QUAND L’INTIMITÉ LIBANAISE RÉSISTE AU CHAOS

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Parler de sexualité en temps de guerre n’est pas une futilité, mais le reflet d’une résistance psychologique essentielle pour ne pas sombrer. Ce propos fournit à Women eLife l’opportunité de faire écho...

Parler de sexualité en temps de guerre n’est pas une futilité, mais le reflet d’une résistance psychologique essentielle pour ne pas sombrer. Ce propos fournit à Women eLife l’opportunité de faire écho au 11e épisode du podcast « L’Orient-La Nuit » (lancé par le quotidien L’Orient-Le Jour), diffusé le 7 juillet dernier et intitulé « Le sexe n’attend pas la paix ».

Cette émission a exploré avec une infinie justesse et sans tabous comment la guerre, le chaos et l’angoisse permanente transforment en profondeur le rapport au corps, au plaisir, à l’intimité et au couple. Le désir y est abordé non pas comme un luxe ou une indécence face au drame, mais comme une forme de résistance brute pour « rester vivant » face à une guerre ravageuse au pays du Cèdre.

Pour comprendre la portée de cette résilience, il faut regarder en face la réalité qui prévaut sur le terrain. Le Liban subit un conflit armé et des bombardements intenses qui ont déjà fait plus de 4 300 morts et des milliers de blessés, affectant tout particulièrement le sud du pays ainsi que la banlieue de Beyrouth. Au-delà des pertes humaines, c’est le tissu social même qui se déchire, plus d’un milieu de personnes ayant été déplacées, soit près d’un habitant sur cinq.

Les structures d’accueil sont saturées, poussant les familles à s’entasser chez des proches ou dans des abris de fortune. Une situation qui brise immédiatement toute forme de sphère privée et pose une question cruciale : « Comment préserver son identité, son couple et sa sexualité quand l’espace public s’effondre sous le poids des bombardements et des incursions de forces armées, et que la survie impose la promiscuité forcée des déplacements ? »

Force est de constater que le quotidien des Libanais est désormais rythmé par une vie en sursis. La juxtaposition terrible d’une routine diurne précaire et de l’angoisse des frappes nocturnes crée un climat de traumatisme permanent. À cette charge mentale destructrice, la fatigue sociale et la détresse économique extrême s’ajouterent à la peur constante d’un effondrement global des institutions.

LE MAINTIEN DE L’INTIMITÉ SOUS LES BOMBES

C’est précisément dans cette brèche que les invités de l’émission ont apporté un éclairage lumineux. Sandrine Atallah, médecin et psycho-sexologue, et l’écrivain franco-libanais Sabyl Ghoussoub décrivent avec force comment, malgré le stress post-traumatique et la précarité, les problématiques intimes persistent, mutent et parfois s’accentuent sous la pression extérieure.

Loin d’effacer les corps, la crise les exacerbe. Qu’il s’agisse d’un refuge contre la terreur ou d’un élan vital pour contrer l’omniprésence de la mort, l’amour et la sexualité au Liban s’affirment aujourd’hui comme les derniers territoires insoumis. Une manière de rappeler que tant qu’il y a du désir, il y a de la vie.

Ces quelques précisions apportées en préambule du podcast de « L’Orient-La Nuit » ne s’appliquent malheureusement pas qu’à la tragique situation que connaît le Liban, compte tenu de l’existence de bien d’autres conflits armés, et notamment celui qui sévit depuis plus de quatre ans en Ukraine.

Women eLife remercie Stephanie Khouri, journaliste et animatrice de l’Orient la Nuit et toute l’équipe de la rédaction de l’Orient le Jour qui nous ont adressés ce matin leur accord de diffusion du podcast en question. Nous vous invitons à cliquer sur le lien pour suivre l’émission qui avait pour thème :  » Le sexe n’attend pas la paix »

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