Ce drapeau ne flottera malheureusement plus ! Il était pourtant porteur d’aides indispensables auprès de populations démunies voire meurtries dans nombre de pays du globe.
Fondée en 1961 par John Fitzgerald Kennedy, président démocrate des États-Unis, l’USAID qui s’est vu confier pour mission d’aider à réduire la pauvreté, promouvoir la démocratie et favoriser la croissance économique, soulager les victimes des catastrophes naturelles et prévenir les conflits, n’est pas une ONG. Cette Agence des États-Unis pour le développement international, travaille sous la supervision du président, du département d’État et du Conseil de sécurité nationale.
Depuis sa création, cette agence a investi plusieurs milliards de dollars dans un grand nombre de projets, afin de s’attaquer aux contraintes au développement national. Mais elle a également financé plusieurs centres de recherche médicales à travers le monde, et a géré en 2024 un budget de plus de 40 milliards de dollars, destiné à l’aide humanitaire et l’aide au développement à travers le monde. En 2023, les principaux pays bénéficiaires de l’aide ont été l’Ukraine, l’Éthiopie, la Jordanie, la République démocratique du Congo, la Somalie, le Yémen, l’Afghanistan, le Nigeria, le Sud-Soudan et la Syrie.
Toutefois, la déclaration d’Elon Musk, nommé au sein du département de l’Efficacité gouvernementale dans la seconde administration Trump, a sonné le glas des missions assurées par l’USAID étant précisé dans une note de cette organisation que tous les personnels directement employés seront mis en congé administratif dans le monde entier, à l’exception du personnel jugé indispensable. Un avis publié en ligne mardi donne aux travailleurs 30 jours pour rentrer chez eux, bouleversant la mission de six décennies de l’agence d’aide à l’étranger. Le nouveau président Donald Trump suspend également toute aide étrangère hormis pour Israël. Selon un rapport du Congressional Research Service publié ce mois-ci, les 10 000 employés de l’USAID, dont les deux tiers travaillent à l’étranger, ont aidé environ 130 pays.
La décision a suscité choc et émoi au sein de l’agence indépendante créée par une loi du Congrès américain
Selon le CRS, l’USAID aide « les pays stratégiquement importants et les pays en conflit ; elle dirige les efforts des États-Unis pour soulager la pauvreté, la maladie et les besoins humanitaires ; et elle aide les intérêts commerciaux des États-Unis en soutenant la croissance économique des pays en développement et en renforçant la capacité des pays à participer au commerce mondial ». L’impact de la déclaration de fermeture a été rapide et brutal, avec de la nourriture et des médicaments essentiels abandonnés dans des entrepôts, des programmes vitaux fermés et des travailleurs licenciés
Des approvisionnements essentiels de médicaments vitaux ont été bloqués et des enfants se sont retrouvés sans nourriture et aux prises avec la malnutrition, alors que de multiples effets ont été signalés à travers le monde après qu’Elon Musk a décidé de fermer la principale agence d’aide internationale du gouvernement américain.
Des scènes chaotiques ont été observées dans des dizaines de pays alors que les organisations d’aide ont mis en garde contre le risque d’escalade des maladies et de la famine ainsi que des répercussions désastreuses dans des domaines tels que la planification familiale et l’éducation des filles.
Le 19 septembre 2019, Karen Freeman, adjointe de l’USAID, s’était exprimée concernant le rôle de l’Agence des États-Unis pour le développement international dans le soutien des intérêts américains en Afghanistan. Elle avait dénoncé les attaques distinctes des talibans ayant entraîné des pertes en vies humaines et des blessures parmi le personnel. Elles avait également déclaré : « Ces attaques insensées rappellent brutalement les défis auxquels sont confrontés les travailleurs humanitaires internationaux et les partenaires locaux qui travaillent en Afghanistan et dans le monde entier. » Elle avait tenu à souligner que les organisations ciblées par les talibans mettent en œuvre des programmes qui améliorent la vie des Afghans en fournissant une assistance humanitaire, en réduisant la pauvreté et en améliorant les possibilités d’éducation, d’autonomisation économique et de participation accrue à la société afghane, en particulier pour les femmes.
À cette occasion, Karen Freeman avait apporté de nombreuses précisions concernant la nature des actions menées par l’USAID. Dans le secteur de l’énergie, en rappelant que ces dernières ont permis à plus de 30 % des Afghans d’avoir désormais accès à un réseau électrique. Dans le domaine de la santé, elle n’avait pas manqué d’évoquer le travail réalisé par l’USAID avec le ministère afghan de la Santé publique pour accroître l’accès aux soins de santé de base et pour assurer la durabilité des soins de santé et des connaissances grâce au développement de partenariats efficaces avec le secteur privé dans des domaines tels que la distribution pharmaceutique. De plus, grâce à un partenariat de l’USAID avec l’université Texas A&M, dans le secteur de l’éducation, les programmes de l’USAID n’ont pas seulement soutenu des millions d’étudiants Ils ont aussi offert à une future génération de femmes afghanes des opportunités dans les domaines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie et des mathématiques (STEM) . Ce partenariat qui a créé une dotation devait fournir une source durable de bourses aux femmes afghanes qui poursuivent des études en STEM.
Beaucoup d’exemples d’actions engagées par l’USAID mériteraient d’être citées. On comprend alors mieux pourquoi la décision de fermeture de l’Agence des États-Unis pour le développement international envoie un très mauvais signal. Car cette dernière risque d’avoir des conséquences au regard du formidable travail accompli, mais aussi pour les ONG qui se heurtent à bien des difficultés pour mener à bien leurs délicates et périlleuses missions auprès de populations menacées de par le monde.
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