Comme en témoigne cette photo prise ce matin, au lendemain du refus notifié à François Bayrou devant la représentation nationale que lui soit accordée la confiance, son échec et celui de son gouvernement qui n’aura pas enfanté de grand chose en 9 mois, la maison France brûle. Du moins est-on amenés à constater pour la quatrième fois en deux ans, à un violent retour de flamme pour Premier ministre.
Cahin-chaos, voilà un néologisme que Women eLife aurait aimé avoir inventé, et juge aujourd’hui pertinent de reprendre pour titrer cette chronique.
En abandonnant avec cet emprunt toute perspective de droits d’auteur, votre magazine féminin doit rendre à Colin Thibert, ce qui lui appartient. En cause le titre de l’ouvrage de cet auteur qui procédait en 2005, dans son roman, à une description ironique des clans ennemis et des tensions dans un pays imaginaire des Balkans. Un sujet qui soit dit en passant, recoupe une actualité politique française brûlante.
Le bal des menteurs qui s’est déroulé hier après-midi à l’Assemblée nationale en présence des 573 députés sur fond d’annonces prémonitoires largement distillées par les médias a t’il enregistré un score d’audience ?
Sans répondre à cette question, force est de reconnaître que l’adieu aux armes de François Bayrou n’augurait guère d’intrigues. Il n’a pu que décevoir celles et ceux qui imaginaient qu’un coup de théâtre puisse survenir contre toute attente. Mais, il n’en a rien été. Finalement l’acteur principal d’un gouvernement ingouvernable y est allé d’un « Bis Repetita » de sa leçon de politique et d’économie mettant en garde contre un endettement désastreux qui n’a pas su convaincre. Son ton professoral, donneur de leçons sur des réalités qu’on ne peut ignorer, a déplu en raison d’une obstination étayée de projets irrecevables par le plus grand nombre.
Certains diront que c’est pas de chance. D’autres estimeront avec une pointe d’humour que c’est finalement un coup de Pau.
Se voir refuser par une majorité de députés la confiance est du jamais-vu dans une Ve République longtemps réputée pour sa stabilité politique mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de juin 2024.
Et maintenant ? Le Maître des horloges ne doit plus avoir qu’une seule obsession: trouver le mouton à cinq pattes qui saura diriger des hommes et femmes politiques élus qui ne peuvent ignorer ce que pense le peuple de toute cette agitation qui jusqu’à présent ne dessine rien de bon. Ce triste résultat ne le conduira pas à regretter sa décision incomprise de dissolution. Car à bien y regarder, cette dernière n’a non seulement rien clarifié, mais davantage obscurci la politique française aux yeux des Français, mais aussi des étrangers, qui observent avec délectation nos péripéties.
Afin de tenir les Français en haleine, sans plus tarder des noms de successeurs potentiels sont lâchés par la presse, avec gourmandise. Mais à en croire les commentaires auxquels ces candidats pressentis donnent lieu, rien ne semble répondre aux attentes, mais davantage illustrer un rejet sans appel, surtout lorsque certains noms sont cités, à l’instar de celui de Xavier Bertrand.
Que de génie il va falloir pour parvenir à un consensus, et apaiser les clivages profonds entre les députés des différents partis, tant ces derniers apparaissent inconcialiables.
Les places financières n’ont certes réagi que mollement à ce nouveau retour de bâton, comme si ce qui s’est produit ne pouvait surprendre. Outre les avis des agences de notation dont on attend le verdict, les observateurs restent en grande majorité bien en peine de savoir laquelle des trois hypothèses envisageables sera retenue par le président de la République: nommer un troisième Premier ministre issu du socle commun, le choisir au PS, opter pour la société civile ou bien se résoudre à une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale ?
Or cette dernière opération a visiblement été une erreur fatale dans une Ve République réputée, comme le souligne le Figaro, pour sa stabilité politique mais entrée dans une crise sans précédent depuis la dissolution de juin 2024.
Face à l’imbroglio politique, comment faire en sorte que les représentants politiques de tous bords acceptent de s’écouter, de faire des concessions, de s’entendre pour que le navire France ne soit pas sacrifié ? D’où cette autre question qui taraude certains esprits : Emmanuel Macron doit-il jeter le gang et laisser les Français choisir par leurs suffrages un nouveau commandant de bord ? Sans oublier le recours à l’indispensable solide équipage gouvernemental prêt à affronter les tempêtes, relever tous les défis. Le tout avec pour objectif d’apporter un véritable projet de société en mesure de séduire une large majorité de passagers, en dépit d’un climat géopolitique qui agite un monde en proie à une folie contagieuse.
Cahin-caha peut-être, mais cahin-chaos non !
Laissez un commentaire