Dans son rapport intitulé « Résister au règne des plus riches : Défendre la liberté contre le pouvoir des milliardaires »: publié à l’occasion de l’ouverture du Forum économique mondial 2026 à Davos, Oxfam dévoile que la fortune des milliardaires au nombre de 3.000 dans le monde a bondi de plus de 16 % en 2025, pour atteindre 18 300 milliards de dollars, son plus haut niveau historique.
Et depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017, la fortune des milliardaires français a doublé. Cette explosion des richesses de quelques-uns intervient alors que le niveau de pauvreté en France a atteint 15,4 % en 2023 selon l’INSEE, son plus haut niveau depuis 30 ans.
Sur le plan mondial , il est souligné par l’ ONG qu’une personne sur quatre n’a souvent pas de quoi manger à sa faim et que près de la moitié de la population mondiale vit dans la pauvreté. Oxfam rappelle à ce titre que les femmes sont les premières victimes de la pauvreté dans le monde.
Largement représenté par des hommes, ce score de milliards accumulés, véritable roue de la fortune, ne doit cependant pas occulter la présence de femmes dans un univers restreint dont le poids a de quoi inquiéter à juste titre.
Mais qui sont ces femmes milliardaires de l’ordre de 370 à 400 femmes qui restent largement minoritaires en ne représentant qu’environ 12 à 13 % du total mondial des immenses fortunes.
En France, sur la centaine de milliardaires (selon les derniers pointages), elles sont environ une douzaine à figurer dans les classements de tête, souvent au sein de groupes familiaux.
Des noms viennent tout de suite l’esprit qu’il s’agisse de :
Françoise Bettencourt Meyers (L’Oréal), une incontournable, à la fois la femme la plus riche du monde mais aussi la 2ème fortune de France) qui incarne la stabilité des grands empires familiaux français.
Marie-Hélène Habert-Dassault (Groupe Dassault) est pour sa part très influente dans l’aéronautique et les médias.
Quant à Marie Besnier Beauvalot (Lactalis), plus discrète, elle détient avec ses frères le géant mondial des produits laitiers.
Lorsqu’on projette son regard au-delà de nos frontières, États-Unis et Chine notamment , s’avèrent porteurs de profils de milliardaires qui retiennent l’attention :
Souvent citée dans les classements européens (Suisse/Italie), Rafaela Aponte-Diamant a co-fondé (MSC) , la plus grande compagnie maritime au monde avec son mari.
Quant à MacKenzie Scott (ex-Bezos) , cette Américaine est un sujet de chronique en soi pour sa philanthropie radicale qui veut qu’elle donne des milliards plus vite qu’elle n’en gagne, ce qui contraste avec la critique d’Oxfam sur l’accumulation.
Comment expliquer que « si peu de femmes » parviennent au rang de milliardaires ? L’explication réside sans doute dans une réalité avérée, à savoir la suprématie masculine dans des secteurs qu’ils détiennent depuis toujours (industrie, tech, finance) mais aussi la transmission patrimoniale qui a depuis longtemps favorisé les fils, plutôt que les filles.
Car mis à part quelques exceptions, la fortune au féminin est plus tournée vers le « Care » (santé, éducation, écologie). Ce qui ne signifie pas pour autant que ces secteurs n’autorisent pas de grandes ascensions tout en demeurant néanmoins quelque peu à la traîne.
Quoi qu’il en soit, lorsque le luxe français a un visage féminin, son bilan comptable reste davantage lié à une question d’héritage que de conquête de nouveaux débouchés, fruits d’innovations, et marchés.
Pourtant lorsqu’on examine les milliardaires à l’échelle mondiale, quelques exemples de réussites féminines phénoménales méritent d’être rappelées.
Celle d’Alice Walton, fille du fondateur de Walmart aux États-Unis, qui se hisse en haut du panier dans la Grande distribution.
Ou Jacqueline Mars, petite-fille du fondateur de Mars (M&M’s) qui figure en bonne place aux États-Unis dans la filière de l’agro-alimentaire. Sans oublier Abigail Johnson, petite-fille du fondateur de Fidelity qui intervient dans le secteur financier et affiche un joli palmarès en termes de résultats.
Comment passer sous silence Zhou Qunfei, cette Chinoise fondatrice de Lens Technology, qui après avoir débuté au sein de l’entreprise comme ouvrière est parvenu à bâtir un empire qui fournit des écrans tactiles à Apple et Samsung.
Bien d’autres noms et exemples de réussites mériteraient de figurer en illustration de cette présence féminine en haut de la pyramide. Et notamment celui d’Ariane de Rothschild qui bien que basée en Suisse, reste avec une présence marquée dans l’univers de la banque et des vins une figure centrale du capitalisme familial français.
Oxfam a sans nul doute raison de mettre l’accent sur la sous représentation des femmes dans la Tech pure (IA, infrastructure) ou l’Énergie, secteurs qui façonnent le futur politique et économique. Autant de secteurs clés qui leur restent à investir durablement.
Les femmes qui figurent en tête en termes de richesse ont une caractéristique notable : elles restent discrètes.
À travers cette chronique qui ne prétend pas à l’exhaustivité, Women eLife cherche simplement à apporter la démonstration que l’accession des femmes à des sphères de pouvoir financier historiquement réservées aux hommes, tend à briser le plafond de verre.
Présentée sous la forme d’une ode, elle invite à prendre en considération un mouvement, pour ne pas dire l’amorce un tournant, qui pourrait bien réécrire une partition des futurs chapitres de l’histoire de l’humanité et du développement des sociétés. En jetant tout sexisme aux orties !
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