UN DISCOURS DE POLITIQUE GÉNÉRALE EN QUÊTE DE PUNCH

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C’est un fait, mardi, lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, François Bayrou, nouveau premier ministre depuis peu sans qu'on sache pour combien de temps,...

On pourrait même dire, quitte à recourir à un néologisme : très MoDemé !

C’est un fait, mardi,  lors de son discours de politique générale à l’Assemblée nationale, François Bayrou, nouveau premier ministre depuis peu sans qu’on sache pour  combien de temps, a visiblement eu avant tout pour objectif de ne pas faire de vagues, et de s’employer en cette première séance à ne fâcher personne. 

Avec un style et des méthodes qui lui sont propres et le distinguent de ses prédécesseurs, ses  propos ont  reflété une recherche  du compromis, une ouverture aux discussions, autrement dit une prédisposition à la négociation.  Une stratégie qui n’a néanmoins pas tardé à enregistrer quelques revers. 

En soulignant  que le pays n’a jamais été aussi endetté depuis la guerre, puis précisé dans la  foulée :  « Tous les partis de gouvernement, sans exception, ont une responsabilité dans la situation créée ces dernières décennies. », il a voulu se dégager de toute responsabilité dans la situation actuelle. 

Après avoir écouté son discours, faut-il en déduire que nos politiques se trouvent désormais confrontés à un certain nombre de réalités qui vont  déterminer les conditions  de vie  économique, sociale et environnementale dans les temps à venir ? Il va sans dire qu’aujourd’hui les problématiques s’amoncèlent, qu’il s’agisse de pouvoir d’achat, de la baisse de la natalité, des conséquences de la désindustrialisation, de la concurrence acharnée sur fond de mondialisation des échanges commerciaux, de la place et du rôle des femmes dans le fonctionnement de l’économie ou encore de l’impact prégnant du changement climatique, de la montée en puissance de l’IA,  sans parler des conflits armés qui  connaissent dans de nombreuses régions du globe une ampleur sans précédent ….  Autant de sujets, qui pour certains, n’ont été que survolés en l’espace de quelques minutes.

Sans revenir ici sur les quelques mesures annoncées pour redresser la barre reprises par tous les médias, il est regrettable que le chef de gouvernement d’un pays  démocratique ne profite pas de son discours de politique générale sensé concerner tous les Français et Françaises pour adresser des messages à la jeunesse et plus largement aux divers représentants d’une société souffrante qui peine visiblement à s’adapter aux indispensables mutations qu’induisent les progrès  technologiques et scientifiques. Surtout lorsqu’on sait que ces  derniers constituent  ni plus ni  moins les chevilles ouvrières de perspectives qui génèrent à la fois craintes et espoirs.  

Car en dépit de son caractère contraint, un discours de politique générale se doit  avant tout  d’insuffler une dynamique en mesure de  rassurer toutes les générations et de susciter chez les plus jeunes  l’envie d’aller de l’avant,  au regard des défis incontournables  que la France comme tous les pays du globe vont devoir relever  dans les années et décennies à venir. 

Or, nombre des préoccupations partagées par la plupart des  Français sont passées à trappe. Vouloir faire croire que tout repose sur le seul âge de départ en retraite et les pensions versées, appelle un examen plus approfondi. C’est la raison pour laquelle, afin de disposer de « chiffres indiscutables », le Premier ministre va demander une « mission flash » de « quelques semaines » à la Cour des comptes. Mais bien d’autres lourds dossiers pèsent, qu’il s’agisse du système de santé, de l’éducation nationale, de logements, qui à l’instar de la sécurité, sont autant de sujets qui s’inscrivent parmi les légitimes préoccupations des Français.

Francois Bayrou a eu beau se montrer ironique en déclarant : « 84 % des Français jugent paraît-il que le gouvernement ne passera pas l’année. Il m’arrive même de me demander ou les 16 % restants trouvent la source de leur optimisme », avant d’ajouter : « Cette situation présente un avantage considérable », son discours n’a apporté qu’ un éclairage très limité sur les actions qui devront être menées.

En déclarant viser un déficit public de 5,4 % du PIB en 2025, contre les 5 % escomptés par son prédécesseur, et abaisser la prévision de croissance du gouvernement à 0,9 % cette année contre 1,1 % avant la censure, il a certes fixé un cap. L’objectif de ramener le déficit en 2029 au maximum de 3 % toléré par la Commission européenne sera maintenu. Pour y parvenir, « des économies importantes seront proposées pour la suite », a souligné François Bayrou, sans entrer dans le détail.  Toutefois, certaines premières pistes ont été évoquées par le Premier ministre.

Il en va ainsi de l’annonce de la création d’un fonds spécial « entièrement dédié à la réforme de l’État », estimant que les « 1 000 agences ou organes de l »Etat » actuels constituent « un labyrinthe dont un pays rigoureux peut difficilement se satisfaire ». Il a aussi relancé l’idée de créer une « banque de la démocratie » pour que les partis politiques puissent se financer auprès d' »organismes publics » et pas seulement privés.  Il a également estimé nécessaire de « reprendre l’étude des cahiers de doléances » rédigés à l’issue des débats qui avaient suivi les manifestations des « gilets jaunes », un mouvement qu’il estime avoir été « négligé » .  Contrairement aux pistes d’économies prônées par Michel Barnier, François Bayrou a par ailleurs annoncé que « le gouvernement proposera une hausse notable » des dépenses de santé afin « d’améliorer les conditions de travail des soignants et de protéger les plus fragiles ». Il a affirmé que « la mesure de déremboursement de certains médicaments et de consultations » médicales « ne sera pas reprise »,  et confirmé « le remboursement intégral des fauteuils roulants dès 2025 ».

Outre une charge contre les contrôles et les normes environnementales auxquels les agriculteurs sont soumis, allant jusqu’à qualifier de « faute » les inspections « avec une arme » de l’Office français de la biodiversité, il s’est engagé à ce que soit remises en question les pyramides de normes en donnant l’initiative aux usagers. Ceux que l’on contrôle doivent avoir leur mot à dire sur les contrôles », a-t-il déclaré au lendemain d’une rencontre avec les principaux syndicats agricoles. Le manque de revenus et le « sentiment qu’ont nos agriculteurs de n’être pas respectés », reprenant à son compte le mécontentement des agriculteurs face aux critiques des écologistes, notamment concernant l’usage des pesticides et le partage de l’eau.

Pour conclure, Women eLife ne reviendra pas sur Parcoursup lancé en 2018, mais soutient que toute initiative visant à encourager les jeunes, garçons et filles, en termes d’études formations et orientations, mérite une attention particulière et peut trouver à travers l’immense succès d’Erasmus+ , un modèle d’inspiration.

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