Alors que Sophie Adenot, cette astronaute française de 43 ans, au sourire étincelant, se lance aujourd’hui en compagnie de deux Américains et d’un Russe, à bord d’une fusée de SpaceX, pour un voyage de plus de 30 heures à destination de l’ISS, tout ce qui caractérise sa mission a de quoi séduire.
Ce départ, un vendredi 13 février 2026, à la veille de la fête des amoureux, ne fait que renforcer l’aspiration de nombreuses jeunes filles et femmes, prises dans la dynamique d’une semaine marquée par la Journée internationale des femmes et des filles de science du 11 février. Une journée qui depuis sa proclamation par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2015, met à l’honneur les contributions remarquables des femmes en science tout en sensibilisant au fait que la science et l’égalité des genres doivent progresser main dans la main pour relever les principaux défis mondiaux.
En assurant cette mission hors du commun, Sophie Adenot devient la deuxième Française de l’histoire à effectuer un vol dans l’espace, après la pionnière Claudie Haigneré en 1996 et 2001, qui l’a inspirée et dont elle portera l’écusson.
Après deux ans et demi de préparation, Sophie Adenot, l’astronaute française de l’ESA (agence européenne) va passer plus de huit mois à bord de la Station spatiale internationale.
Baptisée Epsilon pour le « e » grec, ce nom de la mission spatiale a été choisi par Sophie Adenot. « En mathématiques, ε désigne en effet une petite quantité, tout comme le rôle d’un astronaute dans l’immensité d’un vol spatial », explique le CNES. Durant cette mission, qui doit durer huit à neuf mois, elle participera à plus de 200 expériences scientifiques. Elles porteront sur la recherche sur la microgravité, afin d’étudier ses effets à long terme sur le corps humain, et sur la recherche liée à l’environnement spatial.
Certaines d’entre elles seront directement pilotées par le Cadmos (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) à Toulouse. Zoom sur les expériences scientifiques, technologiques et éducatives made in France.
Elle testera par exemple EchoFinder, un système mis au point par le Centre national d’études spatiales (Cnes), qui doit permettre aux astronautes de réaliser des échographies en totale autonomie, grâce à l’intelligence artificielle et à la réalité augmentée. Elle se soumettra aussi à une série de tests neurosensoriels pour évaluer l’effet de son séjour en orbite sur la mémoire, la prise de risque ou la reconnaissance des émotions.
Physiologie et santé
EchoFinder : réaliser des échographies en totale autonomie
EchoFinder est un échographe qui permettra d’obtenir des images par ultrasons en haute définition, sans aucun guidage depuis la Terre : l’échographie sera réalisée en totale autonomie, grâce à la réalité augmentée et à l’intelligence artificielle. Pour de futures missions habitées vers la Lune ou Mars, le délai de communication ne permettra pas d’opérer directement une échographie depuis la Terre. Des applications terrestres pourraient aussi être envisagées : en mer, dans les sous-marins ou pour pallier les déserts médicaux. À bord de la Station, l’utilisation d’EchoFinder nécessitera deux astronautes : un « sujet » et un « opérateur ».
Partenaires : CHU Caen, MEDES
PhysioTool : un suivi physiologique des astronautes
PhysioTool a pour but de réaliser une veille technologique via différents capteurs physiologiques synchronisés. Divers paramètres pourront ainsi être mesurés pour le suivi médical de l’astronaute : tension artérielle, pression sanguine, fréquence cardiaque, température, saturation, fréquence respiratoire ou encore mesure du sommeil. L’objectif est de développer et valider une nouvelle instrumentation de physiologie pour la réalisation d’activités en micropesanteur, dans la Station ou pour de futures missions habitées (Lune, Mars). Le tout, afin de permettre un meilleur suivi médical des astronautes.
Partenaires : CHU Angers, Université de Lorraine, MEDES, Artinis, Somnomedics
EchoBones : réaliser des échographies osseuses
Les os représentent un obstacle majeur pour l’imagerie par ultrasons, mais il existe une technique pouvant être utilisée pour étudier l’anatomie osseuse : la densité et le flux sanguin dans les os. EchoBones génèrera, avec un seul instrument, des images échographiques de l’anatomie des os, afin d’évaluer la qualité structurelle du tissu osseux et de quantifier le flux sanguin à l’intérieur des os. À ce stade, cette expérimentation sera testée par Sophie Adenot au sol : elle effectuera des mesures avant et après son vol.
Partenaires : CHU Angers, Université de Delft, Inserm
Technologie et préparation du futur
MultISS : analyser les bio-contaminations de surfaces
MultISS (Multimodal Multispectral Imaging & Spectroscopy System) est un outil dont l’objectif sera d’observer et analyser les bio-contaminations de surfaces à bord de la Station, grâce à une analyse multi-spectrale et par fluorescence. L’objectifs est de prévenir le développement de contaminants biologiques dans les engins spatiaux pour préserver la santé des astronautes lors des futurs vols habités de longue durée. En outre, ces contaminations, comme par exemple la bio-corrosion, peuvent endommager les systèmes de survie et autres équipements critiques.
Partenaires : Lumetis, COMAT
MatISS-4 : des surfaces propres et innovantes
MatISS-4 est un dispositif passif capable de recueillir et de piéger les contaminants atmosphériques. Cette série d’expériences vise à étudier la manière dont des surfaces innovantes pourraient stopper le développement de micro-organismes pathogènes. Les matériaux de l’expérience sont sélectionnés pour leur propension à repousser les micro-organismes, empêcher leur croissance, ou créer leur propre biofilm afin de former un bouclier protecteur. Le premier volet de l’expérience, appelé MatISS-1 et déployé par Thomas Pesquet lors de sa mission Proxima, a fourni aux chercheurs des données de référence.
Partenaires : ENS Lyon, COMAT
EuroSuit : une combinaison intra-véhiculaire française
EuroSuit est un nouveau concept de combinaison intra-véhiculaire, proposé par le CNES, qui pourrait jouer un rôle essentiel pour garantir la sécurité des astronautes lors des phases critiques de la mission, telles que le lancement et l’atterrissage. Sophie Adenot testera lors de sa mission un prototype de combinaison, afin d’éprouver la rapidité de l’enfilage et du retrait en cas d’alerte.
Partenaires : Spartan, Decathlon
Expérience éducative
ChlorISS : prends-en de la graine !
L’expérience ChlorISS consiste à faire germer simultanément des graines d’Arabette des dames et de Mizuna en micropesanteur dans la Station spatiale internationale et sur Terre. Elle sera effectuée à la fois à bord de la Station par Sophie Adenot, et au sol par des milliers de classes du primaire au lycée. L’objectif ? Étudier l’influence de la gravité et de la lumière sur la croissance des deux types de graines.
Cette expérience éducative a pour but de faire participer plus de 4 000 établissements scolaires à la mission de Sophie Adenot et, plus généralement, à l’aventure spatiale française. En lien avec les programmes scolaires de sciences de la vie et de la Terre, physique-chimie, mathématiques et technologie, l’expérience ChlorISS s’inscrit dans la politique éducative du CNES dont l’ambition est de stimuler l’intérêt des jeunes pour le spatial et d’éveiller leur curiosité pour les attirer vers des carrières scientifiques et techniques.nom qui a été choisi par Sophie Adenot.
La Journée internationale des femmes et des filles de science organisée le 11 février dernier, trouve à travers les missions scientifiques de la spationaute française un point d’orgue qui ne peut que contribuer à la sensibilisation des filles et femmes et les attirer vers ces secteurs clés où leur présence fait encore défaut alors qu’elles y ont toute leur place.
Formidable , amazing : Sophie Adenot s’est bien envolée à 11h15 ce vendredi vers la Station spatiale internationale pour sa première mission.
ARRIVÉE DANS L’ISS TOUT SOURIRE

Lancé par fusée Falcon 9, dont l’étage supérieur a atteint une vitesse de plus de 27 360 km/h avant que la capsule Crew Dragon de Space X ne soit propulsée en orbite, c’est à une vitesse beaucoup plus raisonnable que l’équipage de la capsule SpaceX Crew-12 de la NASA, a pu rejoindre la Station spatiale internationale située à 400 km de la Terre.
L’amarrage de la capsule a l’ISS a eu lieu dans la nuit de samedi vers 21h15 (heure française). Sur la photo prise à bord de l’ISS, au premier plan, de gauche à droite : Andrey Fedyaev (Roscosmos), Jack Hathaway et Jessica Meir (NASA), et Sophie Adenot (ESA). À l’arrière-plan : Sergey Kud-Sverchkov (Roscosmos), Chris Williams (NASA) et Sergei Mikaev (Roscosmos).
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