Cette chronique s’inscrit dans le prolongement de la précédente, consultable sur Women eLife sous le titre : « MASCULINISME : ALEXANDRE LEDRAIT EN EXPLIQUE LES RACINES ET POSSIBLES REMÈDES AU SÉNAT ».
Mais avant d’évoquer l’analyse de Victoria Richards, rédactrice en chef de la rubrique « Voices » du quotidien britannique The Independent, au sujet du nouveau documentaire de Louis Theroux diffusé sur Netflix (Inside the Manosphere), un regard sur une sinistre réalité s’impose.
En cause : le sort de Nicole Amor, une Américaine du Minnesota âgée de 39 ans. Mariée et mère de deux enfants, ce sergent-chef de l’armée de terre faisait partie des six réservistes décédés le 1er mars dernier, lorsqu’un drone a frappé une installation militaire sur la côte koweïtienne. Elle n’était qu’à quelques jours de son retour aux États-Unis. Son mari, Joey Amor, et leurs enfants rejoignent désormais les rangs des familles « Gold Star », ces proches de militaires tombés au champ d’honneur.
Cet événement tragique rappelle une vérité fondamentale : sur le terrain, femmes et hommes engagés partagent les mêmes risques et se trouvent sur un strict pied d’égalité.
Ce préambule permet de mieux mesurer l’importance du combat de Victoria Richards et de nombreuses journalistes pour la diversité des voix féminines. Dans son intervention, elle met en lumière les critiques adressées au documentaire de Louis Theroux, accusé par certains de donner une tribune à la domination masculine, tant dans la sphère privée que professionnelle.
Skylar Mae, créatrice de contenu australienne devenue millionnaire sur OnlyFans à 21 ans, a côtoyé ces milieux. Son verdict est sans appel : « Ces hommes sont complexés et ridicules. Ce sont vraiment des crétins. » Selon elle, ces individus s’opposent farouchement à l’émancipation économique des femmes, restant ancrés dans des conceptions archaïques : la femme au foyer contre l’homme au travail. Or, aujourd’hui, les femmes revendiquent le droit de mener de front carrière et vie personnelle selon leur propre choix.
Elle dénonce cette volonté de domination universelle qui inculque aux jeunes hommes une vision totalement erronée des rapports humains. Constatant que ces influenceurs passent leurs journées à « streamer » — parfois 24 heures sur 24 — en se prenant pour des stars, elle en souligne le caractère grotesque. Skylar Mae conclut avec force : « Ils ne supportent pas que les femmes réussissent. Ils sont tellement complexés ! »
Manifestement, la « manosphère » s’enferme dans le risible. En perdant sa crédibilité, elle pourrait bien voir son influence décliner face à une société qui évolue sans elle. De quoi justifier cet avertissement aux adeptes du machisme absolu : « Attention au réveil des lionnes ! »
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