FEMMES PLUS FOURMIS QUE CIGALES CHERCHENT À PRENDRE LEUR ENVOL  

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La date du 8 mars symboliquement destinée à célébrer la Journée des droits des femmes, avance à grands pas.  Women eLife constate n’avoir cette année jamais reçu autant de communiqués émanant...

La date du 8 mars symboliquement destinée à célébrer la Journée des droits des femmes, avance à grands pas.  Women eLife constate n’avoir cette année jamais reçu autant de communiqués émanant d’organisations féministes, associations et entreprises soucieuses de faire valoir leur engagement dans ce sens, voire de mettre à profit cet évènement.

L’occasion de revenir en arrière. Tout d’abord, pour constater que la France a pris un train de retard qu’elle s’emploie à rattraper. Ce n’est qu’en 1982, sous l’impulsion d’Yvette Roudy, ministre déléguée aux droits des femmes, que le 8 mars a été reconnu comme Journée internationale des droits des femmes.

Or la lutte des femmes pour l’obtention de droits et de libertés s’était déjà intensifiée à partir de la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle en Europe et aux États-Unis où dès 1909 fut organisée une journée nationale des femmes sur l’ensemble du territoire.

Le 19 mars 1911, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et la Suisse célébrèrent  pour la première fois une journée en faveur des femmes, sous l’impulsion de Clara Zetkin, journaliste et militante allemande, qui avait en 1910 appelé  les « femmes socialistes de tous les pays » à organiser chaque année une Journée internationale des femmes. En URSS Vladimir Lénine proclama le 8 mars Journée internationale des femmes afin d’honorer le rôle des femmes dans la révolution russe de 1917.

Si ces journées ont donné lieu à la satisfaction de revendications majeures, qu’il  s’agisse du droit de vote, du droit au travail et de la lutte contre les discriminations, le XXIe siècle a sans nul  doute constitué une étape déterminante via le mouvement #Metoo, sans parvenir à générer une parfaite égalité entre hommes et femmes. 

Toutefois, cette chronique ne reviendra pas sur l’affaire Epstein qui a fait la une des médias avant que les tensions géopolitiques déjà liées à de nombreuses guerres dans plusieurs régions du monde ne placent celle menée actuellement au Proche et Moyen-Orient au sommet de l’actualité.

Women eLife préfère investir dans un tout autre sujet. Il s’agit en l’occurrence de plusieurs études publiées entre 2024 et début 2026 (notamment par l’AMF, Boursorama et Forvis Mazars). Ces dernières  mettent en lumière une évolution marquée du comportement financier des Françaises et de leur propension à l’épargne. Un sujet qualifiable de « terre à terre ».

À en croire les données les plus récentes, les Françaises sont résolument fourmis, mais des fourmis de gestion qui ont parfois du mal à transformer leur récolte en véritable patrimoine et hésitent à parier sur l’avenir à long terme. 

Les études montrent que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à suivre leurs comptes à la loupe chaque semaine. Elles privilégient l’épargne de précaution ( « matelas de sécurité »). Pour elles, l’argent doit être disponible immédiatement en cas de coup dur.

Si elles ne sont pas « cigales » au sens de dépensières, elles le sont parfois malgré elles sur le plan de la capitalisation.

En laissant leur argent sur des livrets qui rapportent peu (comme le Livret A), elles perdent techniquement du pouvoir d’achat face à l’inflation. C’est ce qu’on appelle la « cigale passive » : l’argent ne travaille pas assez.

De plus, elles témoignent d’une aversion au risque. Là où une « fourmi investisseuse » placerait ses grains en bourse pour qu’ils se multiplient, la Française préfère souvent les garder bien au sec dans un coffre (le fonds euros ou le livret), même si cela rapporte moins.

Un sondage Ifop de mars 2023 indique que 53 % des femmes déclarent ne pas vouloir prendre de risques avec leur argent, contre 44 % des hommes, ce que confirme l’AMF qui observe par ailleurs une part plus élevée de refus de toute prise de risque.

Dans cette même  étude, l’AMF note que seules 29 % d’entre elles estiment s’y connaître en matière d’épargne, contre 42 % des hommes, bien que les écarts soient faibles lorsque les connaissances sont testées.

Toutefois, le vent tourne lorsqu’on examine le comportement des moins de 40 ans qui conduit à observer l’émergence d’une « Fourmi Stratégique » qui investit désormais dans l’immobilier, les SCPI ou les ETF.

Cette approche du mode de gestion  des femmes fait écho aux initiatives professionnelles des femmes qui sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans l’entrepreneuriat.

En février 2026, OpinionWay a publié la quatrième vague de son baromètre sur les femmes et la création d’entreprise, réalisé pour France Active et la Fédération bancaire française. 

Il en ressort entre autres que pour 56 % des Français, donner plus de sens à sa vie professionnelle est la première motivation pour une femme de créer une entreprise (+11 points depuis 2024). Concrétiser une idée personnelle arrive en deuxième position (52 %), devant la création de son propre emploi (42 %). La flexibilité et la liberté dans l’organisation du travail (47 %) sont également des facteurs clés, surtout pour les femmes, qui y voient un moyen de mieux concilier vie professionnelle et personnelle.

Concernant les freins, ces derniers sont connus depuis des lustres, qu’il s’agisse de compétences reconnues, de respect, d’égalité salariale au sein d’entreprise à travail égal, d’accès aux postes à responsabilité. De quoi alimenter une autre chronique.

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