FACE AUX DÉCOMBRES D’UNE VIE GAZA DÉFIGURÉ MAIS GAZA RETROUVÉ

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Il est des sujets qui ne connaissent pas de trêves. ...

Il est des sujets qui ne connaissent pas de trêves. Il en va ainsi entre autres des conséquences de la guerre menée par Israël  à Gaza dont le bilan dépasse désormais les 70 600 morts , dont plus de 20 000 enfants, sans parler des plus de 171 000 blessés, dont les graves séquelles se heurtent à l’absence de structures de soins, 10 000 personnes étant toujours présumées sous les décombres.

Alors qu’environ 70 % du parc résidentiel de Gaza est totalement détruit ou inhabitable, et que 1,7 à 1,9 million de personnes déplacées, vivent souvent dans des abris de fortune alors que l’hiver et la tempête Byron aggravent les conditions sanitaires, la situation demeure extrêmement préoccupante. Malgré la trêve déclarée en octobre 2025, cette dernière n’a pas empêché depuis la mort de 390 personnes à Gaza.

Les agences de l’ONU (dont l’UNRWA, qui a perdu plus de 380 collaborateurs) alertent sur une insécurité alimentaire sévère touchant la quasi-totalité de la population. Tandis que Gaza est dévasté et que les aides n’arrivent qu’au compte-goutte, le témoignage d’une jeune palestinienne recueilli sur place par des journalistes du Guardian est instructif à plus d’un titre.

Il s’agit de celui de Nour AbuShammala, 26 ans, qui est retournée dans sa maison partiellement détruite à Gaza après deux années de bombardements israéliens incessants, de déplacements forcés et de pertes considérables.

Avocate palestinienne stagiaire et militante des droits humains, spécialisée en droit international et en droits humains, elle dresse le sinistre constat d’une guerre qui a tout emporté sur son passage. Actuellement bénévole au sein du Réseau des ONG palestiniennes, elle participe à des initiatives axées sur la justice sociale et les droits humains, tout en poursuivant un master en gouvernance et lutte contre la corruption à l’Université de Jordanie.

Mais lorsqu’elle a franchi le seuil de l’appartement familial à Gaza en octobre, elle n’a pu que constater que les pièces étaient ravagées, les murs endommagés par les bombardements. Qu’il n’y avait ni eau ni électricité. Pourtant, c’était encore chez elle.  C’est là qu’elle vivait avec ses parents, Khalil et Sahar, sa sœur Nesma et son frère Muhammad. C’était une famille unie et instruite, profondément engagée dans la vie civique et la défense des droits humains. 

Mais depuis son retour sur place, son quartier n’est plus que ruines. L’épicerie où elle allait avec sa sœur, son école, son université et sa mosquée – toute une vie de souvenirs – ont été détruites.

Le reportage du Guardian met en lumière le coût humain de la guerre menée par Israël à Gaza. En dépit d’une carrière juridique prometteuse, Nour AbuShammala avoue avoir été brisée, la vie de sa famille anéantie et son frère handicapé à vie après une frappe aérienne israélienne contre un café civil qui a tué 24 Palestiniens – une attaque que les experts juridiques qualifient de crime de guerre.

En cette fin d’année particulièrement meurtrière à Gaza, mais aussi en Ukraine, Women eLife a une pensée pour tous ceux et celles qui ont tout perdu, à l’heure où Nour AbuShammala garde néanmoins en mémoire, en guise de rappel réconfortant, le coucher de soleil et les paysages d’avant la guerre.

Son sourire ne doit pas faire illusion. Il masque une profonde tristesse qui conduit à émettre le voeu. Celui d’un retour à la raison, afin qu’il soit mis fin à ces guerres qui, à bien y regarder, ne font essentiellement que d’innombrables innocentes victimes civiles, et plus particulièrement des femmes et des enfants.

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