Le fait que « Un simple accident » réalisé par Jafar Panahi, un réalisateur, scénariste iranien, ayant débuté sa carrière comme assistant réalisateur pour Abbas Kiarostami, autre géant du cinéma iranien, ait remporté la Palme d’or au Festival de Cannes, est plus qu’une nouvelle victoire qui crève l’écran pour ce cinéaste dissident.
Depuis son premier long métrage, « Le Ballon blanc » (1995), récompensé de la Caméra d’or à Cannes, plusieurs de ses films primés, mais aussi ceux qui ne l’ont pas été, illustrent son combat. Qu’il s’agisse de « Le Cercle », un chef-d’œuvre engagé, qui dénonce le système patriarcal iranien, sorti en 2000, qui a remporté le Lion d’or Venise ; de Crimson Gold, déjà Prix du Jury en 2003 à Cannes, dans la série Un Certain Regard, ou encore de « Hors-jeu », datant de 2006, toujours interdit en Iran, qui raconte l’histoire de jeunes filles qui bravent les interdits pour assister à un match de football réservé aux hommes, qui s’est vu décerner l’Ours d’argent à Berlin. Ayant de films documentaires qui ne peuvent en masquer bien d’autres où il est question de l’oppression des femmes, dans une société où la liberté de disposer de son corps et de sa vie, reste un combat permanent.
Considéré comme l’un des plus grands cinéastes du XXIe siècle pour sa liberté d’expression et son courage, Jafar Panahi incarne un cinéma politique, humaniste et audacieux, le plus souvent réalisé dans des conditions périlleuses.
Women eLife tient à souligner que le vote du jury de la 78eme édition du Festival de Cannes se justifie pleinement. Tout d’abord, parce que « Un simple accident « a été réalisé sans autorisation des autorités iraniennes, et que les actrices y apparaissent sans porter le hijab, en contradiction avec les lois en vigueur en Iran. Cette démarche audacieuse de la part de Jafar Panahi et de son équipe, souligne leur engagement envers la liberté d’expression et les droits des femmes.
Il est tout aussi important de souligner que son film met en scène plusieurs acteurs et actrices iraniens, dont Hadis Pakbaten, Maryam Afshari et Delnaz. De ces trois dernières, peu d’informations circulent.
Néanmoins, on sait que Hadis Pakbaten est une actrice de théâtre iranienne qui interprète le rôle de Golrokh, une jeune femme sur le point de se marier, dans Un simple accident. Son expérience théâtrale apporte une profondeur particulière à son personnage dans le film.
Maryam Afshari incarne pour sa part Shiva, une photographe de mariage et ancienne prisonnière politique. En dehors de sa carrière d’actrice, on sait néanmoins qu’elle est également arbitre en karaté. Et son double parcours professionnel, enrichit son interprétation du personnage de Shiva.
Concernant Delnaz Najafi, les informations disponibles sont limitées. Mentionnée parmi les actrices du film, en dépit de son rôle spécifique, nous devons reconnaître ne pas disposer à ce jour de davantage de précisions à son sujet.
L’acteur Ebrahim Azizi, qui incarne quant à lui le personnage de Vahid, est un mécanicien automobile qui, après avoir reconnu en un client l’un de ses anciens tortionnaires, décide de se venger. Alors que ce dernier cherche à confirmer l’identité de cet homme en le confrontant à d’autres anciens prisonniers, le film explore les thèmes de la mémoire, de la justice et du doute.
En attendant la sortie en salles en France de ce long-métrage, prévue le 10 septembre 2025, on retiendra que Jafar Panahi, est l’un des cinéastes iraniens les plus audacieux sur la condition féminine en Iran. Ses films se trouvent souvent en prise directe avec les restrictions que subissent les femmes dans la société iranienne.
Voilà pourquoi Women eLife juge que « Un simple accident » méritait de remporter la Palme d’or à l’occasion du Festival de Cannes, ce film invitant à découvrir ceux qui ont été réalisés précédemment, et témoignent tous d’un regard sans concessions sur nombre de réalités qui entravent l’égalité et la liberté. L’occasion de rappeler qu’en 2010, Panahi accusé de propagande contre le régime, avait été arrêté et emprisonné pour ses prises de position. Malgré cela, en parvenant à réaliser des films clandestinement et à l’étranger, Jafar Panahi est un cinéaste iranien reconnu et admiré, dont les oeuvres éclairent un acte de résistance artistique et politique que sa Palme d’or est venue cette année confirmer haut et fort.
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