L’Europe qui est soumise à bien des turbulences liées entre autres à la géopolitique, l’économie, les échanges commerciaux, la santé, l’environnement, les technologies d’avenir, se préoccupe également de la condition féminine. Dans cet esprit, elle s’est dotée d’un Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique (GREVIO) chargé de veiller à la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul que la France a ratifiée le 4 juillet 2014.
En ce 6 février 2025, Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF), les rapports d’évaluation thématique du GREVIO consacrés au thème “Etablir un climat de confiance en apportant soutien, protection et justice », publiés l’année dernière, ont mis en exergue les objectifs que se fixe la Convention du conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique : prévenir et lutter contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique; protéger les droits des victimes; promouvoir la coopération nationale et internationale en vue d’éliminer la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Les travaux des experts ont mis en évidence les progrès, mais aussi les difficultés auxquelles se heurte la répression de cette pratique néfaste en Europe au cours des dernières années.
La Convention d’Istanbul reste l’instrument juridique le plus complet d’Europe contre la violence fondée sur le genre, y compris les MGF. Elle exige des Parties qu’elles prennent les mesures suivantes :
- Reconnaissance des MGF en tant qu’infraction pénale en vertu de l’article 38, ce qui oblige toutes les Parties à poursuivre les auteurs – y compris dans les cas commis à l’étranger.
- Renforcement de la prévention : les Parties doivent mener des campagnes de sensibilisation, former des professionnel·les et mettre en place de meilleurs mécanismes de signalement pour protéger les filles à risque.
- Les victimes doivent bénéficier de services de soutien spécialisés, notamment d’une assistance médicale, juridique et psychologique.
- Le risque de MGF peut servir de motif d’asile, ce qui garantit que les femmes et les filles qui cherchent une protection contre cette pratique ne sont pas renvoyées dans des environnements dangereux.
Malgré certains progrès législatifs, les lacunes en matière de mise en œuvre, de sensibilisation et de collecte de données entravent les efforts visant à mettre fin aux MGF. Sur la base des conclusions du GREVIO et des dispositions de la Convention d’Istanbul, des efforts supplémentaires sont nécessaires pour garantir une application plus stricte des lois, une meilleure protection des survivantes et des efforts de prévention plus importants.
Toujours dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul, le GREVIO a également constaté que la dimension numérique de la violence fondée sur le genre commise en ligne, ainsi que les agressions contre les femmes, facilitées par la technologie sont souvent négligées dans les lois et politiques nationales.
Dans ce domaine, la recommandation définit l’expression « dimension numérique de la violence à l’égard des femmes » de manière suffisamment vaste pour couvrir à la fois les actes de violence commis en ligne et ceux commis au moyen des technologies, y compris celles n’ayant pas été encore développées. C’est la raison pour laquelle, la recommandation propose là encore des mesures spécifiques à prendre en se fondant sur les quatre piliers de la Convention d’Istanbul : prévention, protection, poursuites et politiques coordonnées.
Women eLife reviendra prochainement sur ce point qui prend une ampleur considérable à l’heure où l’univers numérique se conçoit sur fond d’avancées considérables de l’intelligence artificielle (IA) qui en dépit des progrès considérables qu’elle génère dans des secteurs comme la santé, l’industrie, les services, prend une nouvelle dimension concernant notamment la violence à l’égard des femmes.
Laissez un commentaire