#METOO AU JAPON PROJETTE « BLACK BOX DIARIES » QUI ROMPT LE SILENCE DE L’HONORABLE SOCIÉTÉ JAPONAISE

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Si Itō est devenue la figure emblématique du mouvement #MeToo au Japon, un pays conservateur et dominé par les hommes, ce n'est pas un hasard. En renonçant à son...

Si Itō est devenue la figure emblématique du mouvement #MeToo au Japon, un pays conservateur et dominé par les hommes, ce n’est pas un hasard. En renonçant à son droit à l’anonymat pour porter plainte pour viol contre Noriyuki Yamaguchi, un important dirigeant de chaîne d’information télévisée, Shiori Itō, journaliste japonaise, a su briser un silence pesant en retraçant dans un film son histoire bouleversante. 

Le film qu’elle a réalisé plonge les spectateurs au cœur de son quotidien difficile, de la préparation de son procès à l’écriture de ses mémoires. Intitulées Black Box (boîtes noires), ces dernières font référence aux dossiers classés de son affaire. 

L’histoire remonte à 2015, alors que jeune stagiaire en journalisme, elle s’était rendue à ce qu’elle pensait être un entretien d’orientation professionnelle avec Yamaguchi. Déconcertée et mal à l’aise, elle découvrit que la rencontre avait lieu dans un bar, où refuser son invitation aurait été impoli. Elle s’est enivrée et affirme avoir repris conscience dans une chambre d’hôtel, où Yamaguchi l’a violée. Plus tard, au commissariat, les policiers l’ont forcée à reconstituer la scène avec un mannequin. 

 Journaliste, Itō s’est retrouvée sur la piste d’une affaire digne du Watergate. Son agresseur était en effet un proche du Premier ministre japonais et des autorités policières qui ont annulé son mandat d’arrêt. Parallèlement, elle a subi un déferlement d’insultes en ligne, le violeur faisant valoir que la relation sexuelle était consentie. 

Sans son expérience universitaire aux États-Unis, Itō n’aurait peut-être pas été encline à poursuivre son affaire. Le film montre clairement qu’Itō a néanmoins pu se faire des alliés  pour défendre sa cause. Un enquêteur de la police de Tokyo lui a fourni des informations confidentielles sous couvert d’anonymat et, fait encore plus sensationnel, un employé de l’hôtel a témoigné avoir vu Yamaguchi porter Itō, visiblement incapable de se défendre, à l’intérieur du bâtiment. 

Son courage a été de savoir revivre tout ça… en incarnant son propre rôle dans Black Box Diaries (2024). C’est ainsi que Shiori Ito, est devenue une figure emblématique malgré elle du mouvement #MeToo au Japon.

Cette journaliste intelligente et courageuse a su apporter un vif éclairage sur des pratiques et autres abus sexuels jusqu’ici passés sous silence par nombre de femmes au sein de l’honorable société japonaise que cette dernière ne peut désormais plus ignorer et cacher.

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