DANS l’ATTENTE DE CE QU’IL VA VRAIMENT ADVENIR LES SYRIENNES RESTENT VIGILANTES

Ce contenu est réservé aux membres. Vous devez être connectés pour le voir. Pas encore membre ? Rejoignez-nous.
Cette chronique consultable gratuitement n'est pas la dernière en date en termes de parution sur Women eLife. Elle a simplement pour objectif de vous apporter, à titre d'exemple, la démonstration...

Cette chronique consultable gratuitement n’est pas la dernière en date en termes de parution sur Women eLife. Elle a simplement pour objectif de vous apporter, à titre d’exemple, la démonstration de celles plus récentes ou antérieures, accessibles par abonnement à travers les thématiques de la ligne éditoriale de ce magazine féminin ouvert sur le monde.

Le 8 décembre 2024, la  fuite de Bachar el-Assad en Russie, qui a mis fin à un régime dictatorial perpétué de père en fils durant 54 ans, a marqué  le véritable clap de fin du  règne désastreux de la famille el-Assad, sur tous les plans, en Syrie.

L’entrée à Damas  du groupe armé Hayat Tahrir al-Sham (HTS), une ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, a très vite pris le contrôle de la situation. Elle a permis à son leader, Mohammed al-Joulani  de prendre les rênes du pays en devenant son premier ministre.

Outre la liesse manifestée par les Syriens au-delà de la seule  capitale syrienne, cette prise du pouvoir par des libérateurs  s’étant déroulée quasiment sans heurts et sans bains de sang, le nouveau premier ministre s’est voulu  rassurant.  Dans ses  premières déclarations , il a promis l’avènement d’une société inclusive respectueuse des droits des minorités. Il a également annoncé  un total changement de politique concernant les droits des femmes et leur liberté de vivre.

Au-delà des tragiques emprisonnements et exécutions dont ont été victimes de nombreux citoyens et citoyennes syriens sous el-Assad, Mohammed al-Joulani qui les a dénoncés, a voulu faire preuve d’ouverture, bien qu’un certain nombre d’actions condamnables commises précédemment par son groupe sur des hommes et des femmes ne puissent être ignorées.  

C’est d’ailleurs ce qui explique qu’en dépit de l’enthousiasme témoignée par de nombreuses Syriennes dans l’espoir d’un changement de politique, nombre d’entre elles s’interrogent sur la crédibilité à accorder à des propos sensés démontrer un véritable  changement de paradigme. Surtout lorsqu’il est annoncé mettre un terme à des années voire décennies d’oppression, d’exclusion et de restriction des droits et libertés dont la gent féminine s’est auparavant trouvée victime.

Ce que déclare Ghalia Rahhal qui a vécu dans la ville de Kafranbel à Idlib et est la fondatrice de l’organisation Mazaya pour l’autonomisation des femmes et membre du Mouvement politique des femmes syriennes,  est à ce titre révélateur.

 Âgée de 50 ans, diplômée du secondaire et ayant exercé le métier de coiffeuse pour femmes, Ghalia rêve d’une Syrie en bonne santé, guérie de toutes les douleurs qu’elle a traversées. Elle rêve d’une Syrie sûre et démocratique, où chacun s’accepte et se respecte, où tous les citoyens jouissent de leur liberté et des droits qui leur ont été refusés pendant des années.

Elle  avoue  également : « La seule chose que j’ai en pitié, c’est les femmes syriennes, car elles sont le groupe qui a le plus souffert de l’insécurité ces dernières années. Elles méritent plus que quiconque de vivre en sécurité »

 Certes,  des signes encourageants apparaissent.

Le nouveau gouvernement syrien a élu l’ancienne gouverneure adjointe de la banque centrale syrienne, Maysaa Sabrine, à la tête de l’institution. Elle devient ainsi la première femme à occuper ce poste.

Toutefois, force est de constater qu’en dépit de ce signe positif, le nouveau régime au pouvoir a parfois tendance à multiplier les signaux contradictoires sur la place qu’auront les femmes dans la Syrie de demain.

C’est d’ailleurs ce qui permet de comprendre que les défenseurs des droits des femmes demeurent inquiets.  

Surtout, lorsque dimanche dernier, Aïcha al-Debs, la seule femme dans le gouvernement de transition, a provoqué un tollé en appelant les femmes à « ne pas outrepasser les priorités de leur nature créée par Dieu », à savoir « leur rôle éducatif au sein de la famille ».  Des  propos qui ont  immédiatement été rectifiés par le Le nouveau chef de la diplomatie syrienne, Assaad Hassan al-Chibani. Ce dernier a tenu à affirmer  que les autorités soutiennent les droits des femmes. « Nous croyons au rôle actif de la femme au sein de la société », a-t-il précisé en saluant le combat de la femme syrienne « pour une patrie libre préservant sa dignité et son statut ».

Il faudra donc effectivement attendre  de voir ce qui se passera réellement dans les jours, semaines et mois à venir en Syrie. 

Car, la reconstruction de ces pays meurtri s’apparente à une œuvre  titanesque de longue haleine. Elle fera  appel à tous et toutes pour que la Syrie se remette sur les rails d’un développement qui donne  aux  femmes  comme aux hommes la possibilité  d’intervenir , sans qu’il ne soit plus jamais  question que le genre soit un  critère de sélection.

Le tout sans oublier le sort des enfants et étudiants qui doivent bénéficier d’équipements, d’enseignants et professeurs pour que leur soit garanti : santé, éducation, formation et avenir professionnel.

Retour à la bibliothèque Women e-Life :

Partager cette chronique :

Formulaire de contact

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *