PRIX NOBEL DES MILITANTS DE L’ENVIRONNEMENT 2025 DES FEMMES À L’HONNEUR 

Ce contenu est réservé aux membres. Vous devez être connectés pour le voir. Pas encore membre ? Rejoignez-nous.
Si le pape François n’était pas parti ce dernier lundi de Pâques, cette chronique n'aurait été mise en ligne  qu'aujourd'hui. Lui qui alertait entre autres sur la gravité de la crise climatique,...

Si le pape François n’était pas parti ce dernier lundi de Pâques, cette chronique aurait été mise en ligne  aujourd’hui. Lui qui alertait entre autres sur la gravité de la crise climatique, fustigeait les « puissants » et souhaitait selon ses propres termes  « mettre fin à l’idée d’un être humain autonome, tout-puissant et illimité », voyait juste.

Aussi Women eLife , magazine féminin ouvert sur le monde, a-t-il estimé que l’écho relatif au prix Goldman remis cette année à des  femmes et des hommes qui luttent pour préserver la vie du Terre, en menant diverses actions qui résonnent au coin du bon sens,  avait aujourd’hui toute sa place. 

Le prix Goldman considéré comme le prix Nobel des militants de l’environnement qui a récompensé lundi sept activistes du monde entier, pourrait au regard du nombre de femmes lauréates en 2025, s’adjoindre la mention « prix Goldwoman ». Depuis 36 ans, ce prix récompense des défenseurs de l’environnement de chacune des six régions continentales habitées du monde, en raison de leur engagement et leurs réalisations face à des obstacles apparemment insurmontables. À ce jour, sur 233 lauréats de 98 pays qui ont reçu ce prix figurent entre autres des Françaises. 

Défendre les droits fonciers et environnementaux n’est pas sans risques, lorsqu’on sait que plus de 2 100 hommes et femmes ont été tués dans le monde entre 2012 et 2023, selon un observatoire géré par l’association caritative Global Witness. 

Parmi les titulaires d’une bourse Goldman Sachs qui ont été assassinés, on ne peut manquer d’évoquer la lauréate hondurienne de 2015, la cheffe indigène lenca Berta Cáceres, dont la mort en 2016 a été orchestrée par les dirigeants d’une société de barrage financée par des fonds internationaux, dont elle a contribué à faire échouer le projet. 

Toutefois, en dépit des menaces, notamment le harcèlement en ligne, les accusations criminelles mensongères et parfois les violences physiques, dont ils font l’objet, les défenseurs des droits environnementaux et fonciers, persistent souvent dans leurs efforts incessants pour garantir l’eau et l’air purs à leurs communautés et aux générations futures. Leur engagement et leur détermination se doivent d’être salués !

Parmi les lauréats de cette année figure Semia Gharbi, 57 ans, scientifique et éducatrice environnementale tunisienne, qui s’est attaquée à un réseau organisé de trafic de déchets ayant conduit à plus de 40 arrestations, dont 26 fonctionnaires tunisiens et 16 Italiens liés à ce trafic. Gharbi a fait pression sur les législateurs, constitué des dossiers pour les experts de l’ONU et contribué à organiser la couverture médiatique dans les deux pays. Finalement, 6 000 tonnes de déchets ménagers exportés illégalement ont été renvoyées en Italie en février 2022, et le scandale a incité l’UE à combler certaines lacunes régissant le transport international de déchets. 

Aux États-Unis, Laurene Allen, assistante sociale, milite depuis près de dix ans contre la pollution aux PFAS. Elle a été reconnue pour son leadership exceptionnel, qui a abouti à la fermeture d’une usine de plastique en 2024, après deux décennies de rejets de produits chimiques toxiques et persistants dans l’air, le sol et les eaux de la petite ville de Merrimack, dans le New Hampshire. Cette travailleuse sociale de 62 ans, devenue protectrice de l’eau, a développé le camp local de la ville.

Nina Lakhani, journaliste spécialisée dans la justice climatique, est une militante autochtone du fleuve du Pérou honorée.. Des militants de terrain ont contribué à l’incarcération de fonctionnaires corrompus et à l’obtention des droits de la personne pour un fleuve amazonien sacré figurent parmi les lauréats de cette année du prix environnemental le plus prestigieux au monde.

Mari Luz Canaquiri Murayari, 57 ans, une militante autochtone et leader féminine d’Amazonie péruvienne remporte également le prestigieux prix Goldman pour avoir mené une bataille juridique victorieuse pour la protection du fleuve Marañon, considéré comme la “mère des fleuves”, qui prend sa source dans les Andes et coule en aval pour devenir le fleuve Amazone . Après trois ans de procédure, soutenue par des avocats de l’Institut de défense juridique du Pérou,les juges de Loreto, la plus grande région amazonienne du Pérou, ont statué en mars 2024 que le Marañon avait le droit de couler librement et de ne pas être contaminé, respectant ainsi la vision du monde autochtone qui considère un fleuve comme une entité vivante.

Si les femmes se distinguent régulièrement pour leurs actions en faveur de la protection de l’environnement, des hommes figurent également parmi les lauréats de cette nouvelle édition du prix Goldman. À l’instar de Batmunkh Luvsandash, activiste de Mongolie qui lutte contre l’exploitation minière ; Carlos Mallo Molina, militant contre un port aux îles Canaries, ou encore le duo mixte Besjana Guri et Olsi Nika, à l’origine de la création d’un parc national sur une rivière sauvage en Albanie.

Il n’est pas inutile de préciser pour conclure que nombre de celles et ceux qui se sont vus remettre ce prix Goldman, ont ensuite occupé des postes au sein de gouvernements, voire de dirigeants d’organisations à but non lucratif, mais aussi de chefs d’État. Alors que le changement climatique a de graves conséquences dans de nombreux pays, que la pollution et les émissions de gaz à effet de serre créés par les activités humaines menacent la vie sur Terre, le combat que mènent des hommes et des femmes pour éviter des destructions irrémédiables est réconfortant. Il se devait donc d’être récompensé !

Pour rappel, en 2015, la plus haute autorité de l’Église catholique avait étonné le monde en publiant « Laudato si’, le texte le plus abouti jamais écrit par le Vatican sur l’écologie. 

Retour à la bibliothèque Women e-Life :

Partager cette chronique :

Formulaire de contact

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *