EN INDE DES FEMMES HUMANISENT L’IA POUR EN FAIRE UN OUTIL DE PROGRÈS SOCIAL

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Au moment où se tient à New Delhi le AI Impact Summit 2026 en présence d’une vingtaine de chefs d’État ou de gouvernement, dont le président français Emmanuel Macron, mais aussi le...

Au moment où se tient à New Delhi le AI Impact Summit 2026 en présence d’une vingtaine de chefs d’État ou de gouvernement, dont le président français Emmanuel Macron, mais aussi le gratin d’entreprises américaines comme européennes, Women eLife estime opportun de s’arrêter sur les recherches et actions menées par des Indiennes dans des secteurs clés devenus incontournables. 

Conscient que son pays, le plus peuplé au monde, dispose à la fois d’un vaste écosystème de start-up et de l’un des marchés numériques à la croissance la plus rapide, le Premier ministre indien, Narendra Modi  n’a pas manqué  de déclarer lors du Sommet : « Cet événement apporte une preuve supplémentaire que notre pays progresse rapidement dans les domaines de la science et de la technologie », avant d’ajouter : « Il témoigne des capacités de la jeunesse de notre pays ».

Lors que Ashwini Vaishnaw, ministre indien de l’Électronique et des Technologies de l’information souligne que : « l’IA doit servir à façonner l’humanité, à favoriser une croissance inclusive et à bâtir un avenir durable », cette chronique démontre que l’excellence technologique en Inde a désormais un visage résolument féminin.

Mais avant de mettre en avant ces femmes, qui oeuvrent en Inde pour que l’IA ne soit pas seulement une affaire de code, mais avant tout génératrice de solutions sociétales, une initiative prise par HerKey, en Inde, qui a lancé Simkey, retient l’attention.

Il s’agit en effet du premier coach de vie professionnelle AI adapté aux femmes, qui a été conçu à partir des idées de plus de 5,5 millions de femmes professionnelles. Elaboré pour relever des défis de carrière complexes comme la récupération d’épuisement et les transitions de leadership, Simkey fournit des pistes d’apprentissage et des recommandations d’emploi adaptées, visant à autonomiser les femmes dans les changements de carrière, à appuyer le maintien des talents et à renforcer les filières de leadership.

 Quant aux femmes indiennes dont les projets et actions s’avèrent remarquables en termes d’IA, plusieurs d’entre elles méritent de figurer en bonne place.

À l’instar de Sangeeta Gupta, une figure centrale de l’industrie technologique indienne. Senior Vice President et Chief Strategy Officer de la NASSCOM (l’organisation nationale des entreprises de logiciels et de services), elle joue un rôle de premier plan dans l’orientation stratégique de l’Inde vers l’intelligence artificielle.

Il n’est donc guère surprenant que Sangeeta Gupta soit une porte-parole majeure lors du sommet actuel à New Delhi. Elle y défend une vision de l’IA centrée sur l’humain, soulignant que si les inquiétudes liées à l’automatisation des emplois sont réelles, l’accent doit être mis sur des programmes massifs de reconversion (reskilling). Selon elle, l’intégration de l’IA créera de nouveaux rôles et opportunités spécifiques au contexte indien.

Elle a récemment dirigé le lancement de rapports clés sur l’IA Responsable (Responsible AI). Pour elle, la maturité d’une entreprise ne se mesure pas seulement à son adoption technologique, mais à sa capacité à intégrer l’éthique et l’inclusion dans tout le cycle de vie de l’IA. Aussi plaide t’elle pour que l’Inde définisse des normes mondiales en matière d’IA digne de confiance.

Elle est également l’une des chevilles ouvrières du programme d’accélérateur Shambho, lancé en collaboration avec Yotta et la Telangana AI Mission. Ce projet vise à offrir aux startups indiennes un accès privilégié à des infrastructures de calcul haute performance (comme le supercalculateur Shakti Cloud), favorisant ainsi la souveraineté technologique de l’Inde.

Dans ses récentes interventions, elle a souligné que l’IA et la technologie quantique sont les piliers qui permettront à l’Inde de devenir une économie développée d’ici 2047. Elle coordonne les efforts entre le gouvernement, l’industrie et le monde universitaire pour transformer l’Inde en un hub mondial d’infrastructure de données et de services d’IA natifs.

Son élan se traduit par un effet d’entrainement qui met en lumière bien d’autres talents féminins indiens en IA.

Car, là où Sangeeta Gupta prône l’accessibilité, Preethi Jyothi (IIT Bombay) agit. Ses travaux sur le « code-switching » permettent à l’IA de comprendre les dialectes locaux, ouvrant la voie à une Éducation personnalisée et une Agriculture connectée, où chaque paysan peut interroger une IA dans sa propre langue.

Pour répondre aux défis du changement climatique sur l’environnement, les mathématiques de rupture d’Anima Anandkumar (NVIDIA/Caltech) permettent pour leur part désormais de prédire les aléas climatiques avec une rapidité inédite, protégeant ainsi les infrastructures et les récoltes.

C’est toutefois dans le domaine de la Santé que la vision de la NASSCOM, trouve sa démonstration la plus révolutionnaire. Car l’IA ne remplace pas le médecin mais devient son œil le plus aiguisé.

Geetha Manjunath, avec sa structure NIRAMAI, incarne cette révolution. En utilisant l’IA pour analyser la signature thermique du corps, elle a créé un test de dépistage du cancer du sein non invasif et abordable. En 2026, cette technologie est devenue le standard dans les zones rurales, là où l’imagerie classique était inaccessible.

À ses côtés, des expertes comme le Dr. Vani Santosh révolutionnent la neurologie en utilisant le Deep Learning pour diagnostiquer des tumeurs cérébrales en quelques minutes. Plus proche encore du quotidien, des plateformes comme celle d’Aparna Hegde utilisent l’IA prédictive pour surveiller la santé maternelle, identifiant les risques de complications avant même qu’ils ne surviennent, en prévenant ainsi des drames humains évitables.

Lors du Sommet India AI Impact 2026, des responsables gouvernementaux, des experts internationaux et des représentants de l’industrie débattront des modalités de déploiement à grande échelle de l’IA pour renforcer les services de santé publique, améliorer l’efficacité et élargir l’accès aux soins.

Comme il est possible de la constater, souvent perçue comme froide ou déshumanisante, l’IA est en mesure de devenir entre des mains expertes un outil de progrès et de justice sociale.

La conclusion de cette chronique s’inspire d’une pensée de Sangeeta Gupta : « L’IA ne doit pas seulement être intelligente, elle doit être humaine et juste. » 

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