Compte tenu du torrent d’informations qui se déverse quotidiennement sur fond de tensions géopolitiques aux multiples conséquences économiques, financières et sociales et de prochaines élections en France comme dans beaucoup d’autres pays, un évènement politique survenu dernièrement retient l’attention.
Il s’agit de la nomination, le 29 septembre, par le roi du Maroc, Mohammed VI, de Fatima Ezzahra El-Mansouri à la tête de l’exécutif. Un sujet qui, dans le flot de l’actualité internationale, n’a guère semblé retenir l’attention des médias, chez nous comme dans beaucoup d’autres pays.
Pourtant, cette nomination de la maire de Marrakech au poste de première ministre du Maroc, près d’une semaine après la victoire de son parti le Parti Authenticité et Modernité (PAM), aux législatives, marque dans ce pays un temps fort.

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Reçue par le Souverain, la désormais Cheffe du gouvernement a souligné que cette Audience Royale « a été l’occasion de recevoir les Hautes Orientations de Sa Majesté le Roi pour la gestion de l’étape à venir ».
Elle a tenu à souligner que sa nomination constitue un moment « historique pour son pays ». Il est vrai que c’est la première fois qu’une femme est nommée à la tête d’un gouvernement au Maroc, ce qui selon ses propres termes : « constitue une source de fierté pour moi et pour toutes les femmes du pays ».
Pour mieux comprendre ce qui a justifié sa nomination à la tête du gouvernement marocain, il n’est pas inutile de revenir sur son parcours, mais aussi ses ambitions, sans revenir en détail sur sa carrière lorsque dès 2007, elle fut membre du Mouvement de tous les démocrates et membre fondateur du Parti Authenticité et Modernité en 2008 avant d’en être la Présidente de 2015 à 2024.
Coordinatrice de la direction collégiale du Parti Authenticité et Modernité depuis cette date, Mme El Mansouri a été classée par le magazine Forbes en 2014 à la tête des 20 jeunes femmes les plus influentes d’Afrique, et nommée la même année Young Global leader.
Mais quels sont ses projets pour le Maroc ?
Ce que l’on sait, c’est que sans plus attendre, des concertations internes au niveau de sa formation politique, ainsi qu’avec tous les partis, ont débuté afin de proposer un gouvernement qui soit à la hauteur des attentes de Sa Majesté le Roi et de l’ensemble des citoyennes et citoyens.
Face à la défiance d’une partie des citoyens envers la classe politique, la première ministre marocaine sait qu’il lui faudra prendre le taureau par les cornes. Les questions liées au chômage, aux inégalités et au pouvoir d’achat ont en effet occupé une place importante dans les débats de campagne. Il en fut de même concernant le manque de perspectives pour une partie de la jeunesse marocaine.
Aussi Fatima Ezzahra El-Mansouri a-t-elle tenu à déclarer : « Nous sommes parfaitement conscients de l’importance de cette étape et des grandes attentes des citoyennes et citoyens, notamment des jeunes », avant de préciser : « nous allons élaborer un programme proposant des solutions réalistes et concrètes ».
Elle a également souligné que « le Maroc, qui a fait le choix d’une réforme progressive, fait aujourd’hui passer le principe de la promotion de la représentation des femmes du niveau de l’ambition et du discours à celui de la responsabilité exécutive suprême ».
Pour l’Ambassadeur Youssef Amrani, cette étape a une portée internationale. Il reconnaît que le Maroc apparaît, à travers la nomination de cette femme à la tête du gouvernement marocain, comme un pays où les femmes peuvent désormais accéder à la plus haute fonction gouvernementale. Ses propos confirment que la présence féminine a progressivement investi les communes, le Parlement, les administrations, les entreprises, la diplomatie, la justice, l’université et le gouvernement.
Ces dernières participent activement à toutes les phases et impactent tant la réflexion que la mise en œuvre de toutes les politiques et transformations. Fatima Ezzahra El-Mansouri a d’ailleurs affirmé que sa nomination est porteuse d’un message à l’adresse de l’ensemble des femmes pour œuvrer au sein d’une société harmonieuse avec toutes ses forces vives.
Quoi qu’il en soit, cette nouvelle étape politique au Maroc intervient dans un contexte où le Royaume prépare plusieurs échéances majeures, notamment la co-organisation de la Coupe du monde 2030, tout en poursuivant un agenda national axé sur la croissance, les infrastructures et les services publics.
La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri marque donc une séquence particulièrement significative de l’histoire contemporaine du Maroc. Selon Youssef Amrani, elle traduit à la fois la continuité, la stabilité et l’ambition d’un Royaume qui poursuit l’évolution de ses institutions et ouvre, avec cette première féminine, un nouveau chapitre de sa vie politique.
À la question : « La société marocaine va-t-elle connaître de profonds changements et les Marocains et Marocaines vont-ils trouver dans les actions que va devoir mener le nouveau gouvernement de meilleures perspectives sur le plan économique et social ? ». Seul l’avenir le dira !

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