En Roumanie, l’inquiétude née du résultat du premier tour de l’élection présidentielle qui avait porté George Simion, le candidat de l’extrême droite, favori avec une avance de près de 2 millions de voix, aura été sans lendemain à l’issue du second tour, le candidat centriste et libéral, Nicușor Dan, maire de Bucarest ayant obtenu 53,6 % des suffrages.
Face à George Simion, aux positions conservatrices, cet homme de 55 ans, a incarné une alternative centriste et pro-européenne, en faveur de l’État de droit et des libertés individuelles.
Bien que son programme n’ait pas été spécifiquement axé sur la condition féminine, force est de constater que la campagne présidentielle de 2025 a donné lieu à une mobilisation sans précédent des femmes roumaines, qui s’est trouvée renforcée avant le second tour. Au regard de leurs préoccupations en matière d’accès à la santé, d’égalité salariale, de lutte contre les violences conjugales et de soutien aux familles monoparentales, les priorités affichées par Nicusor Dan en matière de gouvernance et de justice sociale ont sans nul doute eues une influence.
C’est d’ailleurs ce que confirment les sondages de sortie des urnes, avec un soutien massif de l’électorat féminin, 59,4 % des femmes ayant voté pour lui au second tour, contre 51,2 % des hommes.
Toutefois, si l’entrée de la Roumanie dans l’UE en 2007 a accéléré la mise en place de lois sur l’égalité des genres et la lutte contre les discriminations. et que des progrès législatifs et éducatifs réels ont été enregistrés depuis la fin des années 2000, des résistances culturelles et sociales fortes demeurent, notamment en milieu rural.
Le poids de la religion orthodoxe et des structures patriarcales freine encore la pleine émancipation des femmes.
En termes de représentativité sur le plan politique, les données officielles disponibles, montrent que jusqu’ici les femmes n’ont représenté que 19,4 % des sièges au Sénat, soit 26 élues sur 134, même si ce chiffre témoigne d’une progression par rapport aux années précédentes. Au sein du gouvernement, la présence féminine a atteint 30 % en 2024, en hausse de 10 % par rapport à 2014.
L’occasion d’évoquer plusieurs femmes qui se sont jusqu’ici distinguées sur la scène politique roumaine :
- Elena Lasconi : Ancienne journaliste et maire de Câmpulung depuis 2020, elle a été présidente de l’Union sauvez la Roumanie (USR) de juin 2024 à mai 2025. Candidate aux élections présidentielles de 2025, elle incarne une figure montante du réformisme .
- Gabriela Firea : Ancienne maire de Bucarest et ministre de la Famille, elle a été élue députée européenne en 2024, siégeant dans le groupe des Socialistes et Démocrates .
- Raluca Turcan : Membre du Parti national libéral (PNL), elle a occupé plusieurs postes ministériels, dont celui de la Culture jusqu’en décembre 2024 .
- Roxana Mînzatu : Ancienne ministre des Fonds européens, elle est devenue vice-présidente exécutive de la Commission européenne en décembre 2024, chargée de l’Éducation, des Emplois de qualité et des Droits sociaux.
- Simona Bucura-Oprescu : Ministre du Travail depuis juillet 2023, elle joue un rôle clé dans la réforme du système de protection sociale .
Malgré de notables avancées, des défis subsistent dans différents domaines, qu’il s’agisse de la proportion de femmes au Parlement qui reste inférieure à la moyenne européenne, ou encore des écarts de rémunération entre hommes et femmes.
De plus, en Roumanie comme dans quasiment tous les pays, des femmes sont également victimes de violences et de harcèlement, qui restent des problèmes majeurs, bien que le mouvement #MeToo ait récemment gagné en visibilité .
Autant dire qu’avec l’élection à la présidentielle de Nicușor Dan, l’espoir de nouvelles avancées dans le contexte pro-européen est pour les femmes comme pour les hommes motif d’espoir. La montée en puissance de figures politiques féminines et l’engagement croissant de la société civile offrent des raisons d’espérer une amélioration continue de la condition féminine en Roumanie. Il ne reste plus qu’à attendre la composition du nouveau gouvernement roumain !
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