaissent en effet difficiles à accepter pour Israël, qui n’a pas été inclus dans les négociations avec l’Iran en raison d’un désaccord majeur portant sur l’inclusion du Liban dans l’accord.
Comment taire le nombre de victimes civiles innocentes – hommes, femmes, enfants – dues aux offensives de l’armée israélienne comme du Hezbollah à Beyrouth et dans sa banlieue sud ? Ces violences ont elles-mêmes été dénoncées par Donald Trump, qui n’a pas manqué de critiquer les décisions de Netanyahou.
Or, si le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a été sans équivoque quant à la portée de l’accord, déclarant que « la fin définitive et immédiate de la guerre a été déclarée sur tous les fronts, y compris au Liban », le médiateur Sharif a été tout aussi clair en affirmant que « les deux parties ont déclaré la cessation immédiate et définitive des opérations militaires ».
Annoncer un protocole d’accord de fin de guerre le jour d’un 80e anniversaire est une chose. Mais empêcher que certains acteurs ne viennent souffler sur des braises que rien ne paraît pouvoir éteindre relève quasiment d’un exploit. Un exploit qui reste, en l’occurrence, à accomplir pour garantir une paix durable au Moyen-Orient.
Patrick Gorgeon
NB: Women eLife qui a pu suivre la conférence de presse donnée aujourd’hui en France à Evian-Les-Bains, lors du G7, par Donald Trump et Emmanuel Macron, concernant le protocole d’accord de fin de guerre entre les États-Unis et l’Iran dont la signature doit avoir lieu à Genève vendredi, reviendra sur cet événement prochainement.

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